
Marjane Satrapi, est morte hier.
Morte de tristesse.
Un cœur peut se briser au vrai sens du mot.
Si il autopsiait ce cœur, pour y diagnostiquer les causes de sa rupture, le légiste y trouverait une thrombose ou un dysfonctionnement du rythme cardiaque.
Mais les médecins ne sont pas des poètes.
Comment reconnaître entre l’oreillette et le ventricule, l’immense chagrin d’avoir perdu l’amour de sa vie, le désespoir du peuple iranien ?
…

En 2005, Marjane Satrapi avait autorisé la traduction en hébreu de « Persepolis ».
Elle avait voulu y ajouter une lettre personnelle destinée au lecteur israélien.
Elle y parlait de son enfance en Iran, d’amis qu’elle n’avait plus jamais revu, et comment elle avait perdu toute innocence.
Elle ajoutait :
« Comme Iranienne, je refuse d’être votre ennemie. »
…
Je ne sais pas dire mensch en persan.
© Daniel Sarfati

Un hommage très émouvant pour une personne exceptionnelle.