Chaos urbains en France: Et le Président de la République? Par Pierre Saba

A nouveau, et toujours à l’opportunité de manifestations sportives de football, la France a connu le 31 mai 2026, et dans plusieurs villes, des déprédations, dégradations, voies de fait, violences sur représentants de l’ordre public, sur personnes, etc.

A nouveau, les forces de l’ordre ont interpellé, arrêté et déféré aux parquets les délinquants qui pouvaient l’être.

A cet effet, il est difficile de ne pas remarquer les éléments suivants:

1- A l’Etranger comme en France, les commentaires sur les chaos urbains et les violences ont tendance à estomper les commentaires sur les manifestations sportives.

2- En Europe, l’agrégation des violences aux manifestations sportives de football ne se produisent qu’en France.

3-  Ces délits ne sont pas gratuits.

Ils coûtent à l’Institution, à la population et aux professionnels, des montants financiers et d’assurances considérables qui nuisent encore un peu plus à l’économie générale du pays, déjà fort fragilisée sur les marchés financiers tant intérieurs qu’extérieurs.

4- Ces violences sont désormais usuelles.

Avant chaque manifestation, par nécessité et par extravagance, les commerçants et les prestataires de services situés en périmètres des manifestations de football se barricadent « avec les moyens du bord ». 

Idem des forces de police et de renseignements  qui tentent d’organiser, espérons sans impéritie, la  sécurité  des personnes et des biens.

L’ampleur des dégâts constatés après chaque manifestation sportive et de violences tendent à relever l’inefficacité des mesures prises « en amont » des délits commis.

5- Les interpellations de police en flagrant délit-comparution immédiate ne suffisent manifestement pas.

Encore faut-il qu’elles soient suivies d’effets judiciaires et que des peines soient prononcées par les magistrats en charge.

L’expérience de police générale comme celle de justice est loin d’assurer  le suivi police-justice. 

6- De manière générale, les absences et les insuffisances de contrôles des individus connus des services de police et de justice constituent une part de la responsabilité dans les violences commises régulièrement dans ces circonstances.

7- Par dessus toutes les responsabilités civiles, pénales, institutionnelles, la plus importante doit être évoquée: la charge du chef de l’Etat.

La France vit depuis 1958 sous un régime semi-présidentiel en lequel les principaux pouvoirs de décisions relèvent et appartiennent au président de la république.

Compte tenu de l’étendue de ses pouvoirs exécutifs, militaires, diplomatiques et administratifs, les décisions, les absences ou les revers du  président de la république en matière de sécurité des personnes et des biens ne sauraient l’exonérer d’aucune charge relevant de sa condition institutionnelle.

Autrement dit, rien n’échappe à la garantie du chef de l’Etat.

C’est à lui d’organiser et d’administrer directement s’il le faut (et il le faut) la sécurité des biens et des personnes.

Il est anormal de constater qu’en France, les manifestations de football sont suivies de manifestations de délits sur les biens et les personnes.

Plus que toute autre institution, celle du chef de l’Etat a le devoir de mettre un terme à ces situations.

La Constitution française, et notamment son titre II, lui attribue à cet effet des prérogatives parmi les plus larges au monde.

La fin des chaos urbains et sportifs comme le respect de la Constitution et la sécurité des personnes et des biens exigent formellement et sur le fond la prise de conscience et l’exercice de ses responsabilités.

Le président Macron qui se présente régulièrement  urbi et orbi comme défenseur de l’ordre mondial doit également s’occuper et se préoccuper de l’ordre et  de la sécurité de ses concitoyens dans son propre pays.

Par conséquent,

Le sport n’a pas à servir en France, ni ailleurs, de support objectif à la délinquance et au désordre.

Les délinquants déguisés en sportifs qui parcourent l’espace public pour atteindre l’intégrité des personnes, casser, détruire, abîmer, dépenser le denier public à des fins nocives, doivent être  impérativement neutralisés et dans l’urgence.

Tout commentaire, toute dénégation, toute réserve visant à excuser la récurrence des violences ou à justifier des difficultés de gestion de crises se heurtent au principe au terme duquel rien ne résiste à la puissance publique.

Les condamnations orales émises irrégulièrement par le président Macron sont réduites à des incantations dont le moins qui puisse être consigné est qu’elles ne sont suivies d’aucun d’effet civil ni incitatif. 

C’est dans ce cadre que le président Macron doit assumer ses responsabilités effectives et constitutionnelles. 

© Pierre Saba

1er juin 2026

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