Bruxelles, capitale européenne de la normalisation de l’antisémitisme. Par Fundji Benedict

Cette réflexion ne prétend pas embrasser la « cause palestinienne » dans ses dimensions historique, géopolitique ou juridique. Elle se concentre sur un objet circonscrit : le Global Sumud Parliamentary Congress, qui se tient à Bruxelles le 22 avril 2026, et sur les acteurs qui l’organisent. Elle ne vise pas à trancher le débat sur le conflit israélo‑palestinien, mais à analyser un dispositif circonscrit – son architecture institutionnelle, son vocabulaire programmatique, ses intervenants, ses objectifs normatifs – et à en dégager les effets produits pour la sécurité et la dignité des Juifs d’Europe.  L’analyse procède par voie inductive, à partir de matériaux vérifiables en distinguant explicitement ce qui relève des faits établis, des inférences argumentées et des zones d’incertitude.

Le lecteur trouvera ici non pas un pamphlet, mais une tentative de compréhension structurée de ce que signifie, en 2026, l’organisation au cœur de la capitale de l’Union européenne d’un congrès où se côtoient parlementaires, titulaires de mandats onusiens et figures de la militance radicale.

Sumud – un mot-concept au cœur de l’architecture idéologique du congrès

Dans la continuité de cette mise au point méthodologique, il n’est pas indifférent, pour une analyse rigoureuse, de commencer par les mots. Le terme « sumud » (صمود) n’est pas, pour qui connaît les milieux de la militance pro‑palestinienne radicale en Europe – et a fortiori l’organisation Samidoun et les réseaux transnationaux auxquels elle est articulée – un signifiant neutre.

Dans son acception première, sumud signifie « endurance », « persévérance », « fermeté » en arabe. C’est un terme qui, dès les années 1960 puis plus systématiquement dans les années 1970, sous la plume du mouvement national palestinien, acquiert le statut de concept politique structurant. Il désigne à la fois une posture existentielle – refus de quitter la terre, refus de céder – et une idéologie de la résistance. Dans sa dimension « active » ou « transformatrice » (ṣumūd muqāwim), le concept ne se limite pas à la non‑violence : il intègre explicitement, dans nombre de ses formulations théoriques, ce que ses promoteurs nomment la « résistance par tous les moyens ».

Ce glissement sémantique n’est pas anecdotique : il se situe au cœur de la stratégie de communication de l’organisation Samidoun, dont le nom lui‑même est la forme adjectivale du même radical arabe et signifie littéralement « les Endurants » ou « les Résistants ». Désignée entité terroriste par les États‑Unis et le Canada en 2024, ainsi que par Israël depuis 2021, Samidoun a vu ses activités en Belgique donner lieu à plusieurs épisodes judiciaires visant son coordinateur européen, Mohammed Khatib, identifié par la Cellule de coordination de l’analyse de la menace (CUTA) comme un « prédicateur de haine radical qui soutient ouvertement des groupes comme le Hamas et le FPLP ». En août 2025, le statut d’asile dont il bénéficiait en Belgique a été retiré par les autorités compétentes ; à la date de rédaction, le recours introduit contre cette décision demeure pendant.

C’est dans ce contexte précis – celui d’une Bruxelles où Samidoun opère en quasi‑impunité depuis des années et où les autorités ont renoncé à proscrire l’organisation, contrairement à l’Allemagne – que s’inscrit le Global Sumud Parliamentary Congress du 22 avril 2026. Le choix du terme « sumud » pour désigner ce congrès n’est donc pas un simple accident lexical. Il s’agit d’un signal adressé à ceux qui savent lire entre les lignes : un positionnement idéologique assumé, un hommage implicite à toute une tradition militante dont l’horizon ne se réduit pas à la diplomatie pacifiste.

La Global Sumud Flotilla, partie de Barcelone le 12 avril 2026 avec plus de soixante-dix bateaux et plusieurs centaines de participants selon ses propres communiqués, partage ce même horizon politique ; le congrès du 22 avril en constitue explicitement le bras parlementaire. Des documents découverts dans la bande de Gaza et publiés par le ministère israélien des Affaires étrangères identifient le coordinateur de la flottille, Saif Abukeshek, comme opérateur de la Conférence populaire des Palestiniens à l’étranger (PCPA) – organisation décrite par Israël comme affiliée au Hamas – et son entreprise espagnole Cyber Neptune comme propriétaire d’une part substantielle des navires engagés. La flottille porte le nom du concept. Le congrès en est la chambre d’écho dans les enceintes politiques européennes. Et Samidoun en représente le prototype organisationnel dans l’espace militant transnational.

