L’eurodéputée LFI Rima Hassan attaque le journaliste Jean Quatremer après la diffusion d’une fresque dénonçant les nouvelles formes d’antisémitisme. Par Simon Weinberg

L’eurodéputée LFI Rima Hassan attaque le journaliste Jean Quatremer après la diffusion d’une fresque dénonçant les nouvelles formes d’antisémitisme.

Réalisée par l’artiste italien Alexsandro Palombo, l’œuvre représente « Hitler avec un keffieh » et est visible dans plusieurs quartiers de Milan.

« J’ai hâte, on va s’amuser », a répondu le journaliste de Libération.

Réalisée à Milan, cette fresque visait à dénoncer les différentes formes contemporaines d’antisémitisme, qu’elles proviennent de l’extrême droite, de l’extrême gauche ou de certains milieux radicalisés se réclamant de l’antisionisme.

L’œuvre entendait alerter sur les dérives de certains discours où la haine des Juifs se dissimule derrière un vocabulaire politique plus acceptable.

Pour se défendre, Rima Hassan a choisi une autre voie : accuser le mouvement sioniste d’avoir entretenu des liens privilégiés avec l’Allemagne nazie. À l’appui de cette affirmation, elle invoque l’Accord Haavara de 1933. Or cet accord était un mécanisme limité et pragmatique permettant à environ 53 000 Juifs allemands de fuir l’Allemagne nazie vers la Palestine avec une partie de leurs biens. Il ne s’agissait ni d’une alliance idéologique ni d’un partenariat politique avec le régime hitlérien, mais d’une tentative de sauvetage dans un contexte où la plupart des pays du monde refusaient d’accueillir les réfugiés juifs. Pour l’immense majorité des Juifs d’Europe, aucune porte de sortie n’existait. En déduire que le sionisme aurait été un partenaire privilégié du régime nazi constitue une lecture régulièrement reprise par les milieux complotistes et antisémites cherchant à inverser l’histoire de la Shoah.

Plus troublant encore, Rima Hassan semble suggérer que la Shoah relèverait exclusivement d’une histoire européenne étrangère aux Palestiniens. Pourtant, de nombreux travaux historiques documentent la collaboration entre le Grand Mufti de Jérusalem, Haj Amin al-Husseini, et l’Allemagne nazie. Reçu à Berlin par Hitler en 1941, il participa activement à la propagande antisémite du Reich et soutint le projet d’extermination des Juifs. Des ouvrages de référence comme « Croissant fertile et croix gammée » de Martin Cüppers et Klaus-Michael Mallmann ont largement documenté ces liens.

Encore une fois, Rima Hassan recycle ainsi une vieille rhétorique consistant à associer les Juifs qu’elle qualifie de « sionistes » aux nazis. Une accusation aussi spectaculaire qu’historiquement fausse.

Sources : Déclarations publiques de Rima Hassan, Jean Quatremer, œuvre d’Alexsandro Palombo, Accord Haavara (1933), Martin Cüppers & Klaus-Michael Mallmann.

© Simon Weinberg

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6 Comments

  1. Il convient aussi de rappeler que les organisations juives du monde entier furent parmi les premières à appeler au boycott économique de l’Allemagne nazie dès 1933, dénonçant publiquement les persécutions antisémites du régime hitlérien. L’immense majorité des Juifs, qu’ils soient sionistes, socialistes, libéraux, religieux ou assimilés, rejetèrent très tôt le nazisme. Cette mobilisation fut suffisamment importante pour que la propagande nazie s’en serve comme prétexte au boycott des commerces juifs décrété le 1er avril 1933.

    A++

  2. Qu’est-ce qu’elle reproche, la Syrienne, à ces caricatures ? Qu’elles s’expriment une vérité ? Qui peut nier aujourd’hui qu’Islamise et Nazisme se rejoignent ? En plus, elle n’a pas honte d’étaler son ignorance de l’Histoire devant tout le monde ? Il faut croire que le port du keffieh nuit gravement à la santé mentale.

  3. Rima Hassan ne porte pas du tout plainte à cause de cette fresque mais sur les tweet de Quatremer la concernant personnellement.
    Vous publiez vous-même le tweet de Rima Hassan, elle ne mentionne absolument pas ce dessin qui, par ailleurs, est abject. Mais c’est un autre sujet.
    Voici son tweet :
    « Une plainte sera déposée contre le journaliste
    @quatremer
    de
    @libe
    . Dans de nombreux tweets consacrés à mon actualité ou à mes déclarations, il recourt de manière systématique aux appellations « Lady Gaza » ou « Rima Hamas » au lieu d’utiliser mon nom. Il ne s’agit ni de journalisme ni de commentaire politique, mais de propos utilisés pour dénigrer, injurier, essentialiser et qui sont constitutifs d’une incitation au harcèlement.

    Le caractère répétitif, systématique et stigmatisant de ces qualificatifs est manifeste. Les déclarations publiées sur X n’effacent ni les responsabilités juridiques ni les obligations déontologiques qui s’imposent aux journalistes.

    Ce n’est pas la peine d’effacer, tout est archivé. »

  4. Rima HaSSan est une nazie coupable d’apologie du terrorisme et de crimes contre l’humanité. Point. Dans n’importe quelle nation civilisée et dans tout État soucieux de lutter contre le Nazisme, elle serait déjà mise hors d’état de nuire. Dans ce pays qu’on n’ose même plus nommer, elle agit en toute impunité et menace de faire des procès aux autres.
    Il s’agit d’ailleurs d’un schéma récurrent depuis le début du siècle (qu’on songe aux procès que R. Diallo, comparable à ce qui existe de pire dans LFI, a intentés à Céline Pina et Pascal Bruckner).

    Les nouveaux 💀 rasés sont des 💀 ra(ci)sés : l’état de soumission et de collaboration dans lequel se vautrent la France et l’Europe (de l’Ouest) islamonazies dépasse tout ce que l’humanité a pu connaître jusqu’ici.

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