Lyhanna : quand Haïm Korsia dilue tout pour ne nommer personne
Dans « Le Figaro » du 12 juin 2026, le grand rabbin de France Haïm Korsia consacre une tribune au meurtre de la petite Lyhanna. Le sujet est tragique. L’émotion est légitime. La douleur est immense.
Et pourtant, à mesure que l’on avance dans la lecture, un malaise s’installe.
Car ce texte, dont la sincérité ne fait aucun doute, illustre malgré lui deux des maux qui rongent la société française depuis des décennies : la dilution de la responsabilité et la procrastination morale.
La dilution de la responsabilité d’abord.
« Protéger un enfant n’est pas seulement l’affaire des parents ou des institutions spécialisées. C’est une responsabilité collective », écrit Haïm Korsia.
Voilà précisément le problème.
Lorsqu’un enfant est assassiné, ce n’est pas la « responsabilité collective » qui a failli. Ce sont des personnes. Des services. Des administrations. Des magistrats. Des responsables identifiables qui ont pris de mauvaises décisions, ou qui n’en ont pris aucune.
À force de transformer chaque défaillance en responsabilité collective, on finit par rendre impossible l’identification des responsabilités individuelles.
Quand tout le monde est responsable, plus personne ne l’est.
Cette maladie française est ancienne. Elle consiste à remplacer la recherche des responsabilités par des abstractions généreuses : la société, le collectif, le vivre-ensemble, les institutions, les acteurs de terrain.
Personne n’est nommé.
Personne n’est désigné.
Personne n’a de comptes à rendre.
Le deuxième mal est la procrastination.
Haïm Korsia écrit : « Nous savons. Nous avons entendu. »
Justement.
Nous savons.
Nous savons depuis vingt ans.
Nous savons pour les violences faites aux enfants.
Nous savons pour les signalements ignorés.
Nous savons pour les dysfonctionnements administratifs.
Nous savons pour les procédures qui s’éternisent.
Nous savons pour les alertes restées sans effet.
Nous savons tout.
La France est devenue une puissance mondiale du diagnostic.
Rapports.
Commissions.
Observatoires.
Études.
Recommandations.
Colloques.
Plans nationaux.
Cellules de réflexion.
Nous savons toujours davantage.
Mais nous agissons toujours trop tard.
La procrastination française consiste à remplacer l’action par la réflexion sur l’action, puis la réflexion sur les raisons qui empêchent l’action, puis la création d’une commission chargée d’expliquer pourquoi l’action n’a pas eu lieu.
Le drame de Lyhanna appelle des réponses. Il appelle des responsabilités. Il appelle des décisions.
Il appelle autre chose qu’une méditation supplémentaire sur des vérités que tout le monde partage déjà.
C’est pourquoi cette tribune laisse un goût d’inachevé.
On attendait du représentant moral d’une communauté qui a payé dans son histoire le prix terrible de l’indifférence, des renoncements et des aveuglements institutionnels une parole plus exigeante.
Une parole qui ne se contente pas de rappeler les valeurs.
Une parole qui demande pourquoi elles ne sont pas appliquées.
Une parole qui ne parle pas seulement de vigilance mais de responsabilité.
Une parole qui ne parle pas seulement d’écoute mais de sanction.
Une parole qui ne parle pas seulement de compassion mais de justice.
Car la question n’est plus de savoir si nous savons.
Nous savons.
La question est de savoir pourquoi, dans ce pays, nous repoussons sans cesse le moment de tirer les conséquences de ce que nous savons.
Et pourquoi, chaque fois qu’un drame survient, nous préférons diluer les responsabilités dans le collectif plutôt que de les rechercher chez ceux qui avaient précisément pour mission d’agir.
La France ne manque ni de morale ni d’experts.
Elle manque de courage.
Et parfois, à force de proclamer notre indignation, nous finissons par différer encore une fois l’essentiel : l’action.
© Paul Germon

Le Figaro devrait publier ce réquisitoire en contrepoints à celui de Haïm Korsia.
Korsia , la voix de son maitre ! Un bon juif de cour attentif aux elements de langage de la caste dominante .
La haute bourgeoisie veule et venale qui controle le pays a l art de rendre » collectif » chacune de ses soumissions , ce qu ils ne rendent pas » collectif » c est leur controle etroit du pays et la voracitė de leur mainmise sur ses ressources financieres .