Bruxelles: de capitale européenne à hub d’impunité antijuive

Que ce congrès se tienne à Bruxelles n’est pas un détail logistique : c’est un choix de scène politique. Lynn Boylan, députée européenne et officiellement désignée comme Convenor – organisatrice principale – de cette conférence, a d’ailleurs explicité cette articulation en déclarant que « ce Congrès est conçu pour agir en concert avec la mission de la flottille, une pression civile et politique coordonnée : en mer et dans les salles du pouvoir simultanément ». 

Les « salles du pouvoir » en question se situent vraisemblablement dans l’un des centres de congrès du quartier européen, à proximité directe du Parlement européen, du Conseil et de la Commission. Il n’est pas indifférent qu’un tel espace, au cœur du dispositif symbolique de l’Union, accueille un événement dont l’agenda comprend explicitement des sessions intitulées « Ending Complicity : Policy Levers on Arms Transfers, Settlements, and Trade » et « Ending Impunity, From Law to Action : The Parliamentary Role in Accountability ». Par leur seule formulation, ces intitulés posent la culpabilité d’Israël et de ses partenaires commerciaux comme prémisse, et enjoignent les législateurs présents à en tirer des conséquences normatives immédiates. 

Que Bruxelles soit aujourd’hui le théâtre de ce congrès n’étonnera pas ceux qui observent l’évolution de la condition juive dans la capitale belge depuis octobre 2023. Le 10 décembre 2023, quelque 4 000 personnes y manifestaient contre l’antisémitisme, reprenant la formule qu’Ursula von der leyen prononçait le même soir devant le siège de la Commission : « un vieux mal ressurgit en Europe », la présidente de l’exécutif européen ajoutait « des croix gammées ont été peintes sur les maisons de Juifs ». Moins de dix‑huit mois plus tard, la même ville autorise – dans un premier temps – la mise en scène publique du massacre du 7 octobre. Entre ces deux séquences, ce qui se dessine n’est pas un simple paradoxe, mais une trajectoire de banalisation.

La Belgique présente en outre la particularité de n’avoir pas proscrit Samidoun, contrairement à l’Allemagne qui l’a interdit le 2 novembre 2023. Cette tolérance institutionnelle prolongée a contribué à façonner un écosystème dans lequel des réseaux proches d’organisations terroristes désignées ont pu s’implanter, se structurer, puis, désormais, organiser des événements au format parlementaire dans certains des espaces les plus symboliques de la capitale européenne.

Dans ce contexte, le site du congrès ne peut être lu comme un simple outil d’information pratique. Il articule, dans son vocabulaire comme dans ses silences, ce que le dispositif revendique et ce qu’il cherche à normaliser.

Le site du congrès : un texte politique à part entière

La devise programmatique du congrès – « Dismantling Colonial Apartheid : From International Law to Palestinian Liberation » – est d’emblée révélatrice. L’usage du terme « apartheid » appliqué à Israël n’est pas neutre sur les plans juridique et philosophique : il s’inscrit dans une stratégie de délégitimation par analogie, qui consiste à associer l’État d’Israël au régime racial de l’Afrique du Sud pré‑1994 pour en inférer l’illégitimité fondamentale et non la simple réformabilité. La différence est décisive : dans ce cadre, l’« apartheid » n’appelle pas des réformes, mais un « démantèlement ». Le terme anglais dismantling est choisi avec soin : il ne s’agit pas d’amender une politique publique, mais de démanteler un système. Or, dans la rhétorique déployée par le site et les sessions du congrès, ce « système » n’est jamais nettement distingué de l’État israélien comme tel – la lecture qui fait de l’existence même d’Israël l’objet du démantèlement en ressort comme la plus naturelle.

Le site poursuit en ces termes: « As the Global Sumud Flotilla sails toward Gaza, we convene not just to break a siege, but to dismantle the system that created it. This Congress asserts that Palestinian liberation is fundamental to global justice and that the ongoing Nakba must end. » La notion de « ongoing Nakba », traduit ici par « Nakba en cours », est centrale : elle postule une continuité directe entre 1948 et aujourd’hui, en effaçant toute distinction entre la fondation de l’État d’Israël et les opérations militaires actuelles à Gaza. Autrement dit, ce n’est pas tel gouvernement ou telle politique qui est visé, mais la possibilité même d’un État juif, sous quelque forme que ce soit, dans cet espace. 

La page « Agenda » du site mérite, à son tour, une lecture minutieuse. La journée du 22 avril s’articule autour de cinq sessions dont le cadrage idéologique, tel qu’il apparaît dans les intitulés et les descriptifs publiés, ne laisse guère de doute sur la grille de lecture proposée. 

Les deux premières sessions — « Situating Gaza in Broader Palestine : Humanitarian Needs, Service Collapse, and Structural Limits » et « When Systems Fail : Civil Society Steps In » — établissent le cadre humanitaire du dispositif. La première présente la situation de Gaza exclusivement à travers le prisme du « siège » et des « limites structurelles » imputées à Israël, sans la moindre allusion à la responsabilité du Hamas dans la gouvernance du territoire depuis 2007 ni à ses entraves documentées à l’acheminement de l’aide. La seconde pousse la logique plus loin : elle théorise la para‑étaticité des réseaux militants — flottille en tête — appelés à se substituer aux États défaillants dans la définition et la mise en œuvre des réponses dites « humanitaires ».

