
Monsieur le ministre de l’Intérieur, en vous soumettant à l’Islam comme vous l’avez fait dans cette mosquée, Vous nous avez trahis.
Ce voile islamique pubère qui cache la forêt…

Le ministre de l’Intérieur français a fait un discours plus que remarqué le 12 mars à la grande mosquée de Paris pour la 5ème édition de l’Iftar. Est-ce de sa propre initiative ou une communication de l’Élysée ?
« Je ne serai pas celui qui ira expliquer, à des filles mineures, qu’en portant le voile, elle menace le « vivre-ensemble républicain »… « Et tu sais, mon cher Chems (N.D.L.R Chems-Eddine Mohamed Hafiz est le recteur de la grande mosquée de Paris), combien le président de la République est attaché à développer l’islam en France… »
Sa prise de position islamique est une grave erreur pour notre nation et son histoire, son esprit islamisé est un réel danger pour notre société gangrénée par cet islam conquérant.
Comment peut-on être à ce point inconscient, incapable de voir la pieuvre islamique se répandre sur nos terres chrétiennes année après année sans aucun frein, plus grave, avec la complicité de nos dirigeants depuis quarante-cinq ans.
La conquête islamique en 2026 passe en priorité par les esprits malléables, facilement « endoctrinables » comme chez les enfants, dans les domaines du sport, de l’éducation ou dans certaines associations en mission pour cette idéologie mortifère, et elle est largement aidée par les discours comme celui de ce ministre de l’intérieur, qui, dois-je vous le rappeler, a été le patron du contre-espionnage français, de la célèbre DGSI!!!!
Accepter le voile islamique chez les enfants est aussi grave que ceux qui ont donné les clés de la France aux nazis !!!
Mais il n’est pas le seul, loin de là, ce discours de soumission est très largement soutenu, repris par une partie de cette gauche bien-pensante qui nourrit depuis des décennies le monstre qui va la dévorer s’il prend le pouvoir…
Cette gauche, bête, lâche et soumise, qui ne veut que la disparition de ce que nous sommes, pense que le vivre-ensemble peut fonctionner avec une contre-culture qui ne veut que nous remplacer. Cette gauche restera dans l’histoire comme ceux qui ont fait allégeance aux Allemands une fois l’Armistice signée le 22 juin 1940.
Cette gauche bête, lâche et soumise, est aussi la responsable de la fracture de notre société qui nous amènera inexorablement vers des affrontements inter-religieux…
La question fondamentale aujourd’hui n’est pas s’ils auront lieu mais quand ils se produiront : nous avons tous les ingrédients pour une libanisation de notre société qui se met en place tranquillement.
J’ai été militaire au début des années 80 et durant vingt ans, avec des Karim , des Rachid, des David, des Jean, des Marcel, nous étions tous sous le même uniforme, le même béret (rouge en l’occurrence), nous avions le même projet, le même amour de la France.
Juifs, Chrétiens, Musulmans ou athées étions unis par le goût de l’effort, par l’engagement au sens fort du terme, parfois jusqu’au sacrifice ultime, sans aucune hésitation et arrière-pensée…
Dans ces régiments où la cohésion est une force et une arme puissante, il n’y avait aucune revendication religieuse, aucune opposition à l’ordre établi, chaque matin, qu’il pleuve ou qu’il vente, nous étions au garde à vous avec fierté devant le drapeau bleu blanc rouge qui nous rappelait pourquoi nous étions prêts à donner notre vie pour la nation.
Chaque 29 septembre, chaque saint Michel, le patron des parachutistes, nous nous retrouvions à l’église pour chanter ensemble à la fin de l’office la prière des parachutistes:
« Donnez-moi, mon dieu, ce qui vous reste,
Donnez-moi ce qu’on ne vous demande jamais.
Je ne vous demande pas le repos, ni celle de l’âme, ni celle du corps… »
Cet extrait résume ce que nous sommes, ce que nous sommes capables d’accomplir pour notre pays, sacrifices, abnégations, sont nos valeurs. La France, ce vieux pays à la dérive, a perdu au fils des temps ce qui fait tenir une grande nation, ce beau patriotisme est devenu une insulte, la fierté d’être ce que nous sommes est devenu gênant, voire honteux… Cette repentance est aussi dangereuse qu’un lent suicide assisté.
