Du palestinisme et de ses conséquences dramatiques. Par Sydney Touati


Les statistiques publiées par le Ministère de l’Intérieur montrent que les actes délictueux, les agressions de toutes sortes qui frappent les Juifs et les non-Juifs,  augmentent en France de manière vertigineuse, atteignant un seuil critique au-delà duquel l’opposition entre l’opinion publique qui subit dans la souffrance, l’incompréhension,  et le pouvoir exécutif qui s’installe dans le déni, devient fracture.
Le pouvoir fait comme si la répétition banalisait  les violences urbaines; comme si le caractère  prévisible du phénomène avait pour effet de le rendre normal, comme si le déchaînement de violence qui accompagne les grands moments de la vie publique (rencontres sportives, fêtes du 14 Juillet, Saint Sylvestre…) faisait intrinsèquement partie de la société française.

Tout va bien, on gère, on maîtrise… affirme le pouvoir exécutif face aux vitrines explosées, aux caillassage des forces de l’ordre, aux voitures brûlées, au pillage, au saccage des Champs-élysées devenus le champ de bataille privilégié d’une guerre qui ne dit pas son nom.

On nous invite à regarder les destructions urbaines comme une sorte de jeu, de divertissement partagé par les citoyens victimes et leurs agresseurs bourreaux.
Toutes ces explosions de colère, pour ne pas dire de haine, ne seraient aux yeux des autorités et d’une frange compatissante du corps politico-médiatique  qu’une fièvre exprimant le mal-être social d’une jeunesse pour l’essentiel issue de l’imigration musulmane, victime d’exclusion, de ségrégation. On nous ressort le schéma des « blousons noirs », des bandes qui s’affrontaient dans les années 60…
Ce naratif du  pouvoir et de ses relais « progressistes » est non seulement usé jusqu’à la corde, mais il se retourne contre ceux qu’il prétend aider et soutenir.

En réalité,  ce qui est en jeu dans la violence barbare qui se déchaine après les grands matchs de foot, pour la St Sylvestre, pour le 14 juillet… est d’une tout autre dimension. Elle exprime la faillite des politiques mises en œuvre depuis une cinquantaine d’années par les gouvernements successifs, politiques qui étaient fondées sur le principe « échange paix-pétrole,   contre islamisation progressive de la société française et son corollaire la diabolisation d’Israël ». (cf. le remarquable travail effectué par Bat Ye’or notamment dans son livre Eurabia)

Le cocktail politique dominant est un composé  de fuite en avant, de lâcheté, de corruption (cf. Soljenitsyne, Le déclin du courage).  Son incapacité à voir les réalités, son impuissance à combattre la criminalité, à assurer la protection des citoyens au quotidien,  est en train de faire exploser la République française. La république Une et Indivisible est devenue un archipel composé d’entités qui tendent à s’ignorer, cultivant leur « quant-à-soi ». Un processus néo-colonial n’est-il pas en train de se constituer légalement, aux portes de Paris ?
La société,  saturée de déchirures, d’incompréhensions, de doutes, subissant des prélèvements obligatoires monstrueux, confiscatoires, les pressions phénoménales des bureaucraties proliférantes dont le pouvoir est décuplé par l’émergence de l’I.A.,  est sur le point de s’effondrer, victime d’un immense burn-out. Là encore, les statistiques sont glaçantes : un salarié sur deux se dit en détresse psychologique et près d’un tiers est exposé au burn-out. Mais à part ça, chante le pouvoir, tout va très bien… tout va très bien madame la marquise.

Deux mondes, celui de l’assistanat vivant des aides et de l’aumône publiques, et celui du travail qui les finance, qui vivaient dans un premier temps côte-à-côte, se sont retrouvés  comme l’avait prédit Gérard Collomb, face à face, et le pays menacé de « partition » (dixit François Hollande).
La France franchit un nouveau cap avec les émeutes des banlieues qui frappent le coeur de Paris. Elle est en train de  basculer dans l’affrontement ouvert.

Conséquences:
Les assistés qui reçoivent se mettent à mordre avec  rage la main qui les nourrit, à détester tout ce qui représente, symbolise le pays qui les a accueillis, qui tente de les prendre en charge,  les instruire, les soigner… qui pour ce faire s’endette, se fragilise, se met en danger.
Le don unilatéral engendre la guerre.
Dans son « Essai sur le don« , le sociologue Marcel Mauss montre que le don a représenté la première forme d’échange. Mais, constate-t-il,  lorsque celui qui reçoit ne peut plus rendre l’équivalent de ce qu’il a reçu, il entre en guerre.
Les milliards de don que le pouvoir déverse sur les « banlieues » depuis des dizaines d’années, s’inscrivent dans ce processus. Accordé sans contre partie, le don provoque la haine chez celui qui reçoit car celui-ci sait qu’il ne pourra jamais payer sa dette. Il est de ce fait humilié et n’a d’autres choix que d’entrer en guerre contre son généreux donateur. Raison pour laquelle il pense être toujours sous un régime de domination coloniale.

L’échec de l’intégration imputable en grande partie à l’aumône public, à la « charité sociale », réactive par le phénomène d’abréaction ce qui était en place sous la colonisation. Les enfants issus de l’Indépendance politique de leur pays d’origine, qui ont fui celui-ci, qui ont demandé asile à la France, loin de se sentir libres ont tendance à contrario à  s’enfermer  volontairement dans la posture de l’aliénation coloniale. Ils se mettent à re-vivre dans une sorte d’hallucination collective la domination coloniale subie par leurs grands parents.
Ils se mobilisent contre un pouvoir  colonial fantasmé qui n’existe plus, qui ne les a jamais réprimés. Ils abréagissent en tant que porteurs d’un traumatisme qu’ils n’ont pas directement vécu.
Ils se battent contre des fantômes, contre leur propre vision fantasmée du réel.

Ce mécanisme ne peut pas relever de l’échec social dès lors que des immigrés qui  ont fait de très belles carrières en sont devenus les porte-voix. La reconnaissance envers la France exprimée par un Alain Mimoun relève, hélas, d’une époque disparue.

L’émergence d’un nouveau mythe
Un phénomène hallucinatoire apparu dans les années 1970, le mythe Palestinien,  fonctionne comme un puissant catalyseur de toutes les frustrations, réelles ou imaginaires, contribuant au passage à l’acte, à la transgression, légitimant toutes les formes de criminalité.  
La gauche « progressiste », la plupart des grands médias, le pouvoir exécutif, dénonçant sans cesse Israël, certains allant même jusqu’à soutenir le Hamas… portent une responsabilité écrasante dans cette mécanique auto destructrice qui anime une frange de la jeunesse issue de l’immigration.
Les mêmes causes engendrant les mêmes effets, l’Algérie, qui se voulait être l’épicentre du soutien à la lutte de « libération du peuple palestinien », qui a éduqué sa jeunesse dans le culte du palestinien-tueur, a payé très chèrement ses dramatiques erreurs.
Le culte du mythe palestinien est en train de produire en France, des effets en tous points identiques à ceux qu’il a produits  en  Algérie dans les années noires de  1991-2002.
Sans une déconstruction collective du mythe du palestinien opprimé, une terrible guerre civile est mathématiquement au bout de cette violence urbaine chronique.

© Sydney Touati

Avocat, essayiste, Sydney Touati s’intéresse aux transformations contemporaines du droit public, du droit international et à leurs effets sur les États démocratiques. Dernière publication: « De Voltaire à Badinter. Un essai sur la transformation du droit en France »


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