Hollande-Taubira: le crime parfait. Par Paul Germon

Le plus grand hold-up de la Ve République — sans cambrioleur, sans prison, et sans regrets.

François Hollande n’a pas choisi Christiane Taubira parce qu’elle était juriste. Il l’a choisie parce qu’elle représentait un électorat — antillais, gauche identitaire, bobos post-coloniaux — dont il avait besoin pour gagner. Économiste de formation, sociologue par licence, ethnologue par certificat : Garde des Sceaux par calcul électoral. La place Vendôme comme monnaie d’échange. La justice française comme butin de campagne.

Le résultat ? Quatorze ans de délabrement dont la France n’est toujours pas sortie.

I. La Loi de 2014 : Vider les prisons, remplir les morgues

La loi du 15 août 2014 “relative à l’individualisation des peines” supprime les peines planchers instaurées par Sarkozy, généralise les aménagements de peine, et invente la “contrainte pénale” — peine sans prison pour des délits qui en méritaient une. Les peines planchers visaient à inciter le juge à prononcer une peine minimale en cas de récidive légale. Taubira les efface d’un trait de plume idéologique.

Les chiffres sont implacables. En 2012, 69% seulement des peines d’emprisonnement ferme prononcées dans l’année étaient exécutées dans l’année — autrement dit, près d’un tiers des condamnés ne voyaient jamais la couleur d’une cellule. Après 2014, la tendance s’aggrave : pour les peines prononcées par jugement contradictoire à signifier ou itératif défaut — soit 25% des jugements — le taux d’exécution à six mois tombe à 25%, et ne dépasse pas 44% à un an. (Source : Ministère de la Justice, réponse à question écrite d’Éric Ciotti, Assemblée nationale, 2019.)

Quant à la “contrainte pénale”, censée révolutionner le droit pénal, elle ne représentera que 0,35% des peines prononcées — un fiasco statistique que le ministère lui-même enterrera discrètement deux ans plus tard. (Source : Observatoire International des Prisons, rapport 2016.)

Sous les peines planchers, la durée moyenne des peines en récidive était passée de 9 mois sur la période 2004-2006 à 15,6 mois sur la période 2008-2010, soit une hausse de 73%. Taubira a supprimé ce dispositif. Le message aux récidivistes était désormais limpide : recommencez, on vous rattrapera peut-être, on vous emprisonnera probablement pas. (Source : Assemblée nationale, amendement UDR, 2024.)

II. La Circulaire de 2012 : le Parquet déchaîné

Dès août 2012, Taubira adresse aux procureurs une circulaire de politique pénale qui décourage les poursuites systématiques pour les “petits” délits. Ivresse publique, usage de stupéfiants, incivilités répétées — autant d’infractions qu’on invite subtilement à classer sans suite.

C’est la théorie des “broken windows” inversée : on laisse prospérer le désordre mineur pour se concentrer sur le crime majeur. Sauf que le crime majeur est toujours l’enfant du désordre mineur qu’on a toléré trop longtemps.

III. La recomposition idéologique de la Magistrature

C’est le dommage le plus durable, et le plus invisible. Sous Hollande-Taubira, la culture du Syndicat de la Magistrature — surnommé non sans raison “le syndicat du crime” par l’Express en 1981 — devient doctrine d’État. Le délinquant est victime sociale. Le policier est suspect structurel. La prison est archaïsme bourgeois.

Les magistrats formés dans cet esprit entre 2012 et 2017 ont aujourd’hui 40 ans. Ils sont en poste. Ils jugent. Ils classent. Ils aménagent. La contamination idéologique est générationnelle — elle survivra à tous les gouvernements de droite qui n’ont pas eu le courage de réformer l’École Nationale de la Magistrature.

IV. Le mariage pour tous : le rideau de fumée

Pendant que la justice pénale se décompose, Taubira orchestre le grand spectacle du mariage pour tous — 2013, les manifs, les contre-manifs, la France coupée en deux. Hollande adore : le pays se déchire sur une question sociétale pendant que personne ne regarde ce qui se passe dans les tribunaux correctionnels et les quartiers de Seine-Saint-Denis.

Le prestidigitateur parfait : une main agite le drapeau arc-en-ciel, l’autre signe les circulaires qui désarment la justice.

V. L’héritage empoisonné

Valls a tenté de résister — l’état d’urgence de 2015 après les attentats, quelques velléités de fermeté. Taubira démissionne en janvier 2016 plutôt que de signer la déchéance de nationalité pour les terroristes. Elle part en martyre de la gauche pure. Hollande la laisse partir avec soulagement, pas très courageux pour un président de la République qui aura attendu quatre ans pour se débarrasser d’une ministre qui démolissait sa propre politique pénale.