La différence entre les Israéliens qui luttent depuis 1948 pour leur survie et nous, c’est cette volonté de se battre qui a disparu de nos vies, nous avons perdu le goût de l’effort, nous sommes devenus un peuple d’assistés biberonnés aux aides et subventions qui, en un demi-siècle, aura affaibli nos esprits jusqu’à devenir politico-dépendant.
Il serait enfin temps que comme dans ces régiments nous vibrions ensemble devant notre drapeau. Avec le même projet, le même « amour » pour notre culture, notre histoire et notre identité.
Il serait enfin temps que la France redevienne Une et Indivisible, plutôt que communautariste, -qui fracture une société au bord de l’implosion.
Que cela plaise ou non, la France est chrétienne et ne sera jamais une république islamique, battons-nous pour cela .
Monsieur le ministre de l’Intérieur, en vous soumettant à l’Islam comme vous l’avez fait dans cette mosquée, vous êtes si proche d’un état qui nous haït de tous ses pores depuis 1962. Vous avez trahi les soldats que nous sommes, vous avez piétiné, souillé la mémoire de tous mes frères d’armes morts pour la France…
Monsieur le ministre de l’Intérieur, s’il vous reste un peu d’honneur, de dignité, vous pouvez encore rétro pédaler et vous excuser platement…
Sinon, Monsieur le ministre de l’Intérieur, il ne vous reste plus que la démission.
© Pierre Martinet

mon cher Pierre Martinet tu me donnes raison,dans un de tes derniers articles tu étais optimiste et tu pensais que la France avait encore 74 ans devant elle pour devenir islamique .Tu confirmes qu’avec les pleutres qui nous gouvernent ce PROCESSUS ira à la VITESSE GRAND V.
Manu
Le voile islamique, avant d’être une question de « pudeur », est un signe distinctif, qui s’adresse aux autres, contrairement à la kippa ou l’habit de la bonne soeur. Il sépare la femme musulmane « pudique » de toutes les autres qui sont décrites comme « esclaves et femmes de mauvaise vie ».
Merci pour ces paroles viriles, pour ces paroles d’un Français qui aime son pays, d’un vrai patriote. Comme pendant la derniere guerre, les traitres, les « collabos » sont légion, même parmi ceux qui sont censés gouverner le pays. Les islamistes ont le champ libre et noyautent peu à peu le pouvoir. Les Français finiront-ils par prendre conscience du danger existentiel qui les menace ? Auront-ils le courage de se battre pour la terre de leurs ancêtres? On peut se poser la question.
Kamel Daoud. Le voile est un féminicide 30 septembre 2022 Tribune Juive La Chronique de Kamel Daoud
https://www.tribunejuive.info/2022/09/30/kamel-daoud-le-voile-est-un-feminicide/
Le voile tue. La démocratie, non. La mort de l’iranienne Mahsa Amini rappelle une fois de plus cette évidence. Voici la réalité : une femme, Mahsa Amini, meurt à la suite de son arrestation par la police des mœurs parce qu’elle ne portait pas «correctement» le voile. Des manifestations éclatent, des femmes brûlent leur voile, coupent leurs cheveux pour rappeler au monde leur tragédie, le courage, le coût de la liberté et le sens de cet uniforme totalitaire.
Cela suffit à tout dire et à tout démentir. Ce n’est pas un événement rare, d’ailleurs. Une femme harcelée, violentée, menacée, tuée ou excommuniée parce qu’elle refuse de porter le voile est chose banale dans le monde dit «musulman ». Une femme qui ose arracher ce linceul confessionnel, c’est encore pire que l’apostasie, c’est le choix de la pornographie, de la prostitution, de la désobéissance civile.
Il faut être femme dans ces territoires pour le vivre, en mourir et sourire de celles et ceux qui, en Occident, prétendent que le voile est une liberté.
