J’ai longtemps essayé d’ignorer les outrances de Ben Gvir.
Parce qu’il a été élu. Parce qu’Israël est attaqué de toutes parts. Parce que le réflexe de beaucoup de Juifs de diaspora est de serrer les rangs lorsque le pays est sous le feu. Parce que je sais aussi combien certains, en Europe, utilisent chaque outrance israélienne pour nourrir leur haine ancienne.
Mais trop, c’est trop. La réaction de Ben Gvir autour de la flottille est une catastrophe politique, morale et symbolique.
Non parce qu’Israël devrait renoncer à se défendre, ni parce qu’un État souverain n’aurait pas le droit de contrôler qui cherche à forcer un blocus maritime.
Mais parce qu’il existe une différence immense entre fermeté et inconscience politique, entre autorité et jubilation du plus mauvais goût. « Oui Nous sommes les maîtres chez Nous », mais décidément que Ben Gvir manque de sens politique, de grandeur, de dignité. Quel gâchis! Quelle tristesse!
À chaque fois que Ben Gvir parle, agit ou … parade, il donne au monde l’image exactement inverse de ce qu’Israël doit incarner dans cette période tragique : la gravité, la retenue, la conscience du regard historique posé sur lui.
Alors que Ben Gvir semble parfois se nourrir du chaos qu’il prétend combattre, qui, dites-moi, paie le prix symbolique de ces postures ?
Pas lui.
Israël. Les soldats israéliens. Les familles d’otages. Les Juifs du monde entier sommés ensuite de répondre de chaque outrance ministérielle comme s’ils en étaient comptables.
Il faut le dire clairement désormais : Ben Gvir n’est pas Israël.
Israël est infiniment plus grand, plus complexe, plus tragique et plus digne que cette politique de la provocation permanente.
On peut soutenir Israël de toutes ses forces et refuser que son visage international soit confisqué par ceux qui transforment chaque crise en spectacle idéologique.
Aimer un pays, ce n’est pas applaudir inconsidérément. C’est aujourd’hui refuser qu’il se caricature lui-même.
Sarah Cattan

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