Mais le mal est fait. Les textes sont dans les codes. Les magistrats sont en poste. La culture est installée. Macron ne touchera à rien — il a besoin des mêmes électorats. Darmanin gesticule. Retailleau parle. Les tribunaux correctionnels, eux, continuent.

EN BREF

François Hollande voulait gagner une élection. Il a recruté Taubira pour capter la gauche identitaire et les Antilles. Il a sacrifié le nucléaire français pour avoir les Verts. Dans les deux cas, le pays a payé l’addition : une justice pénale en miettes, une filière énergétique sabordée au profit d’une idéologie.

Le “quoi qu’il en coûte” de Macron ? Hollande l’avait inventé bien avant lui — sauf que lui, il ne le disait pas. Il le pratiquait en silence, électorat par électorat, institution par institution.

Carrière accomplie. Pays abîmé. Bilan net.

© Paul Germon

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16 Comments

  1. Bonne analyse. Taubira étant une identitaire raciste extrêmement dangereuse, sa nomination à un ministère était incompatible avec la République. La loi Taubira sur l’esclavagisme, c’est du négationnisme qui ne dit pas son nom. La République n’existait plus, ou bien ce mot n’a jamais rien voulu dire.
    La loi sur le mariage pour tous était en effet un écran de fumée. Personnellement j’y suis favorable mais il s’agit d’un enjeu mineur et le seul but de cette loi était d’hystériser le débat public pour éviter d’aborder les véritables problèmes. Et la connerie étant aujourd’hui la chose la plus répandue en France, beaucoup de monde est tombé dans le piège. Les manifestants anti-mariage comme les pro-mariage pour tous ne se rendaient pas compte de la manipulation à laquelle ils participaient. Les veaux !…

    • @Katz S. Ce qui me semble anormal, c’est que les métros puissent nommer ministre et honorer une Guyanaise raciste qui les hait et leur veut manifestement du mal.

      • la Guyane est un département français. Les habitants, notamment C. Taubira ne sont pas plus racistes que les métros blancs ne le sont, ne vous en déplaise. Le ministère de Taubira était une reconnaissance de ce qu’ont vécu les sous-hommes et sous-femmes indigènes. Elle est à l’origine de la loi tendant à la reconnaissance de la traite et de l’esclavage en tant que crime contre l’humanité. Taubira a été une bonne garde des sceaux qui promouvait l’égalité métros-habitants des Antilles et de Guyane.

      • C’est dommage de parler sans savoir, car je pense que vous n’êtes jamais allé en Guyane. Perso une partie de ma famille y vit, toutes les couleurs mélangées, très heureuse. J’y suis allée à plusieurs reprises, je peux me promener n’importe où sans aucun problème. C’est l’endroit le moins raciste que j’ai visité. Taubira représente très bien ce mélange qui vit en bonne entente.
        Apparemment, mon com ne plait pas, sans doute trop différent de l’ambiance ? Dommage.

        • Vous défendez une ministre raciste et ayant fait un mal infini à ce pays, de manière volontaire. Vous défendez l’indéfendable.
          De nombreux Français sont atteints de haine de soi ou du syndrome de Stockolm : c’est la maladie de l’occident.

          • Quelle loi raciste a donc fait voter Taubira ? Peut être etes-vous contre « la reconnaissance de la traite et de l’esclavage en tant que crime contre l’humanité » ? Soyez plus précis avant d’accuser quelqu’un de racisme. Merci

    • @Katz S Le but de cette loi était d’occulter la traite arabo-musulmane, commise contre les Africains et les Européens. C’est tellement évident que je ne l’avais pas mentionné. Donc accuser uniquement les Européens. Taubira n’a pas agi seule : c’est toute la classe dirigeante qui est complice. C’est le même principe que pour la prétendue « Palestine » : on réécrit ou manipule l’Histoire pour inciter à la haine en discours et en actes.

      • article 1 de la loi
        Renseignez- vous. Merci
        Article 1
        Version en vigueur depuis le 23 mai 2001
        La République française reconnaît que la traite négrière transatlantique ainsi que la traite dans l’océan Indien d’une part, et l’esclavage d’autre part, perpétrés à partir du xve siècle, aux Amériques et aux Caraïbes, dans l’océan Indien et en Europe contre les populations africaines, amérindiennes, malgaches et indiennes constituent un crime contre l’humanité.

  2. Depuis l’horreur Macron, on a trop souvent tendance à minimiser l’incompétence et les trahisons de ses prédécesseurs et leurs ministres. Quand un gouvernement nomme une raciste hostile aux Français à des postes clefs comme la justice, il s’agit d’un acte de haute trahison. Cette classe dirigeante ne veut pas de prisons parce que c’est là qu’elle mérite de finir.

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