L’enthousiasme n’est pas l’état d’âme d’un écrivain, et peut-être encore moins la colère, mais l’auteur de ces lignes ne peut rester impartial. Parce que, vivant dans le « Sud confessionnel », il sait que ce morceau d’étoffe est une prison et une condamnation à mourir une vie entière, un enterrement vertical, le renoncement acclamé à son propre corps. Il sait ce que cela coûte pour les femmes et combien elles le paient. Et écouter l’«engineering de l’islamisme » occidental présenter cela comme une liberté et un choix et rameuter les opinions et les médias pour geindre sur une présumée confiscation de droits provoque la rage.
Il faut donc rappeler les évidences coûteuses: le voile n’est pas une liberté, mais sa fin. Le voile n’est pas un épi derme qui souffre d’un racisme adverse, mais un uniforme d’enrôlement. Le voile n’est pas le signe d’une identité communautaire, mais un renoncement à toute identité et communauté au bénéfice d’un refus de vivre ensemble, de partager, de s’ouvrir, de s’enrichir mutuellement. Le voile n’est pas une «origine », mais un effacement de soi, des siens, de ses généalogies au bénéfice d’un recrutement. Le voile n’est pas seulement un petit foulard, c’est surtout ainsi qu’il commence.
Le refuser, le combattre, n’est pas un acte néocolonial, l’ordre d’un colon.
Le dévoilement n’est pas une violence de colonisation reconduite, et l’accepter, c’est concéder le territoire et le corps de ses propres citoyens au bénéfice d’une autre loi.
Le voile a bénéficié de la «culpabilité» en Occident, de l’intelligence de l’islamiste occidental expert en droits, ONG et architectures associatives. Il a profité de l’histoire mal soldée des colonisations et recycle les procès en arnaques rusées, les dénis en séparatismes. Il a surtout recyclé le communautaire en confessionnel et le confessionnel en stratégie de conquête.
Le voile est un bout de territoire cédé, pas un bout de tissu choisi. Il prétextera la «vertu » pour recruter le malaise, il se présentera comme une «culture» pour entamer la déculturation. Il y a presque réussi: aujourd’hui, au sud du monde, une femme non voilée est une prostituée et, au nord, une femme non voilée est une traitre à sa culture, à ses ancêtres.
Et il s’en trouvera pour le défendre, naïfs ou fourbes, électoralistes ou populistes. Des exilés ayant fui les islamistes d’Algérie défendent le voile et les islamistes en France parce que cela sied à la « colère» professionnelle, à l’identité que l’on pense défendre, à la lutte des classes ou au « décolonial» fantasmé, à la rancœur ou à l’aigreur, ou parce que cela fait «joli» dans le CV des convictions faciles, dites militantes.
Mais qu’on arrête une femme en Iran, qu’on la torture, qu’elle meure à cause de ce « tissu » qui n’est qu’une camisole et tout reprend sens, s’ordonne selon ces évidences à qui on fait une guerre sournoise: le voile n’est pas la liberté, ni l’identité, ni un choix. Il est prétendu choix dans le pays qui a le respect des choix, c’est-à-dire des libertés, c’est-à- dire dans les démocraties. Dans les dictatures, il se montre pour ce qu’il est: un assassinat. Car on aura beau jouer sur les mots, le voile tue. La démocratie, non. Des Iraniennes auraient donné beaucoup pour venir vivre leur liberté en France. Pas pour y renoncer.
© Kamel Daoud
Le Point. 29 septembre 2022
Entretien. Chantal de Rudder raconte au Figaro l’histoire conjointe du voile et de l’Iran et souligne l’immense paradoxe de la gauche française
2 octobre 2022 Tribune Juive Entretien 3
ENTRETIEN – Dans un grand entretien, la journaliste Chantal de Rudder raconte l’histoire conjointe du voile et de l’Iran et souligne l’immense
paradoxe de la gauche française, qui, tout en se battant pour la liberté des femmes, refuse de comprendre la vraie signification de ce vêtement.
LE FIGARO. – Que se passe-t-il en Iran depuis quelques jours ? Quelle est la signification du voile en Iran ?
