Maxime Tandonnet. Le peuple, cet inconnu

Maxime Tandonnet

Jamais depuis la Libération, la politique française n’avait à tel point sombré dans la démence: insultes (« petites c…. »), scènes d’hystérie, exhibition d’organe sexuel, attaques sur la vie privée, réformes à la fois monstrueuses et destructrices (retraites, bac, encadrement supérieur de la fonction publique),  narcissisme exacerbé, aussi obscène que stérile, fuite devant la réalité (explosion de la dette publique, de la violence et de l’insécurité, de la pauvreté, du chaos scolaire, du communautarisme, des bidonvilles), mépris constant, affiché et revendiqué du peuple (les « sans dents » ou « Gaulois réfractaires »), chaos  derrière la façade de l’immobilisme (17 ministres changés en 30 mois), climat de scandale, naufrage dans la bêtise et l’incompétence.

Quel spectacle! Depuis 1945, jamais la France n’avait assisté à un tel désastre politique, qui inclut évidemment les partis protestataires, les gesticulations honteuse et grotesques de la gauche extrême, et l’apocalypse de la droite extrême, dont le vertigineux endettement (25 M€) donne une idée de ce qu’il adviendrait du pays tombé entre ses mains. 

La vraie question de fond, devant un tel cauchemar : que pense la Nation, dans ses profondeurs? Les sondages sont contradictoires et parfois orientés. Au-delà, quel est le sentiment profond du pays? Est-ce l’indifférence, et le sentiment qu’en dehors du grand spectacle obscène, la vie continue? Est-ce l’inconscience devant l’effarante faillite de la classe dirigeante? Est-ce le dégoût profond, et l’envie de vengeance à la première occasion, par la rue ou par les urnes? Est-ce la vague espérance du retour à une classe politique qui, faute de promettre des miracles, saura se montrer au moins correcte?

Finalement, c’est de lui, de cet inconnu, le peuple, que tout dépend. Qu’a-t-il dans le ventre? Et dans la tête? Le pire – c’est-à-dire le statu quo – comme le meilleur, ou plutôt le moins mauvais, peuvent en sortir.  Dans une situation de chaos et d’incertitude absolue,  l’avenir n’appartient qu’à lui: pour le pire ou pour le meilleur, ou plutôt, le moins mauvais possible.

Maxime Tandonnet est haut fonctionnaire, historien et essayiste. son dernier ouvrage: André Tardieu l’Incompris est paru chez Perrin en 2019.

Source: Mon Blog personnel. Maxime Tandonnet. 21 février 2020.

Suivez-nous et partagez

RSS
Facebook
Facebook
Twitter
Visit Us

3 Comments

  1. M. Tandonnet semble être frappé d’amnésie aigue.

    La phrase « Jamais depuis la Libération » et ses semblables ne résistent à aucune analyse à moins d’ignorer l’Histoire ; même récente.

    Faut-il rappeler l’innommable chaos que fut la quatrième république ? Les chocs que furent la guerre d’Indochine, l’Algérie, mai 68 ?

    Plus récemment, les manifs de 1995 ? Les émeutes « des banlieues » de 2005 ? Les attentats islamistes ?

    Non, franchement… J’en oublie et oh combien ; on pourrait écrire un livre pour le réfuter ; mais il serait inutile de lui accorder tant d’importance.

    Nous sommes (et M. Tandonnet en est un exemple) aveuglés par la déformation de la perspective étant donné que nos yeux voient les évènements actuels « plus gros » que les plus anciens, même récents.
    MAIS la vérité est, bien au contraire, que nous vivons dans un pays plus apaisé que jadis, plus égalitaire et….plus prospère !

    Les choses éphémères qu’on nous présente comme des « explosions de colère » ne sont visibles qu’à cause de l’omniprésence des médias dont parler d’explosions et de trains en retard est le gagne-pain.
    Omniprésence nourrie par la technologie des communications, effectivement sans comparaison avec le passé.
    A force, ce pays oublie la sagesse paysanne selon laquelle la colère est mauvaise conseillère. C’est une FAUTE, attisée par ce genre d’article.

    L’unique aspect qui se dégrade vraiment est l’environnement ; l’écologie, si on préfère ; le réchauffement climatique et le reste. C’est grave ; très.

    MAIS la pleurnicherie de Tandonnet n’en parle même pas… Il ne parle que des broutilles…
    Bref, le fondement étant faux tout l’article est à balayer du revers de la main.

    • Je ne partage pas du tout votre avis. La France est plus divisée qu’elle ne l’a jamais été et l’affaire Mila, avec la lâcheté des politiques et les résultats du sondage sur le blasphème, vient de nous le rappeler récemment.Maxime Tandonnet fait une analyse assez lucide d’une situation grave et inédite.

  2. Voyons voir, Sylvain, ce que vous nous dites là.

    « La France est plus divisée qu’elle ne l’a jamais été ».
    Ah bon ? Plus qu’au sujet de l’affaire Dreyfus ? Plus qu’aux années 1930 lorsque des cagoulards contestaient toute légitimité au pouvoir en place moyennant des actions de terreur ? Plus qu’en 1940 (41,42,43,44…) ? Plus qu’au sujet de la guerre d’Indochine ? D’Algérie ? Plus qu’en mai 68 ? Les manifestations de 1995 ?
    J’abrège, j’en passe et des masses…
    Les divisions actuelles sont du « pipi de chat » (excusez la familiarité) comparées à ce que ce pays a connu.
    Et je vous fais grâce des suites de la Révolution…

    L’affaire Mila ? Etes-vous sérieux ? Circulez, rien à voir.
    Il s’agit d’un échange de crachats entre adolescents dans une cour de récrée. Négligeable.
    De mon temps la phrase « je vais te tuer » était quotidienne dans la cour de récrée. Que cette cour, moyennant la technologie actuelle, soit désormais accessible à tous ne change rien à l’importance négligeable de ce non-évènement (comparé à ce que j’évoque ci-dessus).

    La lâcheté des politiques ? Comme d’habitude…
    Pour qu’ils soient autrement que lâches il faut une bonne grosse guerre ; c’est ça qui fait éclore des De Gaulle et des Clemenceau.
    En temps de paix ils sont, au mieux, comptables puisqu’ils ont des questions d’argent à traiter. On n’a jamais demandé à un comptable d’être valeureux…
    Ils sont lâches ? Heureusement ; c’est que nous ne sommes pas en guerre….

    Sondage sur le blasphème ? Aucun résultat, 50/50…
    D’ailleurs depuis quand les sondages sont utiles autrement qu’aux instituts de sondage ?
    Rappelons que lorsque Mitterrand abolissait la peine de mort 60% des Français étaient contre l’abolissement…Aujourd’hui ils sont 99% pour… Sondage ? Non-évènement, vous dis-je.
    Mette
    z les choses en perspective, Sylvain. Apprenez à vous protéger du bruit assourdissant et permanent fabriqué pas les journaillons dont c’est le gagne-pain.
    Respirez, faites du sport. Et ne crachez pas dans la soupe. Sachez que ce pays est l’un des meilleurs au monde pour y vivre.

    SAUF qu’il est peuplé de gens qui se croient en enfer alors qu’ils sont au paradis. Mort aux pleurnichards.

Poster un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*