Pour l’honneur de la gauche (républicaine). Par Olivier Fournier

            À l’approche des élections municipales des 15 et 22 mars prochains, la question brûle sur toutes les lèvres des commentateurs politiques de ce pays : la gauche dite réformiste fera-t-elle le choix funeste de sceller des accords avec la France Insoumise (LFI), récemment pointée du doigt pour ses liens avérés avec des groupuscules ultraviolents ?

Du côté de Raphaël Glucksmann et de son mouvement « Place Publique », la position sur ce sujet ne souffre d’aucune ambiguïté ou nuance complaisante. Dans un communiqué du 2 mars 2026, l’élu réformiste et pro-européen qui n’hésite pas à assimiler Jean-Luc Mélenchon à Jean-Marie Le Pen exclut catégoriquement toute alliance avec le mouvement coordonné par Manuel Bompard.


Du côté des Écologistes (ex EELV), la main est tendue, mais en conditionnant tout    éventuel accord à un certain nombre d’éclaircissements et d’engagements de la part du mouvement insoumis. Ainsi, Marine Tondelier dans « Le Parisien » indique que, je cite, « On aura besoin le soir du premier tour, d’entendre de leur part des paroles fortes selon lesquelles les candidats décideront ».

Et de poursuivre : « Qu’est-ce qu’ils pensent de la violence en politique ? Est-ce qu’ils
respectent les institutions républicaines ? Est-ce qu’ils trouvent que faire des sous-entendus – je ne parle même pas de dérapage parce que pour moi c’est fait exprès – antisémites, c’est un problème ou pas ? « 

Ainsi donc la numéro 1 du principal parti écologiste français a de sérieux doutes sur le caractère fréquentable de LFI, mais souhaite néanmoins conserver une possibilité au mouvement de Jean-Luc Mélenchon de donner des gages pour permettre une alliance et ainsi conserver ou remporter certaines municipalités.

Comme si l’indignité permanente du mouvement insoumis et son crachat quotidien sur notre République et ses valeurs ne suffisait pas… Surréaliste…

Du côté du Parti Socialiste, certains signaux vont dans le sens d’une prise de conscience certes tardive du caractère infréquentable et amoral de la France Insoumise. Ainsi la réaction d’Olivier Faure sur le réseau X à une énième polémique impliquant Jean-Luc Mélenchon : « Je ne peux m’empêcher de penser à toutes celles et ceux qui ont suivi sincèrement La France insoumise et qui ne souhaitent pas être entraînés dans ce qui n’est plus un dérapage mais une stratégie qui dérive sur les eaux noires de l’antisémitisme ». Rien de moins que cela, et pourtant… aucune consigne au niveau national empêchant de dérangeantes « exceptions » au niveau local. Et à l’heure où ces lignes sont écrites, les Socialistes et les Insoumis feraient liste commune dans pas moins de 60 communes !

Donc pour le Premier Secrétaire du parti à la rose, un mouvement dériverait, je cite, « sur les eaux noires de l’antisémitisme », mais cela n’empêcherait pas au niveau local des alliances avec la « peste rouge » car il ne faut pas exagérer, LFI reste un parti de gauche donc par nature dans le « camp du bien ».


Reste qu’à ce jeu malsain, la gauche républicaine, réformiste, laïque et européenne risque de se retrouver orpheline. Car Marine Tondelier, Olivier Faure, c’est votre honneur et celui de vos partis respectifs qui est en cause. Refuser en 2026 un cordon sanitaire face à un parti qui abîme quotidiennement notre République, dont 92 % des Français juifs considèrent qu’il contribue à faire accroître l’antisémitisme, qui a une haine pathologique de la seule démocratie du Moyen-Orient alors qu’elle s’acharne à défendre les pires dictatures de notre planète, qui revendique de vouloir « tout conflictualiser », qui entretient un rapport ambigu à la violence en politique, qui fait de la « race » et des questions « identitaires » une obsession, refuser un cordon sanitaire face à un tel mouvement serait une faute morale et un coup de canif dans notre Pacte Républicain. Et l’argument de dire que l’antisémitisme, la violence et le fascisme seraient le propre de l’extrême droite ne tient pas. En quoi dénoncer ces forfaits chez LFI empêcherait de continuer à le faire par rapport à l’extrême droite ?

Que certains à la droite de la droite cherchent à capitaliser sur le rejet croissant de Jean-Luc Mélenchon et de son mouvement pour se racheter une conscience morale est une certitude. Aux Républicains de droite comme de gauche et du centre d’empêcher que la vie politique soit confisquée par des partis vérolés par une culture de la haine, du rejet et de la violence. Je fais partie de ceux qui considèrent que le cordon sanitaire impératif vis-à-vis de LFI ne doit pas justifier l’intégration dans le camp républicain de l’extrême droite française, davantage présentable en apparence que par le passé mais bien (trop) souvent rattrapée par ses vieux démons.

Et le fait que les objectifs politiques de l’extrême droite et de LFI diffèrent ne rend pas plus respectable cette dernière. Car si leurs objectifs peuvent en effet diverger, les moyens pour y parvenir sont bien souvent identiques : acceptation, voire idéalisation de la violence en politique au-delà de la seule violence légitime dévolue à l’État, populisme, complotisme et stigmatisation de populations sur la base de critères d’ordre ethnique, religieux ou encore de genre.