La Session 3 – « Ending Complicity: Policy Levers on Arms Transfers, Settlements, and Trade » – s’énonce comme une réflexion sur les « leviers de politique » disponibles, mais se présente de facto comme une feuille de route pour l’imposition de sanctions économiques à Israël, formulée en termes législatifs et proposée aux parlementaires comme un agenda d’action directe.

La Session 4 – « Ending Impunity, From Law to Action : The Parliamentary Role in Accountability » – constitue la séquence explicitement consacrée au lawfare : elle vise à mobiliser les ressources judiciaires internationales contre des responsables israéliens, en faisant des parlementaires présents des relais de cette stratégie dans leurs législatures nationales et dans les forums internationaux où ils siègent

La cérémonie de clôture – « Signing of the Brussels Declaration » – constitue l’aboutissement symbolique et pratique de la journée : les participants y signent un texte appelant à l’établissement d’un « UN‑verified humanitarian maritime corridor », présenté comme ancré dans le droit international, le droit de la mer et le Manuel de San Remo. En l’absence de toute précision sur des mécanismes concrets de désarmement ou de contrôle des flux d’armes vers Gaza, une telle configuration reviendrait, dans les faits, à imposer à Israël la levée de son blocus maritime sans contreparties sécuritaires substantielles, au bénéfice direct du Hamas qui contrôle encore aujourd’hui une partie du territoire.

Pris ensemble, ces éléments montrent que le site du congrès ne se contente pas de décrire un événement : il encadre une lecture du conflit qui, par son vocabulaire, ses omissions et la structure d’action qu’il promeut, rejoint plusieurs critères de l’antisémitisme contemporain tels que définis par l’IHRA. C’est à cette dimension structurelle qu’il faut maintenant s’attacher.

Antisémitisme structurel : ce que le congrès produit au-delà de ses déclarations  

À ce stade, l’analyse doit dépasser la simple description. Il ne suffit pas d’inventorier les déclarations les plus choquantes ni de documenter les liens, avérés ou allégués, avec des organisations terroristes. Il s’agit désormais de comprendre la structure profonde du phénomène et les effets qu’il produit, indépendamment des intentions que ses organisateurs revendiquent pour eux‑mêmes.

L’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne a publié le 11 juillet 2024 les résultats de sa troisième grande enquête sur l’antisémitisme en Europe : partout sur le continent, les personnes juives déclarent un nombre d’incidents en forte hausse depuis octobre 2023, certaines organisations communautaires évoquant des augmentations locales de plus de 400%. En France, 1 570 actes antisémites ont été recensés en 2024, un chiffre globalement stable par rapport aux 1 676 de 2023, mais qui représente une multiplication par 3,6 par rapport aux 436 actes de 2022. Comme le souligne le président du CRIF, Yonathan Arfi, « nous sommes désormais sur des chiffres avec un ordre de grandeur qui n’a plus rien à voir avec ceux de 2022 ». En Allemagne, 6 560 incidents à caractère antisémite ont été officiellement enregistrés en 2024 par les autorités, tandis que l’association RIAS en recensait 8 627. 

Ces chiffres ne relèvent pas d’un simple « bruit de fond » conjoncturel. Ils traduisent une transformation structurelle du rapport aux Juifs dans les sociétés européennes, transformation pour laquelle l’événement du 7 octobre 2023 a joué un rôle de révélateur et d’accélérateur. Ils s’expliquent en partie par l’explosion, dans les espaces médiatiques, académiques et politiques, d’une rhétorique génocidaire, « apartheid » et déshumanisante visant Israël, qui rejaillit inévitablement sur les communautés juives. 

La définition de référence en matière d’antisémitisme – la définition opérationnelle de l’International Holocaust Remembrance Alliance (IHRA), adoptée par trente‑cinq États – identifie, parmi les manifestations contemporaines, le fait d’accuser Israël en tant que collectivité du comportement de certains Juifs ; de nier le droit du peuple juif à l’autodétermination en affirmant que l’existence de l’État d’Israël est une entreprise raciste ; d’appliquer à Israël des doubles standards ; de comparer la politique israélienne contemporaine à celle des nazis ; ou encore de tenir les Juifs collectivement responsables des actions de l’État d’Israël. 

