La victoire iranienne. Par Sarah Cattan

Qu’on le veuille ou non, qu’on tente encore d’en adoucir les termes diplomatiques, il faut ce soir acter que l’Iran est en train de remporter une victoire stratégique majeure.

Non parce qu’il aurait gagné une guerre, non parce qu’il aurait vaincu militairement l’Occident, mais parce qu’il est parvenu à imposer au monde son propre rythme, ses propres conditions, sa propre centralité.

Depuis des jours, la planète entière attend, comme on attend celle d’une puissance tutélaire incontournable, la décision de Téhéran, régime sous sanctions depuis des décennies, régime accusé d’avoir armé et financé des mouvements terroristes dans toute la région, régime qui menace ouvertement Israël depuis quarante ans, régime qui pend ses opposants, réprime ses femmes, transforme la violence idéologique en doctrine d’État.

Ce régime négocie aujourd’hui d’égal à égal avec la première puissance mondiale.

Mieux encore : loin de capituler, il semble obtenir l’essentiel.

Le cœur du problème était pourtant simple : empêcher l’Iran d’approcher le seuil nucléaire militaire. Or que découvre-t-on au fil des « fuites » diplomatiques ? L’Iran conserverait une partie de ses capacités, l’enrichissement ne disparaîtrait pas réellement, les infrastructures demeureraient, les stocks seraient aménagés, dilués, déplacés, contrôlés — mais non annihilés. Autrement dit : le programme change de forme davantage qu’il ne disparaît.

Et c’est précisément là que réside la victoire iranienne: depuis vingt ans, l’objectif occidental affiché était d’empêcher l’Iran nucléaire. Aujourd’hui, l’objectif semble devenu beaucoup plus modeste : gérer l’Iran nucléaire potentiel.

Le glissement est immense, et à la fin, ce qui paraissait impensable devient simplement « complexe ». L’Iran a parfaitement intégré la fatigue occidentale: la fatigue militaire, la fatigue morale, la fatigue énergétique, la fatigue diplomatique.

Le monde libre ne raisonne plus prioritairement en termes de victoire ou de défaite, mais en termes de stabilisation immédiate des risques, et c’est exactement dans cet espace psychologique que prospèrent les régimes idéologiques patients tels l’Iran.

Israël, lui, plus seul que jamais, lui qui entend depuis des années ce que l’Occident refuse souvent d’entendre, observe cette séquence et l’acte : lorsqu’un régime annonce inlassablement ses intentions, il faut finir par le croire.

Cette victoire iranienne n’est pas seulement géopolitique: elle est symbolique, signifiant qu’un régime révolutionnaire théocratique est progressivement parvenu à se faire reconnaître comme interlocuteur légitime incontournable sans avoir réellement renoncé à sa matrice idéologique profonde. Le monde ne demande plus à l’Iran de changer de nature. Il lui demande seulement de gérer sa puissance avec davantage de prévisibilité.

Nous assistons peut-être à un moment historique où la communauté internationale cesse discrètement d’exiger l’abandon du danger pour se contenter d’en organiser la coexistence, et dans cette bascule silencieuse, l’Iran peut déjà considérer qu’il a remporté bien davantage qu’un accord.

