Loïc Henri. Stupeur et effroi. Notre orgueil, nos vanités cloués au pilori

Loïc Henri

New York, 20 heures.
Dans le centre d’affaire qui abrite mon bureau/appartement, on lève le pied, mais la journée est loin d’être finie. Le concierge prends en charge l’entretien de mes chemises, une femme noire (comme par hasard) fait le ménage (avec ou sans permis de travail)

Ce soir pas de voiturier pour m’emmener à Harlem déguster un burger au Red Rooster et finir ma soirée au Showman’s Jazz Club (mon préféré). Le coeur n’y est pas…

Mon téléphone sonne tout au long de la journée. Les nouvelles du front sont alarmantes. Un tsunami de faillites est à prévoir. Sur mon desk des dossiers tous plus urgents les uns que les autres: la vie de femmes et d’hommes face aux conséquences d’une pandémie. Des vies qui basculent. Prévisible pour certains; incompréhensible pour d’autres…

Stupeur et effroi. Notre orgueil, nos vanités cloués au pilori. Mais loin de moi l’idée de jeter la pierre. Pas si simple de juger: En France des milliers de femmes se sont retrouvées sans emplois de par la délocalisation de l’industrie manufacturière, au Bangladesh deux possibilités sont offertes aux enfants de certaines castes: travailler pour les couturiers ou se prostituer. Pas de troisième alternative.

Qui choisir ? Un enfant ou une femme ? L’histoire ne peut nous aider. Nous n’avons jamais connu une telle situation. Les rapaces tournent déjà dans ce ciel sombre. Mais même les fonds vautours ne sont pas convaincus de leur cibles…

Le financement des startups ? Stoppé net. Les capitaux mobilisables sont précieusement conservés. L’espoir mis au coffre fort.

Aujourd’hui compte plus que demain.

Alors me vient le souvenir du premier rdv avec mon mentor: dans l’un des plus anciens steackhouse de Manhattan, Me Kleefield retire ses lunettes et me raconte sa vie. Son grand père n’est autre que le banquier du Roi des Belges, Leopold III. Mais au mois de Mai 1940, la famille Kleefeld est contrainte de s’exiler. Plusieurs membres seront déportés et assassinés dans les camps de la mort. Pour Me Kleefield, sauvé in extremis par son grand-père, ce sera New York, la Cornell Law School et une admission au barreau de New York en 1954. Quand en 1981 la gauche française prend le pouvoir, Me Kleefield immatricule jusqu’à cent entreprises par mois… Quand Ronald Reagan « transporte » un ressortissant africain dans un wagon à bestiaux, Me Kleefield arrache une victoire historique prouvant aux sceptiques qu’il n’est nul besoin d’appartenir aux « big four » pour faire plier l’establishment américain… Dans un face à face immobilier, Donald Trump illusionné par son arrogance financière et son armée d’avocats, mordra également la poussière.

Coriace le gars… et avec de la suite dans les idées : à l’heure du dessert il me souffle à l’oreille une partie de ma vie : il me propose le droit et les affaires. Avocat et banquier d’affaires. Le challenge est de taille. Il l’est tout autant aujourd’hui.

Et cela tombe bien: j’ai toujours la gnaque…

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2 Comments

  1. Très intéressant, comme histoire.
    Et la suite sera quoi?
    La Banque Loïc Henri, ayant fait faillite à New-York pendant les années 1990?
    Laissant des dettes derrière?
    Le fondateur condamné à la prison en France (et incarcéré…) pour avoir distribué des chèques sans provision?

  2. La Banque Loïc HENRI INC. n’a pas fait faillite. Son activité a été transférée à Monsieur Loïc HENRI personne physique en 1996 suite effectivement à un passif. Aucune dette ne subsiste dans le sens ou il est formellement établi que le passif ne dépassait pas 350 000 francs de 1994 soit soixante quinze mille euros de 2020. En 1993 une garantie de 4 374 998 livres sterling (soit 7 901 124 euros de 2020) fut mise à disposition de la Banque Loïc HENRI Inc ainsi que de la Financière Loïc HENRI (PARIS) par la York Place 141 (Edimbourg) gérante des capitaux empruntés à la BCCI en 1989 par Monsieur Loïc HENRI. Me GERLAD AYACHE, mandataire judiciaire à Créteil fut en charge de la répartition de l’actif. Le surplus revint à Monsieur Loïc HENRI.

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