Hier j’avais réagi avec indignation face à un énième dérapage à connotation antisémite. Il s’agissait de Frédéric Biessy, directeur de la Scala Paris. J’avais effacé cette réaction car un ami m’a dit que l’histoire n’était pas claire, que la personne était dévastée. J’avais sans doute envie de le croire. j’adore le théâtre, je croyais à l’humanité de ce monde, mais la lâcheté sans limite de la plupart face à l’antisémitisme m’a guéri de leur faux humanisme.
Puis j’ai lu ce qui c’était passé dans le détail et les excuses de Frédéric Biessy. Elles puent l’absence de remise en cause. Le pauvre chou voulait défendre la liberté d’expression, vous comprenez. On dirait un jeune coq prétentieux à un entretien d’embauche qui à la question « citez moi quelques défauts » répondrait je suis trop consciencieux et perfectionniste. En lisant ce texte hypocrite et honteux, j’ai compris que je m’étais fait avoir. Ce qui s’est passé est indéfendable.
Ces excuses sont à vomir. L’homme évite de regarder en face ce qu’il a fait qui mêle haine des Juifs sous couvert de Palestinisme et refus de ses responsabilités.
Il faut vraiment prendre les gens pour des imbéciles pour s’étonner qu’une telle sortie ait déclenché des insultes antisémites et une mise en danger des élèves juifs.
Il était en cryogenisation depuis le 7 octobre ce directeur de théâtre ? Il ne sait pas que les violences envers les Juifs ont explosé, que nombre de Juifs se demandent s’ils vont rester en France et que sous couvert de Palestinisme et d’antisionisme, c’est le pire antisémitisme qui se déchaîne. S’il veut parler de liberté, il peut parler de l’Iran. S’il veut défendre la liberté d’expression, il peut parler de Samuel Paty.
Oui mais là, il prendrait un risque. Car si aucun juif ne menace la liberté d’expression chez nous, ce n’est pas le cas des islamistes. Eux ils tuent. Dans la rue, les écoles, les salles de spectacles, les restaurants. Ils applaudissent les massacres et justifient les viols du 7 octobre. Et ils appellent à l’intifada et au meurtre. Eux ont fait plus de 300 morts sur notre sol.
Lutter contre l’antisémitisme est dangereux et vous expose. La posture pro-palestinienne elle est sans risque et vous crédite de vertu.
Mais quel est ce monde culturel qui se tait sur l’islamisme, mais n’hésite pas à se rouler dans la fange du Palestinisme, parce que cela permet de désigner les Juifs comme coupable à travers la figure de Netanyahou et de pousser à la haine antisémite sans avoir l’air d’y toucher. Parce que ces mêmes grandes âmes se moquent visiblement du sort des Kurdes, des Yezidis, des Ouighours, des Soudanais, des Yéménites, des Alaouites… Seule la Palestine compte, au point que le programme genocidaire du Hamas comme du FPLP est passé sous silence et que le pogrome du 7 octobre est nié, balayé d’un revers de main.
D’ailleurs pourquoi le Palestinisme de ce directeur de théâtre ne l’amène pas à mettre en cause la Jordanie ? Elle représente environ 78 % du territoire du mandat britannique de Palestine en 1922. Mais curieusement les propalos, pour qui l’histoire de ce bout de terre paraît existentielle, l’ignorent. No jews no
Au cas où cette grande conscience théâtrale s’y intéresserait, les islamistes travaillent à radicaliser la jeunesse musulmane, ils utilisent la figure du Palestinien pour exciter la haine contre les Juifs et le révisionnisme historique. Cela se traduit par une explosion d’homophobie et d’antisemitisme. Il y a un décalage énorme entre les croyants de cette religion et la population générale, mais aussi avec les croyants des autres religions. Cela a été mesuré par de très sérieuses enquêtes d’opinion. Mais curieusement personne n’a dans l’idée de se livrer à ce type d’analyse politique. Pourtant c’est en lien avec l’actualité géopolitique, mais c’est vu comme trop casse-gueule, alors que taper sur les Juifs c’est open bar et tellement apprécié à gauche!
© Céline Pina

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