Sarah Cattan

Tribune juive


L’accord

L’agence de presse iranienne « Mehr » publie ce qu’elle prétend être des détails du mémorandum d’entente :
1. Cessation immédiate et permanente des actes d’hostilité sur tous les fronts, y compris au Liban.
2. Engagement américain à ne pas intervenir dans les affaires intérieures de l’Iran et à respecter la souveraineté de la République islamique d’Iran.
3. Levée complète du blocus maritime dans un délai de 30 jours.
4. Engagement américain à retirer ses forces des zones entourant l’Iran.
5. Réouverture du détroit d’Hormuz dans un délai de 30 jours, conformément aux accords fixés par l’Iran.
6. Suspension des sanctions sur la vente de pétrole, de produits pétrochimiques et de leurs dérivés, et accès complet de l’Iran à ses ressources financières.
7. Nécessité pour les États-Unis et leurs alliés de présenter des plans de reconstruction de l’Iran d’un montant d’au moins 300 milliards de dollars.
8. Tenue de négociations pendant 60 jours dans le but d’aboutir à un accord final, basé sur les questions nucléaires et la levée complète des sanctions primaires et secondaires des États-Unis, ainsi que des résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU et du Conseil des gouverneurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique.
9. Renouvellement de l’engagement de l’Iran dans le cadre du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) à ne pas fabriquer d’armes nucléaires.
10. Pendant les négociations, les États-Unis se sont engagés à ne pas augmenter la présence de leurs forces dans la région ni à imposer de nouvelles sanctions.
11. Libération de 24 milliards de dollars des fonds iraniens gelés pendant la période de 60 jours de négociations. La moitié de cette somme doit être transférée à l’Iran avant le début des pourparlers.
12. Mise en place d’un mécanisme de surveillance pour la mise en œuvre de l’accord.
13. L’accord final sera approuvé par une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU.
14. Les négociations finales ne commenceront pas avant que trois conditions préalables soient remplies :
La libération de la moitié des fonds iraniens gelés, la suspension des sanctions sur le pétrole iranien et la levée du blocus maritime. L’accord final se concentrera uniquement sur la question des matières enrichies et de l’enrichissement de l’uranium, la levée des sanctions et le plan de reconstruction de l’économie iranienne. Les discussions concernant le programme de missiles de l’Iran et son soutien aux organisations de « résistance » ont été définitivement retirées de l’ordre du jour.

Merci à Mordehaï Fitoussi et son Groupe Israel Eternel

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8 Comments

  1. Plus qu une victoire des nazis de teheran, c est une capitulation de Trump qui , effectivement , comme l ont prevu les mollahs n a rien dans l estomac.
    La porte semble desormais grande ouverte aux autres entitės fascistes pretes a se lancer dans des aventures au vu de la defaite americaine , je pense a la turquie, la chine ou le pakistan .
    La seule note positive reste l affaiblissement réel de ce regime grace aux bombardements effectués durant 38 jours , il faut esperer que les degats soient irreversibles et faire confiance au seul pays fiable , le notre .

  2. Lire : Accord de paix avec l’Iran, les premières explications du président Trump sur Dreuz

    Vous confondez Tribune Juive, la survie et la capacité de nuisance d’un régime avec une « victoire stratégique majeure », alors que vous ne démontrez ni un triomphe militaire, ni un avantage décisif, ni même une définition cohérente de ce que vous appellez une victoire. Vous n’apportez aucune démonstration véritable. Vous partez d’une conclusion idéologique — la victoire iranienne — pour ensuite sélectionner les faits qui semblent la confirmer, et vous transformez une séquense diplomatique encore en cours en conclusion historique, et rien n’indique aujourd’hui que l’issue soit définitivement connue. Le fait est que le régime des mollahs n’a jamais été aussi faible militairement, et jamais il ne s’en était pris autant dans la figure. Selon les estimations disponibles, cette guerre aurait coûté environ 20 à 35 milliards de dollars à Israël et aux États-Unis réunis, contre jusqu’à 145 milliards de dollars de pertes pour l’Iran, entre destructions, infrastructures touchées et conséquences économiques. C’est précisément ce qui rend la thèse d’une « victoire iranienne déjà acquise » discutable, car au moment même où certains proclament cette victoire, le régime a subi des destructions massives, des pertes économiques colossales, une exposition de ses vulnérabilités militaires et une pression sans précédent. Les conséquences stratégiques réelles de cette guerre ne seront probablement visibles que dans plusieurs années.

    « Le monde libre ne raisonne plus prioritairement en termes de victoire ou de défaite, mais en termes de stabilisation immédiate des risques, et c’est exactement dans cet espace psychologique que prospèrent les régimes idéologiques patients tels l’Iran. »

    Ce n’est pas une analyse, c’est une projection psychologique. Vous atribuez des intentions et un état d’esprit à l’ensemble du « monde libre » sans en apporter la moindre démonstration.

    C’est une spéculation qui suppose, sans le démontrer, que cette logique de gestion des risques serait inédite, alors que les États ont toujours dû composer, négocier ou coexister avec des puissances adverses et hostile au cours de l’Histoire.

    Dès l’entrée de l’Antiquité, les États ne cherchaient pas systématiquement à détruire leurs adversaires ; ils négociaient, concluaient des traités, payaient des tributs, établissaient des zones d’influence ou acceptaient des compromis pour stabiliser une situation jugée trop coûteuse ou trop risquée.