Chantal DE RUDDER. -Le voile semble être la pierre angulaire du régime des mollahs. Quand les gens croient qu’il s’agit d’un simple vêtement religieux, ils se trompent. Là- bas, tous les retournements politiques ont eu lieu autour du hijab. Ironiquement, le tchador a fait des femmes iraniennes le moteur de l’histoire de leur pays! Pour preuve, les manifestations qui secouent l’Iran aujourd’hui.
La police des mœurs, qui est instituée depuis que la République islamiste existe, c’est- à-dire depuis 1979, a arrêté une fille dans la rue et lui a trouvé une mèche de cheveux un peu trop décollée de son tchador. Elle l’a emmenée «discuter» au commissariat et la jeune fille de 22 ans est ressortie sur un brancard. Elle était jeune, ravissante, elle avait la vie devant elle et elle est morte.
En réponse à ce drame, les officiels se sont donné la peine d’inventer un scénario. On les entend dire qu’il faut attendre les conclusions de l’autopsie car la jeune femme aurait toujours eu des problèmes de santé. En réalité, les médecins urgentistes qui l’ont reçue ont confirmé la violence: elle avait reçu, à son admission, 21 coups sur le crâne.
Leurs mensonges témoignent-ils d’une inquiétude ?
Certainement. De même que la folie répressive du régime, qui a déjà fait des dizaines de morts depuis le début des manifestations actuelles.
La révolution iranienne de 1979 a démarré avec des filles qui ont enfilé le tchador comme un uniforme de combat contre le shah. Dans les années 30, le père de Mohamed Reza, très influencé par Atatürk (ancien président de la République de Turquie, ndlr) et sa laïcité autoritaire, interdit le voile qui disparaît petit à petit. Dans son sillage, le nouveau roi bouleverse le statut des femmes. En 1967, il ordonne la liberté de divorcer, le droit d’obtenir la garde des enfants, l’abolition de la répudiation, la réglementation de la polygamie, etc.
Si la dynastie Palhavi était attentive aux droits des femmes, elle était en revanche très peu sensible aux droits de l’homme. J’ai été très étonnée de constater que les Iraniens gardaient un plus mauvais souvenir de la SAVAK, la police du shah, que des pires exactions de la mollahcratie. Le géographe Bernard Hourcade, qui s’était installé en Iran en pleine période révolutionnaire, avait été frappé par la manière dont les
Iraniennes avaient utilisé le tchador contre le régime du shah: «En Iran, les femmes ont été un acteur majeur de la Révolution par la masse qu’elles représentaient. Elles étaient parfois cinq cent mille à manifester. Visuellement, le résultat de cette marée de voiles noirs avait une sacrée gueule !». «Le tchador a été le vêtement révolutionnaire par excellence» avait-il ajouté. L’émancipation accordée par le shah faisait que les
femmes ne craignaient plus de descendre dans la rue. Interdit par la dynastie Palhavi, le tchador était alors un simple signe de ralliement contre la monarchie. Les femmes le portaient pour manifester, même si elles étaient contre le voilement. La plupart pensaient d’ailleurs qu’elles ne le porteraient plus après la chute du shah…
Quelle a été l’attitude de Khomeyni envers les Iraniennes quand il est arrivé à Téhéran en mars 1979 ?
L’ayatollah avait très bien compris le parti qu’il pouvait tirer de la colère des Iraniennes. Lorsqu’il était en exil, il leur avait affirmé qu’elles avaient le devoir religieux de se mêler de politique, leur parlait même d’égalité entre les sexes ! Or, dès qu’il rentre d’exil, Khomeyni change radicalement d’attitude et leur fait perdre toutes les libertés qu’elles avaient acquises sous le shah. Le 7 mars 1979, il constitutionnalise le voile. Le voilement devient loi, pour la première fois au monde. Le lendemain, le 8 mars (jour qui pourtant ne se fête pas en Iran), les femmes sont sorties dans la rue, échevelées et le pouvoir a dû reculer. Il a alors changé de stratégie, procédant par pallier. Cela a commencé par l’obligation du voilement dans les officines d’État. Au bout de deux ans, le voile était devenu obligatoire partout et pour toutes, dès l’âge de 9 ans, musulmanes ou non. En faisant du voile -jusque-là coutumier ou traditionnel- une «partie intégrante de l’État de droit», Khomeyni lui a conféré une modernité qu’il n’avait pas jusque-là. Il l’a anobli, en quelque sorte, aux yeux du reste du monde musulman.