Or le congrès que nous examinons, par son titre même (« Dismantling Colonial Apartheid »), par le cadrage de ses sessions, par les déclarations documentées de certains de ses intervenants et par la « Déclaration de Bruxelles » qui en constitue l’aboutissement, réunit plusieurs de ces caractéristiques. Cela ne signifie pas que chacun des participants est antisémite à titre personnel. Cela signifie que la structure de l’événement, son cadrage idéologique et le vocabulaire qu’il mobilise s’inscrivent objectivement dans un corpus qui, au regard de la définition juridiquement opératoire retenue par les démocraties libérales, relève du discours antisémite. 

La littérature en sociologie de la haine décrit un mécanisme que l’on peut appeler « effet de permission sociale » : la normalisation d’un discours radical au sein des élites institutionnelles légitime, en cascade, des comportements de plus en plus violents dans les espaces ordinaires. Lorsqu’un rapporteur spécial de l’ONU – publiquement condamné par la France, l’Allemagne, les États‑Unis et le Canada pour antisémitisme, accusé de comparer Israël au nazisme et d’avoir qualifié le massacre du 7 octobre 2023 d’acte devant être « replacé dans son contexte » alors que les corps étaient encore chauds – prend la parole dans un congrès parlementaire, il ne produit pas seulement un discours : il produit une caution. Il confère à la haine une forme de respectabilité onusienne. 

Ce mécanisme est d’autant plus puissant que la haine antijuive contemporaine en Europe ne prend plus majoritairement la forme du fascisme blanc traditionnel. Elle se manifeste aujourd’hui sous la forme d’un antisionisme radicalisé qui circule dans les milieux de gauche, académiques et militants, et qui bénéficie d’une immunité discursive dont ne jouit plus la haine raciste ordinaire. Quiconque a suivi les campus belges depuis octobre 2023 – campements, résolutions d’associations étudiantes appelant au boycott de conférenciers juifs, professeurs juifs contraints de se taire ou de quitter leurs fonctions – sait que cette haine a une géographie sociale et un style qui n’ont plus rien à voir avec le Front national des années 1980.

L’une des caractéristiques les plus sophistiquées de l’antisémitisme contemporain réside dans l’effacement de la singularité de la menace que représente le 7 octobre pour les Juifs du monde entier. Plusieurs intervenants du congrès – Rima Hassan, Jeremy Corbyn, Francesca Albanese – présentent le massacre comme la conséquence logique, voire comme une réponse « légitime », à une oppression préexistante. Ce faisant, ils nient aux Juifs ce que ces mêmes milieux reconnaissent à la plupart des autres groupes victimisés : le droit à ne pas voir leurs bourreaux excusés, contextualisés et finalement absous. Hassan a qualifié les attaques du 7 octobre de « légitimes », et l’accusation de « porte‑parole du Hamas à Bruxelles » formulée à son encontre par une ministre française illustre le degré auquel l’alignement discursif sur les thèses du Hamas a été documenté, sans avoir jusqu’ici entraîné de dissociation politique.

Il est remarquable – et politiquement éclairant – qu’aucune des sessions du congrès ne mentionne les otages israéliens. Aucune. Pas une ligne. Le site du congrès mentionne avec précision les « 18 500 civils réclamant des soins médicaux spécialisés », mais ignore totalement la réalité des ex-otages et des familles endeuillées. Cet effacement n’est pas un simple oubli : il exprime une hiérarchisation des vies humaines. Il dit que certaines vies comptent, et d’autres non. Lorsque les vies qui ne comptent pas sont exclusivement juives, le terme approprié, au regard même de la définition IHRA, est : antisémitisme.

Les acteurs : capital institutionnel, militant et symbolique du congrès

Pour saisir pleinement la portée de cette architecture discursive, il faut désormais s’arrêter sur quelques‑unes des figures qui l’incarnent et qui lui prêtent, chacune à leur manière, leur capital institutionnel, militant ou symbolique.

En juillet 2025, la Mission américaine auprès de l’ONU déclarait que Francesca Albanese avait « franchi un nouveau palier après des années de comportement antisémite virulent et de biais anti-israélien intransigeant » et que « son antisémitisme malveillant et son soutien au terrorisme la rendent inapte à exercer en tant que rapporteuse spéciale ». Ce jugement n’est pas isolé : la France, l’Allemagne, le Canada, l’Estonie et la Hongrie ont formulé des condamnations officielles comparables. Albanese est ainsi la première titulaire d’un mandat onusien à avoir été désavouée conjointement par des démocraties appartenant à des zones géographiques et des traditions politiques aussi différentes. Sa présence au congrès du 22 avril est stratégiquement indispensable pour ses organisateurs. Elle confère à l’événement une légitimité institutionnelle que ni Lynn Boylan ni Rima Hassan ne peuvent, à elles seules, lui apporter. Dans l’architecture de ce dispositif, Albanese joue le rôle de sceau onusien : sans ce capital institutionnel, le cadrage idéologique du congrès serait plus immédiatement lisible (voir fiche biographique en annexe).

