À l’attention des Juifs qui ont le cœur lourd,
Depuis le 7 octobre 2023, notre peuple saigne et subit de plein fouet ce que tant d’entre nous, notamment en exil, avions oublié : la haine antisémite.
Malgré cela, notre peuple n’a jamais été aussi uni. Notre cœur bat à l’unisson pour Israël. Et majoritairement, nous avons fait le choix de porter haut ses couleurs. Nous avons fait le choix de ne pas baisser la tête face aux quolibets et aux crachats.
Depuis 2023 chaque Juif essaie, à sa manière, de maintenir l’honneur de la nation : de l’étudiant qui se bat face aux islamo-gauchistes dans les universités aux pères et mères de famille qui, au quotidien, tiennent bon dans leur travail.
En Israël, ce combat est existentiel. Les Israéliens se battent pour vivre. Ils affrontent une guerre qui leur a été imposée. Ils se battent contre un ennemi qui ne cherche ni compromis ni coexistence, mais notre effacement.
Cette épreuve nous a rappelé ce que signifie le nouveau nom de notre patriarche Jacob après son combat mystique. Israël, c’est celui qui lutte. Nous sommes faits pour tenir face à plus grand que nous, pour traverser la nuit blessés et pour vaincre à l’aube.
Alors que D.ieu semble parfois absent, Il n’a jamais été aussi visible qu’aujourd’hui. Comment notre peuple parvient-il à tenir dans un combat d’une telle intensité ? Comment des nations comme les États-Unis, l’Argentine, l’Inde ou la République tchèque, malgré la rhétorique mensongère, n’ont-elles jamais autant déclaré leur amour ? Jamais elles n’avaient autant reconnu notre élection.
Mais quelle élection ? Celle qui consiste à faire triompher le Bien et la Vérité sur ceux qui les pervertissent, sur ceux qui préfèrent sacrifier leurs enfants pour avoir le plaisir malsain de voir le peuple juif boiter.
Nous vivons une nouvelle guerre d’indépendance. Nos héros de la Haganah, du Etzel et du Lehi ont aujourd’hui pour héritiers les jeunes de Tsahal. Parmi eux, beaucoup de sionistes religieux qui, par fidélité à Sion, sont prêts à donner leur vie. Ce sont aussi eux qui construisent, cultivent, habitent et défendent la Judée-Samarie. Ils ne sont pas une anomalie du sionisme. Ils en sont la continuité. Ils prolongent la logique des pionniers : présence juive, enracinement, autodéfense, souveraineté.
Il faut le dire clairement : si des Juifs vivent aujourd’hui sous une menace permanente en Judée-Samarie et sont obligés de se défendre, parfois par la force, c’est parce que l’État d’Israël refuse encore d’assumer pleinement ses droits sur le berceau de notre peuple.
Depuis des décennies, les gouvernements, de droite comme de gauche, reculent et tergiversent sur la question des « territoires ». Ils savent pourtant que cette terre est au cœur de notre histoire, de notre identité et de notre nom même : Judée, Judéen, Juif.
C’est par peur de l’ONUCI (Organisation des Nations unies contre Israël) que nous abandonnons lâchement ces jeunes pionniers face au djihad quotidien. C’est cela, la véritable abomination, pour reprendre vos mots.
Une question simple doit être posée : si nous ne sommes pas légitimes à Hébron où sont enterrés nos patriarches, alors sur quoi repose notre légitimité à Tel-Aviv ou à Ashkelon ? Si notre droit n’existe pas à l’endroit où notre histoire a commencé, alors il devient fragile partout. Refuser cette évidence, c’est miner de l’intérieur la légitimité même du projet sioniste.
Israël ne se résume pas à Tel-Aviv, à sa modernité, à sa réussite économique ou à son image internationale. Israël, c’est aussi Hébron, Sichem, Béthel, Shilo. Le sionisme n’est pas né pour produire une vitrine occidentale en Méditerranée. Il est né pour rendre au peuple juif toute sa terre, sa dignité et sa souveraineté.
En dénonçant les pionniers de Judée-Samarie, c’est tout le sionisme que vous profanez. Le pays s’est bâti par ces méthodes-là : par l’implantation de villages, par l’autodéfense face aux Arabes, à l’instar des brigades de nuit de Charles Orde Wingate.
Malgré l’internationale de l’indécence (Macron, Alvarez, Sanchez, Martin, Lula, Léon XIV…) nous ne céderons rien à certaines nations qui osent nous donner des leçons d’humanisme ou de droit international. Nous n’avons rien contre celui-ci lorsqu’il est fondé sur la justice. Or, si la loi et le droit ne sont pas fondés sur la justice, ce qui est actuellement le cas, il n’y a aucune raison de les respecter.
Est-ce juste de toujours imposer à Israël de brèves ripostes ? Est-ce juste de taxer Israël, en Judée, de colon, alors que nous sommes les indigènes de cette terre, les propriétaires légitimes, après avoir gagné ce territoire à l’issue de la guerre déclenchée par les Arabes en 1967, qui s’est soldée par leur défaite ? Est-ce juste de condamner Israël, entre 2015 et 2025, 173 fois, contre 0 pour l’Afghanistan ou l’Arabie saoudite ? Est-ce juste que vos références nous présentent comme « l’ennemi commun de l’humanité » ?
Leurs leçons d’inhumanité, et leur droit international toujours injuste envers les Juifs, ne seront pas les nôtres.
Peut-être le seront-elles pour vous, vous qui choisissez de vous tenir en dehors du peuple tout en prétendant parler en son nom.
Vous qui professez des valeurs juives dévoyées, celles d’un judaïsme sous perfusion d’Évangile, d’un judaïsme à la recherche d’une pureté qui n’existe que dans les contes et qui se fracasse sur la tragique réalité que nous subissons, tant en Israël qu’en Exil.
Cet Exil que vous idéalisez vous engloutira pourtant, malgré votre vertu affichée, malgré vos tribunes moralisatrices, malgré la manipulation politique inlassable de la mémoire de la Shoah.
Vous pouvez unir vos voix au chœur de certaines nations, publier, mois après mois, de nouveaux pamphlets célinienѕ (mais sans le style), chercher à vous absoudre en nous condamnant : cela ne vous sauvera pas et ne vous réhabilitera pas dans les salons de Paris, Londres, New York…
De toute façon, vos paroles sont déjà si outrancières qu’elles vous disqualifient avant même que l’exil ne vous absorbe entièrement.
En fin de compte, vos malheureuses postures laissent surtout entrevoir que vous avez peur d’être juifs. Vous avez peur d’assumer le nom d’Israël.
Alors, logiquement, vous cherchez une issue. Et cette issue, vous croyez la trouver dans la disparition. Vous voulez être comme les autres.
Mais c’est précisément là que réside l’erreur. Car nous ne sommes pas comme les autres, et nous n’avons jamais été appelés à l’être.
Après la sortie d’Égypte, réapprenons collectivement à être des Hébreux, c’est-à-dire « de l’autre côté », puis sortons de notre Égypte contemporaine, celle de la servitude idéologique, de la peur et du regard des autres. Il nous faut retrouver la liberté, celle de servir fièrement la vérité !
Tel Haï !
© Aurelien Bernheim, Co-fondateur du Mouvement des Étudiants Juifs Français

Poster un Commentaire