Le 29 novembre 1947 l’assemblée générale des Nations Unies adopte un plan de partage de la Palestine ( ce qui en restait après la création de la Jordanie) avec une partie juive et une partie arabe.
Les cartes accompagnant ce plan étaient certes alambiquées, très compliquées et il était évident que ce plan était imparfait.
Mais il avait le mérite d’exister et les Juifs ont tout de suite accepté sans réticence cette chance de créer un premier foyer national juif depuis la disparition du royaume de Judée sous les coups de Nabuchodonosor.
Le chef des Juifs, David Ben Gourion, a donc logiquement proclamé un Etat juif dans les limites du partage onusien le 14 mai 1948.
Les Arabes de Palestine, moins d’un million à l’époque, ont refusé totalement la décision de l’ONU par la voix de leur chef le grand mufti de Jérusalem, Amin El Husseini.
La déclaration d’indépendance de Ben Gourion est un modèle de discours politique généreux valorisant les offres de paix et le vivre ensemble.
La main tendue de Ben Gourion n’a comme il fallait s’y attendre servi à rien. Le lendemain les armées de tous les pays arabes voisins envahissaient le micro Etat d’Israël né la veille en vue de le faire disparaitre.
Les Arabes de Palestine étaient dans le même temps vivement invités par tous les médias arabes à quitter leur maison et à se réfugier dans un pays arabe voisin pour ne pas connaitre le sort des juifs.
Alors que les armées libanaises, syriennes, jordaniennes et égyptiennes taillaient la Palestine en pièces, des centaines de milliers d’Arabes quittaient le pays.
L’armée libanaise montait jusqu’à Akko. Les Syriens et les Jordaniens prenaient des kibboutz et ne faisaient pas de prisonniers: c’était la victoire ou la mort.
L’Egypte faisait débarquer ses forces à Gaza et prenait la Bande de Gaza ainsi que le sud d’Israël.
Les jeunes gens, garçons et filles souvent sortis des camps de concentration 3 ans auparavant ou portant le tatouage des camps de la mort, se sont levés et malgré l’infériorité en nombre et en armement, ont réussi à repousser les envahisseurs au prix de milliers de morts dans leurs rangs.
Ensuite, il y eut bien des guerres: 1956 aux côtés des Français et des Britanniques pour défendre une voie d’eau internationale le Canal de Suez. 1967: la guerre des 6 jours, parce que les Égyptiens de Nasser avaient décidé de fermer un détroit, ce qui constitue un fait de guerre. 1973, la guerre de Kippour, puis toutes les guerres au Liban et à Gaza.
À chacune de ces guerres les Israéliens ont toujours su qu’elles ne devaient pas être perdues, une guerre perdue entrainant évidemment la disparition d’Israël.
Pourtant cette armée, Tsahal, n’est pas une armée professionnelle mais l’armée du peuple d’Israël, hommes et femmes donnant plusieurs années de leur vie pour la défense du pays.
Les Druzes, minorité ethnique d’Israël, font également l’armée où ils sont souvent officiers.
Ce sont tous ces soldats héroïques dont trop sont morts au combat que tous les Israéliens honorent chaque année le jour de Yom Hazikaron, la veille du jour de l’anniversaire de l’indépendance Yom Haatsmaout, tout simplement parce qu’il n’y aurait pas d’indépendance sans l’héroïsme de ces jeunes gens.
La guerre actuelle menée contre l’Iran et contre le hezbollah est plus que jamais existentielle. L’Iran des ayatollahs n’a jamais caché depuis 1979 qu’il voulait se doter de l’arme nucléaire pour éradiquer Israël. Ici la dissuasion ne fonctionne pas parce que L’Iran est 80 fois plus grand qu’Israël .
Ce Yom Hazikaron sera donc encore plus terrible que les autres, l’obligation étant d’écarter la menace nucléaire.
© Raphaël Nisand, Chroniqueur sur Radio Judaïca

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