La trajectoire de Jeremy Corbyn est celle d’un compagnon de route qui n’a jamais vraiment voulu intégrer – ou a refusé de reconnaître – la différence entre le soutien à une cause et la caution apportée à des acteurs criminels. Son dossier inclut l’invitation de représentants du Hamas et du Hezbollah à s’exprimer au Parlement britannique, désignés comme « amis » ; la défense publique d’une fresque jugée antisémite ; et une fréquentation répétée d’activistes ou de conférenciers aux propos explicitement antijuifs. L’enquête indépendante publiée en 2020 par l’Equality and Human Rights Commission a conclu que le parti travailliste britannique avait enfreint la loi anti‑discrimination britannique en matière d’antisémitisme. Sa présence à Bruxelles s’inscrit dans la continuité logique d’une vie politique marquée par une ambiguïté systématique vis‑à‑vis du terrorisme islamiste et des expressions contemporaines de la haine d’Israël.

Rima Hassan est sous le coup de poursuites pour apologie du terrorisme en France, à la suite de déclarations établissant un parallèle entre l’attaque du 7 octobre et « l’intensification de la politique d’occupation israélienne ». Elle a qualifié ces attaques de « légitimes » et a participé à des manifestations pro‑Hamas en Jordanie. En octobre 2025, elle relaie sur les réseaux sociaux des accusations de vol d’organes palestiniens par Israël – réécriture contemporaine d’un des plus anciens tropes antisémites de l’histoire européenne, celui du « crime rituel », dont la structure narrative demeure identique : les Juifs sont accusés de prélever des corps ou des organes de non‑Juifs à des fins secrètes. Que cette accusation soit reformulée dans un vocabulaire médico‑juridique ne change rien à sa généalogie ni à sa fonction.

La présence d’Alexis Deswaef illustre l’un des phénomènes les plus insidieux et les plus difficiles à combattre : la capture partielle des institutions de défense des droits humains par des acteurs dont l’agenda effectif est la délégitimation d’Israël. La FIDH est une organisation dont l’histoire et la vocation sont, en elles‑mêmes, respectables. Mais Al‑Haq, ONG palestinienne qui en est l’un des membres les plus influents, est désignée organisation terroriste par Israël pour ses liens avec le FPLP et a soumis, en 2022, un rapport au Conseil des droits de l’homme de l’ONU niant le droit à l’existence d’Israël, ce que de nombreux observateurs qualifient d’antisémite. Lorsque le président de la FIDH qualifie Israël de « pays génocidaire » sur les ondes d’une radio publique belge, il ne se contente pas de choisir un camp dans un conflit : il alimente une atmosphère de délégitimation qui se traduit, en cascade, par des agressions dans les transports en commun bruxellois, des tags sur les synagogues et des enfants juifs qui n’osent plus porter leur étoile de David à l’école. 

Au‑delà de ces figures emblématiques, le Global Sumud Parliamentary Congress aligne toute une série de profils dont la présence contribue à densifier son capital institutionnel : trois autres rapporteurs spéciaux de l’ONU (Michael Fakhri, Pedro Arrojo‑Agudo, Surya Deva), une ministre en exercice du gouvernement espagnol (Sira Rego), d’anciens membres de l’exécutif (Irene Montero), des responsables palestiniens de premier plan (Mustafa Barghouti), ainsi qu’un faisceau d’eurodéputés issus notamment de France et de Belgique. Pris ensemble, ces acteurs ne changent pas seulement l’échelle de l’événement : ils renforcent le message implicite selon lequel la lecture proposée par le congrès bénéficierait d’un adossement onusien et européen de plein exercice. En fin d’article, des fiches biographiques synthétiques sont annexées ; elles présentent, pour un ensemble plus large de participants, les éléments publics pertinents – parcours institutionnel, prises de position documentées, inscription dans des réseaux militants ou onusiens – qui permettent de comprendre comment chacun contribue, à sa manière, à la légitimation du dispositif.

La mécanique de normalisation : quatre mouvements articulés

Cet événement ne peut être compris isolément. Il s’inscrit dans une stratégie qui a été théorisée, développée et mise en œuvre méthodiquement depuis plusieurs années, et dont il constitue un stade d’aboutissement particulièrement avancé.Cette stratégie comporte quatre mouvements distincts que l’on peut identifier avec précision.

Premier mouvement : la captation du vocabulaire des droits humains. Depuis une vingtaine d’années, des organisations liées ou proches de groupes terroristes ont compris que le lexique des droits humains, du droit international humanitaire et de l’anticolonialisme constituait un espace discursif stratégique à investir. Elles y ont introduit des catégories qui permettent de reformuler la violence politique en termes de « résistance » et de « lutte de libération » : le meurtre de civils devient une « réponse à l’occupation », la prise d’otages une « opération de libération », et jusqu’aux violences sexuelles documentées du 7 octobre qui se voient, dans certaines franges du discours militant, minimisées ou contestées dans leur réalité même.