Les conséquences de la loi sur le voilement sont immenses. La République islamique a réussi à faire du voile archaïque une affirmation identitaire décomplexée, une mode de winners, un objet d’avant-garde!
En 1980, la guerre Iran Irak commence. Cet événement a été vécu comme la guerre de 14-18 pour nous. Durant cette période, faute de bras, le pouvoir a été obligé d’envoyer les femmes au travail, avec une condition sine qua non: être voilée. Le voile devient alors – malgré lui- vêtement émancipateur, uniforme de la femme active. La nécessité économique dans laquelle se trouvait le gouvernement l’a obligé à conférer au tchador la capacité de bousculer la tradition la plus patriarcale, le confinement et la dépendance financière des filles.
Dans cette nation de femmes opprimées, à qui de nombreux droits ont été retirés par les mollahs, elles sont pourtant passées de 7,6 enfants en moyenne par femme dans les années 70 à 1,7 aujourd’hui! Comme elles ont eu accès au savoir, y compris religieux, elles réclament d’interpréter à leur tour le Coran et la Charia, jusque-là chasse gardée masculine. C’est là-bas qu’est né le féminisme islamique.
La mollahcratie, malgré tous ses efforts n’a pas réussi son coup. Ce n’est pas la religion qui domine en Iran, mais le clergé. Bernard Hourcade, que je citais tout à l’heure, affirme que la greffe n’a pas pris: «Au bout de quarante ans d’expérience de l’utopie islamiste, les Iraniens sont persuadés que l’Islam n’est pas la solution !».
Aujourd’hui, le pouvoir iranien s’appuie sur la police des mœurs et les gardes verts contre sa population. À plusieurs reprises, les Iraniens sont descendus dans la rue pour protester contre le trucage des élections, la corruption du pouvoir, en vain.
L’Occident regarde ailleurs, les abandonne à la répression féroce du régime.
Il faut saluer le courage des femmes iraniennes. Les mères avaient enfilé le tchador de la contestation contre la brutalité des Palhavi et l’occidentalisation obligatoire.
Leurs filles le retirent avec superbe contre la mollahcratie, et l’islamisation à la schlague. Cette nouvelle génération de femmes anti-voile, les Iraniens l’appellent avec humour «les filles de la Révolution», laquelle semble n’avoir donné naissance qu’à un désir irrépressible de liberté. Les filles se sont d’abord montrées sur Facebook «détchadorisées». Puis, certaines , ont osé affronter la rue cheveux au vent. Elles se sont ensuite postées sur des ronds-points pour mieux se faire voir. Et elles ont été violemment réprimées. Alors que le non-port du hijab était, en principe, puni par 6 mois ou un an de prison, les femmes écopent aujourd’hui de 20 ou 30 ans d’enfermement dans la prison d’Evin, l geôle des prisonniers politiques! Le slogan que l’on entend dans les dernières manifestations, je ne l’ai jamais entendu auparavant: «À mort le dictateur !».
Comment l’expliquez-vous ?
Par un ras-le-bol de ce soi-disant régime islamique, austère, corrompu, injuste et brutal qui a conduit le pays dans le mur, l’isolement et les difficultés économiques. Les Iraniens ne supportent plus les élections truquées et le risque de mourir à chaque manifestation. Le nombre d’athées que j’ai rencontrés en terre d’Islam révolutionnaire est impressionnant. Les dirigeants iraniens ont véritablement réussi quelque chose que je ne pensais pas possible chez les musulmans pour qui l’apostasie est un crime puni de mort. Longtemps, dissimulées sous leur tchador comme dans un cheval de Troie, dans le seul pays au monde où les femmes doivent se battre pour récupérer des droits qu’elles avaient acquis, les Iraniennes ont tenté d’obtenir gain de cause patiemment, à leur rythme.