Telles la peste et le choléra, l’extrême droite et LFI sont différentes mais ont un dénominateur commun, leur toxicité, potentiellement fatale pour notre République, les valeurs de notre démocratie et le « vivre ensemble ». Aujourd’hui, un cordon sanitaire doit se constituer contre l’ensemble des forces politiques qui s’autoexcluent du champ républicain. Il en est de l’honneur de la gauche (républicaine), mais également de la droite (républicaine) dont une fraction pourrait être tentée par des accords avec le RN ou Reconquête. Notre démocratie sortirait profondément exsangue de telles alliances moribondes.

© Olivier Fournier

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5 Comments

  1. il n’y a pas de prise de conscience du PS, ainsi Mme Simonnet, une antisémite bien connue, est « une belle prise de guerre » de M. Grégoire à Paris, alors …

  2. Autre individu bien placé sur la liste Grégoire:ian brossat
    Sénateur et Porte parole du Parti communiste français
    Petit fils de marcus klinberg un des traîtres les plus célèbres d’Israël espion au profit de l’union soviétique pendant plusieurs décennies démasqué et condamné à une peine dérisoire par la justice israélienne.
    A fini sa vie à Paris dans son confortable lit où il avait rejoint sa fille ex matzpen ayant quitté Israël avec toute la bande matzpen, mariée à un monsieur Brossat de l’archigauche antiisraelienne atroce.
    Ian brossat extrêmement fier du parcours de son grand père (voir le documentaire « un pur espion ») et qui poursuit le travail en France de son grand père et de sa mère.detruire Israel.
    Sur la liste socialiste à Paris
    Honneur et gauche républicaine ?
    Un nouvel oxymore.

  3. Où est l’honneur de la Gauche républicaine ? A l’exception notable de Manuel Valls, ils sont tous allés à la gamelle ou ils iront !

    Je rappelle qu’historiquement le parti socialiste a toujours été la courroie de transmission de l’antisémitisme. Il y a avait déjà à la gauche du PS des personnalités qui n’étaient pas au clair sur la question de l’antisémitisme. L’antisémitisme est revenu à la fin des années 1990 par la gauche : c’est Pascal Boniface qui a théorisé pour le parti socialiste le principe d’une politique communautariste de ralliements à des prises de position anti-israéliennes les plus nombreuses possibles pour complaire à un électorat d’origine arabo-musulmane de plus en plus nombreux. Et tous les medias mainstream, spécialement de gauche, ont craché leur propagande anti-israélienne la plus malhonnête, notamment dans Le Monde, Libération, Médiapart, Arte, France Télévisions, Le Monde Diplomatique, Le Nouvel Obs, ou France Inter. La fin idéologique ayant toujours justifié des moyens, ces médias ont joué sur les émotions et sur les plus bas instincts des masses par le mensonge, l’inversion de la causalité, la manipulation, la falsification et le révisionnisme historiques et ont largement contribué à restaurer un antisémitisme décomplexé qui ne s’était plus exprimé de la sorte depuis les années 1930, en utilisant SYSTEMATIQUEMENT le narratif révisionniste ou négationniste des pays arabo-musulmans. Je défie quiconque de trouver dans la presse de gauche un article très vaguement positif sur Israël (dans 5 semaines, c’est Yom Haatsamaout : regardez les journaux !), vous n’en trouverez pas.

    Avec une politique migratoire folle, la gauche a finalement permis au feu islamiste de se développer en l’arrosant généreusement d’huile gauchiste et la gauche médiatique a assuré la diffusion d’une propagande antisémite, sous couvert d’une critique prétendument objective d’Israël appelée antisionisme. On mesure tous les jours les résultats de cette politique qui permet aussi à des professeurs d’être égorgés.

    Mais où se cachent elles donc ces belles âmes de la Gauche républicaine qui crient au retour du fascisme d’extrême-droite dès lors qu’une proposition politique met sur la table les sujets de l’immigration, de la sécurité, de l’identité et de l’avenir de la France, considérés comme des tabous politiques ? Où sont-elles ces associations soi-disant représentatives qui ne connaissent la France rabougrie et le fascisme qu’à droite, qui se taisaient déjà lors de l’alliance des cavaliers de l’Apocalypse PS-LFI-EELV (Hidalgo-Pulvar-Autain-Bayou) aux élections régionales de 2021, et qui continuent à se taire face à cette union d’extrême-gauche ? De qui leur silence assourdissant fait-il donc le jeu, sinon de ce Corbyn français ? Où sont donc passés ces odorats si délicats pour le rance, le fétide, le nauséabond quand il est à la droite de l’échiquier politique, et qui sont incapables de reconnaître les « Trotsky » et les « Staline » de la France Insoumise et de cette alliance de la honte ? Où se cachent ils les pétitionnaires moraux, les pourvoyeurs de moraline, les dévideurs professionnels de cordon sanitaire, les bâtisseurs de digues et les constructeurs de barrages ?
    Ne les cherchez surtout pas, ils ne seront de nouveau pas de cette bataille là ! Ces castors hibernent au printemps ! Pour contrer cette alliance de la honte, les formations de droite qui partagent pourtant a minima des valeurs conservatrices communes ne s’uniront pas, prises au piège politique et pseudo-moral élaboré par François Mitterrand qui, faut-il le rappeler, cachait derrière une rose socialiste, un passé vichyste trouble et ambigu, entre Cagoule et Francisque.

  4. La gogoche française autant que l extreme centre ou la plupart des autres n a ni honneur ni moralitė .
    Vichy est au pouvor en France et la plupart des français s en accommodent parfaitement .
    Si certains se questionnent sur les mecanismes de l effondrement historique de la France de 1940 et l avenement du petainisme , il leur suffit d allumer leur TV ou d ouvrir un  » journal » pour regarder en  » live » integral , le pays se soumettre et se libaniser .

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