Deuxième mouvement : la construction d’un hub institutionnel. Le Global Sumud Parliamentary Congress réunit sous un même toit des institutions et des acteurs qui, en temps normal, n’auraient aucune raison de se côtoyer : rapporteurs spéciaux de l’ONU, membres du Parlement européen, ministres en exercice, juristes du barreau de Bruxelles, militants issus d’organisations désignées terroristes et coordinateur d’une flottille documentée comme opération du Hamas. S’y ajoute un responsable politique palestinien de premier plan, Mustafa Barghouti, présenté comme secrétaire général de l’Initiative nationale palestinienne, qui apporte au dispositif la respectabilité d’une représentation politique « nationale » dans un cadre pourtant structuré autour d’une flottille liée au Hamas.

Troisième mouvement : le blanchiment d’image. La présence de Greta Thunberg sur la flottille de 2025, celle de Cecilia Strada – héritière d’une grande ONG humanitaire italienne – au congrès de 2026, répond à une fonction précise : doter l’ensemble du dispositif d’un « bouclier » humanitaire. Quiconque pointe les liens documentés entre la flottille et le Hamas se voit immédiatement renvoyé à une critique supposée de l’écologie ou de l’humanitaire en tant que tels. Le capital moral attaché à ces figures est mobilisé comme ressource de disqualification préventive des critiques. Le fait que des figures issues de gouvernements ou de forces politiques censées incarner la « gauche des droits humains » – comme Sira Rego, Irene Montero, Manon Aubry ou Marc Botenga – s’agrègent, elles aussi, à ce dispositif accentue encore cette dynamique : il devient d’autant plus difficile de distinguer, dans l’espace public européen, ce qui relève de l’anticolonialisme et du militantisme humanitaire, et ce qui participe en réalité à la normalisation de l’hostilité antijuive.

Quatrième mouvement : la pression normative directe. L’objectif ultime du congrès n’est pas seulement symbolique : il est législatif et judiciaire. Les sessions sont structurées pour produire des engagements concrets – parlementaires s’engageant à déposer des projets d’embargo sur les armes à destination d’Israël, renforcement des dossiers devant la Cour pénale internationale, préparation de contentieux devant des juridictions nationales – et pour doter la « Déclaration de Bruxelles » d’une signature collective exploitable dans les fora internationaux.

Ces quatre mouvements – captation du vocabulaire, hub institutionnel, blanchiment d’image, pression normative – ne sont pas abstraits : ils s’agrègent dans un lieu concret, avec des autorités concrètes. En l’occurrence, la Belgique et les institutions européennes.

La responsabilité des institutions belges et européennes

J’ai montré ailleurs – notamment dans « L’érosion silencieuse de la vie juive en Belgique » (Tribune Juive) et « La Belgique docile : l’angle mort de Liège » – comment l’État belge oscille entre proclamations solennelles contre l’antisémitisme et tolérance pratique de dispositifs qui contribuent à le banaliser. Le cas présent en offre une illustration particulièrement aboutie.

La question du lieu est emblématique : il est fort probable que le Square Brussels Convention Centre —situé au Mont des Arts, à deux pas du Parlement européen — géré par GL Events, groupe français coté en bourse, soit le site retenu. Il accueille chaque année des centaines de congrès scientifiques, professionnels et politiques. La question se poserait alors : la direction de GL Events et les autorités belges compétentes ont-elles vérifié, avant d’accorder la mise à disposition de cet espace, l’identité des participants, les affiliations de l’organisatrice principale, et les liens documentés entre la flottille associée et le Hamas ? Si la réponse est non, la défaillance de vérification constitue une négligence grave. Si la réponse est oui, le choix de laisser l’événement se tenir constitue une décision politique dont les décideurs doivent assumer publiquement la responsabilité. La question des ressources institutionnelles européennes est également en suspens. Lynn Boylan, organisatrice principale du congrès, est présidente de la délégation du Parlement européen pour les relations avec la Palestine. Ce mandat lui confère accès à des ressources institutionnelles — budget, personnel, espaces, crédibilité — que le Parlement européen finance avec les deniers publics des vingt-sept États membres, dont les contribuables juifs et non-juifs de l’ensemble de l’Union. La question de savoir si ces ressources ont servi, même indirectement, à l’organisation de cet événement n’est pas une question rhétorique. C’est une question de droit, à laquelle les instances de contrôle du Parlement européen doivent apporter une réponse formelle.

Les autorités belges et européennes portent dans cette affaire une responsabilité qu’il serait intellectuellement malhonnête de ne pas nommer. Sept questions – quatre adressées aux premières, trois aux secondes – appellent des réponses institutionnelles formelles, de préférence avant, et non après, la tenue de l’événement. L’urgence n’est pas conjoncturelle : elle est structurelle.