C’est fini. Pour la première fois, les jeunes femmes qui brûlent leur voile en place publique demandent la fin de la police des mœurs, mais aussi l’abolition de la loi du 7 mars 1979, qui les contraint à s’enfouir sous une prison de tissus ! Il faut écouter ces filles et prendre le voilement au sérieux. Ce bout d’étoffe est le produit dérivé phare de l’islamisme. Ce n’est pas un objet cultuel mais un objet politique ! Le voile n’a rien à voir avec le Coran. Ma grand-mère qui était juive le portait. Le voile était une affirmation de la soumission de la femme dans la société patriarcale et il existait bien avant le prophète Mahomet. Désormais, le voile est en plus une affirmation anti-
occidentale et antidémocratique. Arrêtons de nous laisser berner par celles qui réclament des hijabs pour jouer au foot et des burkinis pour se baigner. Pas la moindre allusion au burkini, invention très récente d’une Australienne, dans le Coran…
Alors qu’en Iran des femmes se battent pour retirer le voile en risquant la mort, en Occident, d’autres se battent pour le porter, affirmant qu’il s’agit d’une liberté. Comment expliquer ce paradoxe ?
Contrairement à la République islamique, les voilées de France ne risquent rien à nous déplaire. Et c’est tout à notre honneur ! En France, la République est bonne fille. On y a le droit d’être royaliste comme d’être islamiste, à condition de ne pas troubler l’ordre public et de ne pas contrevenir à la loi. Les Islamistes savent tirer parti de notre éthique de la tolérance. Le voile est leur vitrine. Il est leur meilleur atout de soft
politique, leur stratégie majeure pour provoquer une espèce de craquement de la société occidentale. Ils ne maîtrisent la loi qu’à leur avantage et parlent systématiquement des obligations légales des sociétés occidentales pour mieux les piéger. Le terme d’ «islamophobie», comme les campagnes menées en son nom, est une tentative pour imposer une orthodoxie islamiste en Occident. Et une manière de rendre inacceptable toute critique de l’islam dont le voile est devenu un emblème. Le retour du voile, après une disparition de plusieurs décennies, est une réussite remarquable! Telle une muleta, «l’épouvantable chiffon», comme l’appelait Habib
Bourguiba, président tunisien, est maintenant agité sur toute la planète, y compris là où on ne l’avait jamais vu auparavant. À ceux qui l’ignorent, la muleta est un leurre en tissu qui permet au matador de réaliser une série de passes et cache une épée.
Khomeyni a ardemment voulu ce voile universalisé, lui qui convoitait le rôle de chef suprême de l’Uma, par-delà le fait qu’il était chiite. «Le voile, c’est l’Uma enfin réalisé, ce rêve impossible d’el-Banna, le créateur égyptien des Frères musulmans, dit Azadeh Kian, chercheuse franco-iranienne, directrice du centre d’enseignement, de documentation et de la recherche pour les études féministes (CEDREF). Cet Uma qui n’existe pas, il existe vraiment dans les apparences à travers le voilement. C’est l’Iran qui a inspiré le voile global, celui de la modernité islamique». Khomeyni a été influencé par les Frères Musulmans, initiateurs du retour du voile. Un voile nouveau, étendard de l’islam politique et de la lutte contre l’influence occidentale. La civilisation arabo-musulmane ne s’est jamais remise de l’humiliation subie à cause de la colonisation et de la domination occidentale. Aucun pays musulman ne va bien!
Je suis en colère contre la gauche, moi qui suis de gauche, parce qu’en s’enfermant dans le déni, elle livre les Français musulmans aux plus radicaux. Quand je vois Clémentine Autain aller dans un bistrot arabe de Sevran pour démontrer à la caméra «Voilà, je suis bien dans le bistrot, les femmes peuvent y aller », c’est d’une telle mauvaise foi… ! La même qui aujourd’hui prend la tête d’une croisade néo-féministe et dévoie la cause essentielle des violences faites aux femmes en bafouant l’État de droit dans un tribunal interne stalinien. On ne l’a pas beaucoup entendue, elle et les autres femmes de la NUPES, à propos de la répression sanglante que subissent les Iraniennes qui luttent pour en finir avec le voile!
Cette gauche que vous décrivez, pourquoi fait-elle cela ?
