L’ego et la vexation, déclencheurs d’un embrasement ? Par Mikhael Nabeth


Il ne jurait que par « la désescalade ». Finalement, il incruste la France au cœur d’un conflit qui ne la concernait pas directement, et pour lequel les accords de défense avec les pays arabes alliés n’étaient pas contraignants.
C’est donc sur la base du volontariat que la réaction dite « défensive » du président Macron au Moyen-Orient prend l’effet de la tournure inverse. La posture française et les conséquences engendrées par le déploiement de la marine française apparaissent de plus en plus en inadéquation avec le discours officiel.
Envoyer le Charles de Gaulle, et même 80% de la marine française, est un signal qui n’est pas sans conséquence. Il renvoie directement à la perception du degré d’implication de l’Europe et sa lecture long-termiste d’un conflit qui était vendu initialement comme une opération de quelques courtes semaines pour Donald Trump.

Avec son discours de l’Ile Longue au plus mauvais moment, le président français a cédé à sa faiblesse pour la mise en scène grandiloquente et le concours impérialiste. C’est avec le sous-marin en arrière-plan qu’il choisit d’illustrer la dissuasion nucléaire, arme pourtant inutilisable, et qui enfreint indubitablement le droit international puisqu’elle touche indistinctement les civils. Comme ces premières gaffes ne suffisaient pas, le président monte en grade. Cette fois il prend la parole sur le Charles-De-Gaulle, avec en image de fond une frégate de la marine nationale. Dans un bain de foule mimant un entraîneur de football haranguant son équipe, il se met en scène au milieu de militaires comme un coach au milieu de ses joueurs pour ramener la Coupe.
 
Sans en avoir forcément conscience, ces mises en scène ne sont pas perçues comme des opérations neutres de la part des pays ennemis, notamment par la Russie qui a une lecture particulièrement empruntée des rapports de forces. Volodymir Zelenski a déclaré aujourd’hui que dorénavant la Russie aide l’Iran avec des drones, des missiles et de la défense aérienne. Cette même Russie qui envoyait ses sous-marins nucléaires au large des côtes françaises sans autorisation et qui rêve d’un embrasement mondial avec dorénavant l’appui d’un Iran-kamikaze, explicitement soutenu par la Chine et la Corée du Nord qui viennent de souhaiter au nouveau mollah intronisé la bienvenue comme pour souligner une mise en garde à ceux qui penseraient à l’éliminer.

Le président français ne voulait déjà pas qu’Israël vienne à bout du régime des mollahs à l’issue de la guerre des 12 jours. Cela n’a pas changé cette année. Alors, comment ne pas y voir une corrélation, lorsque Donald Trump déclare que la guerre « va se terminer bientôt » et fait baisser les coûts du pétrole, et qu’il répond le même jour sur le Charles-De-Gaulle que « rien n’indique que la guerre cessera dans les jours à venir ».

Le président français en est réduit à faire le jeu des mollahs pour peser économiquement sur l’axe israélo-américain. Il s’est dit surpris à la découverte de cette opération historique qui doit changer l’ordre mondial, sans avoir été concerné.  
La vexation a, semble-t-il, amené le président français à souffler les braises d’une escalade qu’il condamne dans le discours seulement, et dont les conséquences pourraient maladroitement lui échapper.

© Mickael Nabeth

Mikhael Nabeth est sociologue et directeur éditorial du Think Tank « Human Face.

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