Aux autorités belges :

  1. Quelle autorité administrative ou politique a autorisé la tenue de cet événement, dans quel lieu précis, et sur la base de quelles vérifications préalables concernant l’identité et les antécédents de ses organisateurs et principaux intervenants ?
  2. Les services de renseignement belges compétents (CUTA, Sûreté de l’État) ont‑ils été consultés avant que l’autorisation soit accordée, en particulier au regard des liens documentés entre le coordinateur de la flottille associée et des structures affiliées au Hamas, tels que mis en avant dans des documents officiels israéliens ?
  3. Les gestionnaires privés et publics des centres de congrès bruxellois ont-ils été informés, préalablement à toute mise à disposition d’espaces, de l’identité des participants, des affiliations de l’organisatrice principale et des liens documentés entre la flottille associée et le Hamas – et, dans l’affirmative, quels contrôles internes oint été mis en œuvre ?
  4. Quelle est la position du gouvernement fédéral sur l’organisation, sur sol belge, d’un congrès dont l’organisatrice principale coordonne simultanément une opération maritime dont les liens avec le Hamas ont été établis par des sources officielles étrangères ? Et, le cas échéant, comment cette position a‑t‑elle été communiquée aux citoyens juifs de Belgique, dont la sécurité est directement affectée par ce type de signaux ?

Aux institutions européennes :

  1. Le Parlement européen a‑t‑il, de manière directe ou indirecte, mis à disposition des ressources institutionnelles (budget, personnel, infrastructures, services de communication) pour l’organisation de cet événement ? Si oui, sur quelle base juridique et après quelle procédure de validation politique ou administrative ?
  2. La délégation parlementaire pour les relations avec la Palestine – dont la présidence est assurée par l’organisatrice principale du congrès – fait‑elle l’objet d’un contrôle effectif de conformité avec les valeurs et les règles internes du Parlement européen, notamment en matière de lutte contre l’antisémitisme et de prévention des conflits d’intérêts ?
  3. Quelles mesures structurelles les instances de gouvernance du Parlement européen et des autres institutions de l’Union envisagent‑elles pour éviter qu’à l’avenir, des mandats institutionnels européens puissent être utilisés pour légitimer des événements dont les participants incluent des personnalités liées à des organisations terroristes désignées ?

L’histoire longue de l’antisémitisme européen

L’historien qui, dans cinquante ans, étudiera la trajectoire de l’antisémitisme en Europe dans la première moitié du 21ème siècle, trouvera dans la séquence octobre 2023 – printemps 2026 l’une des périodes les plus éclairantes. Non parce que la haine antijuive y aurait atteint l’intensité des pires moments du siècle précédent – elle ne l’a pas fait – mais parce qu’elle y a acquis une respectabilité institutionnelle sans précédent depuis la Shoah. Ce qui se joue le 22 avril 2026 à Bruxelles n’est pas un rassemblement marginal : c’est un événement co‑organisé par un membre du Parlement européen, accueillant des rapporteurs spéciaux de l’ONU, des ministres en exercice et des dizaines de parlementaires de plusieurs continents, produisant un document – la Déclaration de Bruxelles – destiné à circuler dans les instances internationales. Il est synchronisé avec la plus grande opération maritime civile de l’histoire visant à rompre le blocus de Gaza, dont le coordinateur est documenté comme agent du Hamas. Il se tient dans la capitale de l’Union européenne, à deux pas des institutions qui sont censées défendre les droits fondamentaux de l’ensemble des citoyens européens, y compris les trois millions de Juifs qui y résident.

Le phénomène que ce congrès illustre n’est pas nouveau dans son fond. La haine des Juifs a toujours su se vêtir du costume de son époque : théologique au Moyen Âge, racialiste au 19ème siècle, national-socialiste dans la première moitié du 20ème siècle, antisioniste radicalisée au début du 21ème siècle. Sa structure logique reste identique : les Juifs — ou l’État qui les incarne — sont désignés comme la source de tous les maux, sont tenus à des standards que nul autre peuple ou État ne se voit imposer, et sont l’objet d’une hostilité qui transcende tout bilan factuel et toute argumentation rationnelle.

La communauté juive d’Europe — dont j’ai pu mesurer, au fil de nombreux travaux et témoignages, la détresse croissante face à une hostilité qui s’immisce désormais dans tous les espaces de la vie sociale, des universités aux transports en commun, des réseaux sociaux aux salles de rédaction — a le droit d’exiger des réponses claires. Pas des déclarations de principe. Des réponses.

S’il fallait conclure

Le Global Sumud Parliamentary Congress du 22 avril 2026 à Bruxelles est une opération politique sophistiquée. Il ne se présente pas, en surface, comme une manifestation de haine : il emprunte les codes de la conférence académique, du forum de droits humains et du plaidoyer humanitaire. C’est précisément ce qui en fait la dangerosité. Il produit et diffuse une idéologie antisémite en mobilisant la légitimité des institutions qui l’accueillent et le capital symbolique des personnalités qui y prennent la parole, tout en se drapant dans le langage du droit international et de la solidarité avec les victimes.