C’est certes de l’électoralisme mais aussi de la tolérance très mal placée. C’est bien connu, l’enfer peut-être pavé de bonnes intentions. Toutes les avancées sociétales sont venues de la gauche, le féminisme comme l’antiracisme, je tiens à le souligner. Ce n’est pas une raison pour choisir de prendre les vessies pour des lanternes et les Islamistes pour les enfants du bon Dieu ! Je ne comprends plus ce que la gauche en tête. Certains parlent de convergence des luttes. Ça rend les choses très floues et terriblement dangereuses.
Le voile en Iran est une histoire qui nous concerne toutes et tous. L’affaire de Creil en 1989 (première affaire de voile en France) a eu lieu au même moment que la fatwa contre Rushdie. Je ne pense pas que ce soit un hasard. Voile et blasphème sont les deux mamelles de l’islamisme, un couple infernal auquel nous n’avons pas su faire front. En lançant la fatwa de mort contre l’auteur des Versets sataniques, l’ayatollah Khomeyni bâtissait l’avenir. Non seulement il démontrait sa puissance par l’indignation musulmane internationale qu’il était capable de provoquer mais il œuvrait pour la crispation de l’identité communautaire, qui s’affiche désormais à travers le voile, et le retour de la notion anachronique de blasphème. Aujourd’hui, le blasphème fait à nouveau partie du paysage mental occidental! Et Samuel Paty en est mort. Un ado élevé en France, dans les écoles de la République, pensait venger sa religion en coupant la tête de l’enseignant en pleine rue.
En Grande-Bretagne, aussi dingue que cela paraisse, il existe aujourd’hui 52 tribunaux qui arbitrent les affaires familiales selon la charia. Maryam Namazie, réfugiée iranienne à Londres, une sacrée bonne femme, me dénonçait le multiculturalisme anglais qui mène à une sorte de «tribalisme», dont le genre féminin fait les frais.
Namazie soulignait pour moi un paradoxe qui vous a frappé vous-aussi: « L’histoire est amnésique. Pendant qu’en Iran, des femmes prennent des risques insensés pour se débarrasser du voile, ici, il y a chaque jour davantage de musulmanes qui le portent ».
Ses positions sur le voile et le blasphème valent à cette militante courageuse s’il en fut d’être menacée de mort par les islamistes mais aussi d’être blacklistée dans les universités britanniques.
Gare au politiquement correct! Rappelons-nous qu’il bénéficie sous le manteau de l’appui conséquent des mannes déferlantes du pétrole d’Orient depuis des décennies.
Certains, comme le journaliste culturel Augustin Trapenard, n’hésite pas – en toute bonne foi- à gloser sur la sérénité retrouvée de Diam’s grâce à son abaya.
Le voilement a une histoire. Il nous faut la connaître et la comprendre plutôt que nous agiter en débats hystériques pour ou contre le voile. J’y ai consacré un livre, un quasi tour du monde et deux ans de travail. Dans mon passionnant road-trip, j’ai rencontré Ziauddin Sardar, philosophe anglo-pakistanais passé par toutes les couleurs de l’islamisme avant de devenir un laïc convaincu. Il définit notre époque comme «l’ère du post-normal», «une période d’entre-deux où rien n’est vraiment défini, pas même le
chemin que nous pourrions choisir pour construire l’avenir». C’est le moment ou jamais d’écouter et soutenir les Iraniennes en lutte. Et d’espérer avec elles que le voile et ce qu’il sous-entend restera comme la seule marque de Khomeyni dans l’Histoire, quand il aura disparu.
Chantal de Rudder a été rédactrice en chef du Nouvel Obs. Elle est l’auteur d’une enquête internationale sur la diffusion du voile dans le monde: Un voile sur le monde (Éditions de l’Observatoire, 2021). Elle a mené son enquête dans plusieurs pays, dont l’Iran.
Comment contacter M.Martinet ?
Dites-nous et nous transmettrons. S.C.
J espère que le ministre lira et en tirera les conséquences qui s imposent… il est grand temps de prendre les bonnes décisions comme monsieur Martinet le dit et le répète tant il y a urgence ! Nous adhérons pleinement à tout ce qui est dit car ce sont les faits rien que les faits