Du Mémorial du Martyr Juif Inconnu au Mémorial de la Shoah

En 2026, le Mémorial de la Shoah célèbre les 70 ans de la création du Mémorial du Martyr Juif Inconnu, inauguré à Paris le 30 octobre 1956. Un anniversaire qui rappelle combien la mémoire des victimes juives de la Seconde Guerre mondiale demeure une exigence historique et morale.
À l’origine de ce projet, un homme : Isaac Schneersohn. Réfugié en France, il comprend très tôt la nécessité de rassembler les preuves de la persécution des Juifs et de préserver la mémoire des disparus. En 1943, en pleine Occupation, il fonde à Grenoble le Centre de documentation juive contemporaine (CDJC), avec pour ambition de collecter archives et témoignages sur les crimes nazis.
Après la guerre, il poursuit son combat pour donner aux victimes un lieu de mémoire digne de leur tragédie. La première pierre du Mémorial est posée le 17 mai 1953, à Paris, sur un terrain mis à disposition par la Ville. Trois ans plus tard, le Mémorial du Martyr Juif Inconnu est inauguré rue Geoffroy-l’Asnier, dans le quartier du Marais.
Au lendemain de la Shoah, alors que les survivants tentent de reconstruire leur vie et que les familles portent le poids de l’absence, ce lieu répond à une nécessité fondamentale : ne pas laisser les victimes disparaître une seconde fois dans l’oubli. Il devient un espace de recueillement, mais aussi un centre de documentation et de connaissance historique.
En 2005, le lieu prend le nom de Mémorial de la Shoah, affirmant plus largement ses missions de conservation des archives, de recherche, d’éducation et de transmission. Il constitue aujourd’hui un centre de référence pour comprendre la persécution et l’extermination des Juifs d’Europe.
Pour célébrer cet anniversaire et revenir sur cette histoire, le Mémorial de la Shoah propose également un rendez-vous le dimanche 29 novembre 2026, de 14 h 30 à 16 h 30. Cette rencontre sera l’occasion de découvrir ou de redécouvrir les origines du Mémorial, à travers ses archives et les interventions d’historiens. Une manière de rappeler que derrière ce lieu se trouvent des femmes et des hommes qui ont fait de la mémoire un engagement de toute une vie.
L’entrée est gratuite, sur réservation.
Soixante-dix ans après son inauguration, sa mission demeure essentielle. À mesure que disparaissent les derniers témoins directs, la responsabilité de transmettre leur parole devient plus pressante. Face à la résurgence de l’antisémitisme, aux tentatives de falsification de l’histoire et à la banalisation de la haine, le travail de mémoire ne peut se limiter à la commémoration.
Se souvenir, c’est rendre justice aux victimes. C’est aussi éclairer le présent et rappeler que la connaissance de l’histoire constitue un rempart indispensable contre l’oubli et la négation.
De 1956 à 2026, l’héritage d’Isaac Schneersohn se poursuit : faire vivre la mémoire des disparus et transmettre, sans relâche, la vérité de leur histoire aux générations futures.
Sylvie Bensaid

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