Ce congrès marque ainsi un tournant. Ce qui se joue le 22 avril 2026 au cœur de la capitale de l’Union européenne n’est pas un événement marginal, tenu dans une arrière‑salle militante. C’est un congrès parlementaire co‑organisé par une élue européenne, soutenu par des détenteurs de mandats onusiens, investi par des ONG internationales de droits humains et enlacé à une flottille dont le coordinateur est documenté comme opérateur d’une structure affiliée au Hamas. Il aboutit à un texte – la « Déclaration de Bruxelles » – conçu pour circuler comme référence dans les fora internationaux et servir de base à des démarches judiciaires et législatives. La haine antijuive n’y est plus seulement tolérée : elle est habillée, structurée, rendue présentable.

Nommer ce congrès pour ce qu’il est n’a rien d’une outrance polémique. Ce n’est pas une « opinion », encore moins un réflexe communautaire. C’est l’application, à un cas concret, des critères que les démocraties libérales se sont elles‑mêmes donnés pour reconnaître l’antisémitisme contemporain et s’en prémunir. Si la définition IHRA et les instruments qui l’accompagnent ont un sens, ils doivent s’appliquer ici. S’ils ne s’appliquent pas à un dispositif qui coche, méthodiquement, plusieurs de leurs exemples de référence, alors ils deviennent lettre morte. Les Juifs d’Europe, qui voient monter simultanément les statistiques d’agressions et la respectabilité institutionnelle des discours qui les visent, ne s’y trompent pas.

La séquence bruxelloise éclaire avec une brutalité particulière le rôle des institutions belges et européennes. Un État qui se veut de droit ne peut pas, d’un côté, proclamer sa détermination à combattre l’antisémitisme, et de l’autre laisser se tenir, dans les espaces les plus symboliques de sa capitale, un dispositif qui en normalise les formes contemporaines au nom des droits humains. Le silence, ici, ne serait pas neutralité : ce serait un choix. Or l’histoire européenne a montré combien les choix des institutions, lorsqu’il s’est agi des Juifs, ont pesé lourd – et durablement – sur la trajectoire de la haine et sur la possibilité même d’une vie juive digne et sécurisée sur le continent.

« Un vieux mal ressurgit en Europe », disait-on à Bruxelles en décembre 2023. Il ne ressurgit pas seul :il est invité, organisé, institutionnalisé et applaudi dans les couloirs du pouvoir européen. Documenter ce phénomène et le rendre public ne relèvent pas du luxe intellectuel : ce sont, pour les Juifs d’Europe comme pour quiconque prend au sérieux la promesse démocratique, des exigences politiques minimales.

© Fundji Benedict 2026


Sources et références

Institutions et rapports officiels: Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne (FRA), Enquête sur la discrimination et les crimes de haine à l’encontre des personnes juives dans l’UE (2024) · FRA, Antisemitism Overview 2022 (19e édition, 2023) · Rapport des Assises de lutte contre l’antisémitisme, DILCRAH/Ministère français de l’Éducation nationale, 28 avril 2025 · CRIF / SPCJ, Rapport annuel sur les chiffres de l’antisémitisme en France 2024 (janvier 202() · Mission américaine auprès de l’ONU, Déclaration sur le mandat d’Albanese (juillet 2025) · Equality and Human Rights Commission, Investigation into antisemitism in the Labour Party (octobre 2020) · Ministère israélien des Affaires étrangères, Documents PCPA découverts à Gaza (30 septembre 2025)/ Médias et sources vérifiées: Euronews · The Times of Israel · The Jerusalem Post · Haaretz · Ynet News · RTBF · Le Monde · Algemeiner · JNS · Middle East Eye · Democracy Now · JFeed · APL EU/ Organismes de suivi et d’expertise : UN Watch · NGO Monitor · ADL (Anti-Defamation League) · Canary Mission · MEMRI/ Sources primaires: Site officiel du congrès (gscongress.org) · Communiqué officiel du Global Sumud Parliamentary Congress (16 avril 2026) · Site du Global Sumud Flotilla (globalsumudflotilla.org) · Registres officiels espagnols de Cyber Neptune SL ·, articles vérifiés sur Sumud, Samidoun, PCPA.


Annexe – Fiches biographiques des principaux intervenants

Les fiches qui suivent présentent, pour un ensemble de participants au Global Sumud Parliamentary Congress et à la flottille associée, des éléments biographiques et documentaires issus de sources publiques vérifiables. Elles ne prétendent pas à l’exhaustivité, mais visent à éclairer le capital institutionnel, militant ou symbolique que chacun apporte à l’architecture du dispositif.

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