Bilan humain et durcissement de la répression
De nombreux rapports concordants font état de la mise en place d’un véritable état de siège de facto à travers le pays. Les autorités ont instauré des restrictions nocturnes de circulation, multiplié les checkpoints, procédé à des contrôles systématiques des véhicules, renforcé la surveillance des communications et intensifié la vérification des téléphones portables.
Des informations signalent également des raids dans des domiciles privés, ainsi que la collecte et la destruction de paraboles satellites dans les quartiers de Vanak et Mirdamad à Téhéran, accompagnées d’un contrôle accru des zones résidentielles.
Par ailleurs, un déploiement massif des forces de sécurité est rapporté, avec l’usage de gaz lacrymogène et de grenades assourdissantes. À Vakilabad, l’avancée progressive des unités de répression a rendu tout rassemblement public extrêmement difficile.
Dans plusieurs villes, notamment à Semnan, Fasa et Zarghan, des témoignages font état d’un renforcement de l’état de siège, de restrictions sévères de circulation, de l’autorisation de tirer, ainsi que de la fermeture des entrées et sorties urbaines.
19ᵉ jour du soulèvement : affrontements et combats de rue
Les mercredi et jeudi 14 et 15 janvier, de nombreuses villes iraniennes ont été le théâtre de violents affrontements opposant les jeunes insurgés et la population révoltée aux forces de répression.
Le soulèvement populaire se poursuit dans plusieurs régions
- Téhéran : des rapports répétés font état de rafales de tirs durant plusieurs heures dans l’ouest de la capitale, ainsi que d’affrontements dans les quartiers de Narmak, Enghelab, Shoosh, Molavi, Tehranpars et Sadeghieh.
- Rafsandjan, jeudi soir le 15 janvier : affrontements et courses-poursuites courageuses entre les insurgés et les forces armées de l’unité spéciale.
- Rafsandjan, jeudi soir le 15 javier : un établissement bancaire du régime, accusé de prédation économique, a été incendié par les insurgés.
- Rafsandjan, mercredi soir le 14 janvier : le bureau de poste du régime a été incendié par de jeunes insurgés.
- Rafsandjan, mercredi soir le 14 janvier : le siège du Comité de secours de Khomeiny a été incendié par les insurgés.
- Gonbad-e Kavous, mercredi soir le 14 janvier : combats courageux entre les insurgés et les forces de l’unité spéciale dans les rues de la ville.
- Langaroud, jeudi 15 janvier : combats de rue et courses-poursuites entre les insurgés et les forces armées de l’unité spéciale.
- Machhad, mercredi soir le 14 janvier : affrontements héroïques des insurgés avec les forces sanglantes de l’unité spéciale sur le boulevard Daneshjou.
- Ispahan, mercredi soir le 14 janvier : combats courageux des insurgés contre les forces de l’unité spéciale à Malekshahr et dans la rue Motahari, accompagnés de slogans « Mort à Khamenei ».
- Karaj, mercredi soir le 14 janvier : résistance courageuse des insurgés à Hesarak et affrontements avec les forces de l’unité spéciale.
- Kermanshah, mercredi soir le 14 janvier : combats barricade par barricade entre les insurgés et les forces de l’unité spéciale et des Gardiens de la révolution.
- Ilam, mercredi soir le 14 janvier : affrontements de rue entre les insurgés, les forces armées de l’unité spéciale et les milices des Gardiens de la révolution.
Conclusion – Point de situation
Le soulèvement et les affrontements se poursuivent à travers le pays. Toutefois, dans de nombreuses régions, leur forme a évolué : les grands rassemblements ont progressivement cédé la place à des courses-poursuites localisées, des affrontements dispersés, ainsi qu’à des actions de protestation nocturnes et de quartier.
Constat général : le soulèvement demeure actif et résilient. Le régime a engagé une répression dure et généralisée, sans pour autant parvenir à exercer un contrôle total sur la situation.
© Hamid Enayat

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