Il existe en France une agence qui ne fait pas la une.
Elle est pourtant partout.
Elle s’appelle l’Agence France-Presse.
Sans elle, la presse française n’aurait plus grand-chose à dire. Avec elle, elle dit toujours la même chose.
Le monopole qu’on ne nomme pas
L’AFP est la source de la grande majorité des informations diffusées en France.
Ce n’est pas une opinion.
C’est un député qui le formule par écrit à l’Assemblée nationale.
Les rédactions reprennent les dépêches sans les vérifier.
Sans les lire, parfois. Les informations de l’AFP sont officielles par définition.
La vérification est une formalité qu’on a supprimée.
Le Monde reprend l’AFP. Le Figaro reprend l’AFP. BFMTV reprend l’AFP. France Info reprend l’AFP.
Le biais d’une seule rédaction devient le biais de toute la presse française.
Ce n’est plus du journalisme. C’est de la photocopie.
Un desk central décide chaque matin ce qui existe et ce qui n’existe pas.
Ce tri, personne ne le voit. Personne ne le contrôle.
Il façonne pourtant ce que les Français lisent, entendent, finissent par croire.
La Pravda aussi avait un desk central.
La différence ? Personne ne croyait la Pravda.
La tutelle : 40% et on ne dit rien
En 2024, le budget de l’AFP s’élevait à 330 millions d’euros.
130 millions viennent de l’État. 119 millions en « missions d’intérêt général ». 11 millions en abonnements publics.
Près de 40% du financement. Public. Étatique. Assumé.
La loi interdit la subvention directe. Alors on rebaptise.
Les mots changent. L’argent ne change pas de main.
Le conseil d’administration comprend des représentants nommés par le Premier ministre, le ministre de l’Économie, le ministre des Affaires étrangères.
Le renard dans le poulailler. Avec badge et carte de visite !
En URSS, la Tass était financée par l’État et administrée par le Parti.
Ici c’est pareil. Mais en costume républicain.
Et avec un meilleur buffet.
Le 7 octobre : le manuel de la perversion
Le 7 octobre 2023.
Mille deux cents Juifs massacrés en quelques heures.
Des bébés brûlés.
Des femmes violées.
Des vieillards décapités.
Filmé par les assassins eux-mêmes.
Diffusé en direct.
L’AFP a attendu trois jours avant de mentionner les images.
TROIS JOURS !
Un membre de l’AFP était pourtant présent à Tel-Aviv lors de la projection organisée par Tsahal pour la presse internationale.
Il a vu. Il a attendu.
On lui a demandé d’attendre.
Dans ses consignes éditoriales internes, la direction a statué : le qualificatif « terroriste » est proscrit pour désigner le Hamas. On dira « mouvement islamiste palestinien ». Ses membres seront des « combattants ».
Des combattants.
Qui découpaient des familles.
Qui violaient des nourrissons.
Qui riaient en filmant.
Le mot « terroriste » est proscrit pour les assassins.
Il est en revanche généreusement disponible pour les soldats israéliens, dans la presse qui reprend les dépêches AFP.
L’Izvestia aussi choisissait ses mots avec soin.
Ce n’est pas un biais.
C’est une politique éditoriale.
Écrite. Signée. Appliquée.
Gaza : l’information sans témoin
Gaza est inaccessible aux journalistes étrangers.
Seuls y opèrent des journalistes locaux.
Tous Palestiniens.
Tous habitants de l’enclave.
Tous sous pression du Hamas.
L’AFP publie leurs photos.
Leurs mots. Leurs versions.
Sans filtre. .
. Sans possibilité matérielle de vérifier quoi que ce soit.
Les pressions du Hamas sur ces journalistes enclavés ne semblent inquiéter personne rue Vivienne.
En URSS, les correspondants étrangers voyaient ce qu’on leur montrait.
À Gaza, l’AFP publie ce que ses sources locales transmettent.
Le résultat est identique.
Une réalité construite.
Livrée clé en main.
Reprise sans discussion.
Ce n’est pas du journalisme.
C’est de la courroie de transmission.
Le fact-checking : l’Agitprop avec logo
L’AFP s’est lancée dans le fact-checking.
Noble mission.
Salubrité publique. Hygiène informationnelle.
AllSides, référence mondiale sur les biais médiatiques, classe AFP Fact Check à gauche de l’échiquier politique.
Le vérificateur est partial.
Qui vérifie le vérificateur ?
L’AFP bénéficiait de contrats lucratifs avec Meta pour « certifier » la réalité sur les réseaux sociaux.
Ces contrats ont été coupés début 2025 par l’administration Trump. Crise financière immédiate. Plan d’urgence. Restructuration.
La vérité comme produit. L’objectivité comme prestation facturée aux GAFA.
Les soviétiques appelaient ça l’Agitprop.
Le financement venait du Parti.
Ici il vient de l’État et de Mark Zuckerberg.
Le principe est identique.
Seuls les sponsors ont changé.
La contamination : le vrai génie du système
Un « Urgent » AFP suffit.
Tout le système médiatique français se met en branle en quelques minutes.
Automatiquement.
Pavloviennement.
Le tri repose sur des critères que personne n’a votés.
Importance institutionnelle.
Gravité. Intérêt général.
Des mots nobles qui habillent une grille idéologique non écrite, non débattue, non contrôlée.
Les opinions de l’État glissent ainsi dans l’esprit des citoyens.
Habillées en faits.
Estampillées AFP.
Reprises comme vérités premières.
C’est le mécanisme le plus redoutable de la propagande moderne.
Pas les mensonges grossiers. Pas les affiches. Pas les défilés.
Les omissions fines. Les délais calculés. Les mots proscrits. Les cadres imposés.
Staline n’aurait pas fait mieux.
Il aurait simplement signé les dépêches.
Conclusion
L’AFP n’est pas une agence de presse.
C’est une Tass républicaine.
Sans directement goulag.
Sans Sibérie. Sans Staline.
Mais avec excommunication .
Mais avec le même principe : une source unique, financée par le pouvoir, reprise sans examen, qui décide souverainement de ce qui existe et de ce qui mérite d’être tu.
Elle se dit neutre.
La neutralité n’existe pas. Elle est toujours la neutralité de quelqu’un.
Celle de l’AFP a un visage.
Un bailleur.
Une idéologie.
L’Union soviétique avait la Pravda.
La France a l’AFP.
La Pravda signifiait « la vérité ».
Agence France-Presse signifie « presse libre ».
Les deux ont (avaient ) un titre non pas fallacieux mais purement et simplement menteur .
Paul Germon

Vous avez omis mais c’est tellement criant que je me permets de rapporter ce slogan oh combien réel, AFP = Agence France-Palestine !