Marine le Pen reçue par l’ambassadeur d’Israël en France: la fin d’un tabou ou le début d’un vertige?

La rencontre discrète entre Marine Le Pen et l’ambassadeur d’Israël en France illustre à la fois une normalisation progressive des relations avec le Rassemblement national. La rencontre discrète entre Marine Le Pen et l’ambassadeur d’Israël en France illustre à la fois une normalisation progressive des relations avec le Rassemblement national.

La rencontre discrète entre Marine Le Pen et l’ambassadeur d’Israël en France marque un tournant silencieux. Derrière le geste diplomatique, trois mouvements s’entrelacent : une rupture symbolique avec un interdit historique, une recomposition stratégique des alliances, et une question brûlante: que devient une mémoire quand elle entre en politique ?

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Il y a des images qui n’existent pas et pourtant, elles font date: la réception de Marine Le Pen par l’ambassadeur d’Israël appartient à cette catégorie. Une scène invisible, mais dont la portée est immédiatement lisible, car ce qui s’est joué là n’est pas une rencontre, c’est un seuil.

Pendant des décennies, une ligne rouge structurait la vie politique française : l’extrême droite, héritière, réelle ou supposée, d’un antisémitisme historique, restait tenue à distance des institutions juives et de l’État d’Israël.

Ce mur n’était pas seulement politique. Il était moral.

Voilà que ce mur vient de se fissurer. Sans déclaration officielle. Sans photographie. Mais avec un effet immédiat : l’impensable est devenu praticable.

Si ce n’est pas encore une normalisation, il y va peut-être de quelque chose de plus subtil : une déprohibition.

Car dans le même mouvement, une autre logique s’impose. Depuis le 7 octobre, les lignes ont bougé. Le clivage central n’est plus celui d’hier. Il se redessine autour d’un autre axe : rapport à Israël, à l’islamisme, à la sécurité.

Dans cette nouvelle géographie, certains acteurs jusque-là incompatibles deviennent, sinon alliés, du moins fréquentables.

Côté israélien, il s’agit d’élargir le spectre des soutiens en Europe. Côté Rassemblement national, d’achever une mue : passer de la marginalité à la respectabilité internationale.

Ce qui se joue ici est classique en diplomatie : les intérêts redéfinissent les fréquentations.

Mais ce qui est inédit, c’est la vitesse et le silence.

Reste alors la question que personne ne peut éluder: que signifie cette rencontre pour la mémoire ? Peut-on, au nom d’une convergence stratégique présente, suspendre le poids d’un passé encore proche ? Peut-on dissocier totalement un parti de son histoire, ou décide-t-on simplement de ne plus la regarder ?

La vraie fracture est là, qui ne passe pas entre la droite et la gauche, mais traverse les consciences.

Ces recompositions accélérées… sont-elles la fin du refus obstiné, au nom d’un passé figé, de voir les mutations réelles.

La rencontre avec Marine Le Pen dit quelque chose de nous. Elle interroge notre capacité à penser ensemble la mémoire et le présent, à tenir une ligne sans devenir aveugle, à évoluer sans se renier.

Nous voilà face à un test.

© Sarah Cattan


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