Un soldat français a été tué au Liban. Par Jean-Charles Openintel

Un soldat français de la FINUL est mort au Liban. Et derrière ce drame, une question se pose : à quoi sert concrètement la ligne diplomatique française dans la région ? Emmanuel Macron a lui-même annoncé qu’un militaire français avait été tué, que trois autres avaient été blessés, et que tout laissait à penser que le Hezbollah était responsable.

Il faut être clair sur un point. Il ne s’agit pas de dire qu’une déclaration de Paris aurait, à elle seule, provoqué cette attaque. Ce serait absurde. Mais il y a une réalité qu’on ne peut pas contourner : la ligne française, telle qu’elle est conduite aujourd’hui, ne dissuade rien, ne protège rien et ne change rien. Un soldat français a été tué, et ce fait suffit à montrer l’échec concret de cette posture.

Depuis des mois, Emmanuel Macron multiplie les prises de position contre Israël, pendant qu’il traite le Hezbollah et ses soutiens avec une prudence autrement plus grande. Ce contraste n’a rien d’imaginaire. Il est visible, constant, et parfaitement compris sur le terrain.

Au Moyen-Orient, les postures ne valent rien. Ce qui compte, c’est la cohérence, la force et la crédibilité. Or la ligne française montre exactement l’inverse : une diplomatie prompte à faire la leçon à un allié, mais incapable d’affronter clairement une organisation terroriste qui impose sa loi sur le terrain, à commencer par le Hezbollah.

Et pendant ce temps, la France engage ses soldats via la FINUL dans une zone où ce même Hezbollah est implanté, armé et organisé. Tout le problème est là. La prudence française peut bien être justifiée par l’exposition de ses militaires : cela ne change rien au résultat. Paris assume les risques sans créer le moindre rapport de force. La France expose ses hommes, mais reste sans prise réelle sur l’acteur [Hezbollah] qui domine le terrain. C’est une politique à la fois faible et stérile.

Le tweet de Macron résume à lui seul cette faillite. Il dit que tout laisse à penser que le Hezbollah est responsable, puis appelle les autorités libanaises à arrêter les coupables et à prendre leurs responsabilités. Autrement dit, il désigne une organisation terroriste comme auteur probable, puis s’en remet à un État libanais qui n’a ni l’autorité ni les moyens d’imposer sa loi au Hezbollah dans les zones où celui-ci opère. Ce n’est pas de la fermeté. Ce n’est même pas de la lucidité. C’est de l’impuissance maquillée en discours officiel.

Ce drame donne aussi à Macron un aperçu, certes partiel mais bien réel, de la nature de la menace que représente le Hezbollah : une organisation terroriste armée, enracinée, qui se moque des résolutions, des protestations et des formules creuses. La France n’est pas Israël, et elle n’a ni les mêmes moyens ni les mêmes contraintes. Mais le problème ne tient pas seulement aux moyens ni aux contraintes. Il tient à la pratique diplomatique d’Emmanuel Macron, qui privilégie la posture, la médiation de façade et la déclaration solennelle là où la situation exige un rapport de force crédible. Et tant que cette logique dominera, les résultats seront les mêmes : du bruit, des gestes symboliques, et aucune prise sur le réel.

Une politique étrangère se juge à ses effets. Et ici, le constat est accablant : presque aucune capacité de dissuasion face au Hezbollah, et aucun levier réel sur l’autre acteur du pays, l’État libanais, dont l’impuissance face à cette organisation rend les injonctions françaises largement creuses. La réaction de l’Élysée après l’attaque en est l’illustration parfaite : constater, condamner, exiger, puis s’en remettre à d’autres. Autrement dit : parler, puis subir.

La France continue de se présenter comme une puissance d’équilibre. Mais sous Emmanuel Macron, elle apparaît surtout au Moyen-Orient comme une puissance sans colonne vertébrale, qui multiplie les condamnations, les injonctions et les médiations sans créer le moindre rapport de force crédible, et dont la ligne n’inspire plus ni crainte chez ses ennemis, ni confiance chez ceux qu’elle prétend encore influencer, à commencer par Israël. De crise en crise, sa parole ne protège pas ses soldats, ne dissuade pas ses adversaires et n’impose aucun résultat politique réel. Ce n’est plus une diplomatie d’équilibre. C’est une diplomatie d’effacement.

© Jean-Charles OpenIntel

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