  3. Dernier point

    Tout ce que l’on a là concernant cet accord, c’est un “Memorandum of Understanding”, c’est-à-dire un cadre d’intention diplomatique et politique, non contraignant, souvent volontairement flou et réversible, qui ouvre une négociation plutôt qu’il ne fixe un résultat. En faire la preuve d’un basculement stratégique ou d’une victoire revient donc à surinterpréter un outil qui, par définition, ne vaut pas conclusion mais simple étape intermédiaire dans un processus encore ouvert.

    Le problème est que vous vous autorisez à contredire ou à surplomber la parole même de Donald Trump, comme si celle-ci devenait secondaire ou invalide face à votre interprétation.

    Vous ne démontrez pas une réalité distincte de ce que dit Trump ; vous recomposez et durcissez une situation encore fluide, en transformant des annonces politiques provisoires en conclusions déjà stabilisées, comme si l’analyse pouvait s’affranchir du matériau même qu’elle prétend commenter.

  4. Juste pour ajouter au commentaire de
    T+amouyal : après avoir préservé le Hamas, Trump est en train de sauver le Hisbollah. Israël se retrouve seul, une fois de plus.

    • je suis assez d’accord avec Carras on ne peut rien conclure de manière définitives actuellement Rien ne le permet
      –le soit disant 40ème accord n’est pas encore signe
      — Trump nous à déjà démontré une stratégie alternative permanente
      un jour je discute tout en bombardant le lendemain je félicité l’Iran d’être une monarchie terroriste stupide , cruelle et inacceptable
      — l’Iran résiste non pour montrer sa force mais pour sauvegarder sa faiblesse et son angoisse car les destructions massives le blocus de sa seule ressource économique le pétrole la répression criminelle du peuple écrasé le blocage de ses avoirs font de l’Iran un coq déplume sans crête qui fait Cocorico sur un tas de fumier et de ruines
      — pour toutes ces raisons l’Iran prêche le faux pour masquer le vrai
      repoussera comme à son habitude cet accord ou ne le respectera pas en demandant
      toujours plus jusqu’a la suprématie sur tous les pays arabes et du golfe
      je pense que Trump défenseur principal des intérêts de l’USA ne pourra pas l’accepter

  5. Assez d’accord sur l’essentiel, mais vous utilisez une expression totalement anachronique, celle de « monde libre ». Or le dit monde libre (puisque vous faites allusion aux pays occidentaux) n’a plus rien de libre, c’est majoritairement une multitude de démocratures, voire de dictatures (France, Angleterre), aux mains des islamistes, des propalos et de leurs alliés wokistes, globalistes et européistes. Quiconque a lu les compte-rendus des atrocités perpétrées par les réseaux islamistes en Angleterre, avec la complicité de l’Etat britannique, se rend compte que la Grande Bretagne est devenue l’un des régimes islamistes et néo-racistes les plus barbares au monde. La Belgique et la France ne valent guere mieux. Quant aux USA, avec sa jeunesse biberonnée à la haine (Black lives matter, Free Palestine), ils suivent le meme chemin. : New-York est déjà tombée. Continuer à parler de monde libre pour qualifier des Etats islamonazis et des cauchemars totalitaires, ou les Nazis « racisés » sement la terreur et ou l’endoctrinement de la population est digne de 1984 est une grave erreur. Les Mollahs et plus généralement les islamistes ont bien compris que la plupart des pays du « monde libre » sont des territoires conquis et soumis. Il ne s’agit pas seulement de la victoire iranienne mais de la victoire islamiste et néo-raciste sur l’occident.

    Et il faut que les Israéliens en soient pleinement conscients car Israel n’est PAS un pays occidental, ni d’un point de vue géographique ni d’un point de vue sociétal et politique.

  6. Tout pays dominé par le politiquement correct est un pays où la liberté de s’exprimer n’existe pas, et où l’individu est soumis à un conditionnement mental, comme dans une secte. Tout pays de cette sorte est donc un système totalitaire. Peu importe que les habitants en soient conscients ou non. Si tout ce qu’il est interdit de nommer est ce qui permettrait de détruire les mensonges des islamistes et des racialistes, ce système totalitaire est islamiste et racialiste.

    Je viens de décrire la totalité des pays occidentaux (USA, Canada, Australie, Royaume-Uni, Irlande, France, Belgique, Islande, Allemagne, Italie, Portugal, Espagne, Suède, Danemark, Pays-Bas, Suisse…) et une grande partie de l’Afrique et du monde arabo-musulman.

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