
Mercredi 23 septembre, 17e chambre correctionnelle de Paris. Barbara Lefebvre répond de deux déclarations tenues sur i24NEWS en février 2025, où elle jugeait les civils de Gaza « autant responsables » que le Hamas et appelait à « vider Gaza ». Le parquet requiert huit mois de prison avec sursis et 4 000 euros d’amende. Devant le tribunal, l’accusée a soutenu qu’elle visait les auteurs du 7 octobre 2023, non l’ensemble de la population gazaouie ; le procureur a répondu que la formulation employée ne permettait aucune restriction de ce genre. Le jugement sera rendu le 13 novembre.
Un an et quatre mois plus tôt, une autre sortie avait suivi un chemin inverse. Le 17 octobre 2023, interrogée sur Sud Radio, Danièle Obono avait fini par qualifier le Hamas de « mouvement de résistance ». Gérald Darmanin avait saisi la justice pour apologie du terrorisme le jour même. Le 30 janvier 2025, la procédure est classée sans suite. Le même jour, le dossier ouvert contre Mathilde Panot pour le communiqué publié par son groupe parlementaire le 7 octobre 2023 connaît la même issue ; le texte décrivait le massacre du Hamas comme une « offensive armée de forces palestiniennes ».
Un troisième dossier éclaire le lot. Le 8 septembre 2024, place de la Nation, Elias d’Imzalène — militant proche des Frères musulmans, rallié depuis 2022 à LFI et soutenu en garde à vue par la députée Ersilia Soudais — lance : « Est-ce qu’on est prêt à mener l’intifada dans Paris ? Dans la banlieue ? Dans nos quartiers ? » Le mot n’est pas une figure de style. La seconde intifada, celle de 2000 à 2005, a tué environ un millier d’Israéliens, en majorité des civils, par vagues d’attentats-suicides dans les bus, les marchés, les restaurants. Le parquet requiert huit mois. Le tribunal, le 19 décembre 2024, en prononce cinq, avec sursis. Elias d’Imzalène sort de la salle et fait le V de la victoire.
Cinq mois avec sursis pour un appel à importer une méthode qui a fait des centaines de morts juifs. Huit mois requis contre une chroniqueuse pour deux phrases sur un plateau.
Faisons confiance aux juges du siège : eux, au moins, devront motiver leur décision.
Paul Germon

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