Ils boycottent Boujenah, mais consomment israélien !

Appeler au boycott de l’humoriste Michel Boujenah parce qu’il a exprimé son soutien à Israël ne participe pas d’une vision constructive du problème palestinien.

L’appel au boycott du spectacle de Michel Boujenah au Festival de Carthage a suscité de vives polémiques, entre ceux qui approuvent et ceux qui sont contre, en se focalisant sur les déclarations de soutien à Israël faites par Boujenah il y a une dizaine d’années.

Le boycott pour protester – mais sans lutter efficacement – contre tous ceux qui «normalisent» avec Israël, c’est légitime. Mais il est du devoir de chacun de prendre conscience que cette lutte ne doit pas être exclusive ni malhonnête.

Des Etats arabes (et africains comme le Sénégal) ont normalisé depuis des années avec Israël et beaucoup se taisent….

L’Egypte, la Jordanie, le Maroc, la Mauritanie, et tout récemment l’Arabie Saoudite ont même noué des alliances avec Israël.

Il y a seulement quelques mois, les médias du Moyen Orient et de l’Europe ont évoqué la construction en cours de l’ambassade saoudienne en Israël, probablement la plus grande et la plus importante à Tel-Aviv. Et comme futur ambassadeur le prince Walid Bin Talal.

Si les tenants d’un boycott de Boujenah à Carthage veulent nous persuader qu’ils sont contre toute normalisation, pourquoi ne boycottent-ils pas par exemple des produits commercialisés en Tunisie et partout dans le monde arabe et qui sont fabriqués par des entreprises qui ne font pas mystère de leur proximité avec Israël? Dont de nombreuses marques célèbres, dont nous établissons ci-dessous la liste.

Coca-Cola et les autres marques du même groupe : Aquarius, Cherry Coke, Fanta, Nestea, Sprite… Cette entreprise soutient l’État d’Israël depuis 1966.

Danone et les marques du groupe : Blédina (très consommé par les bébés tunisiens), Phosphatine, Evian, Galbani, Gervais, Heudebert, Lu, Taillefine, Volvic.

Nestlé – Marques du groupe : Nescafé, Ricoré, Quality Street, Friskies, Kit Kat, Maggi, Buitoni. La société suisse possède 50,1% des capitaux de la chaîne alimentaire israélienne Osem.

Intel – Cette grosse entreprise produit la plus grande partie des puces électroniques Pentium 4 utilisées par les ordinateurs PC dans son usine de Kyriat Gat, installée sur le site d’Al-Manshiya, un village palestinien rasé après son évacuation en 1949 par les soldats égyptiens.

L’Oréal – Marques du groupe : Biotherm, Cacharel, Giorgio Armani Parfums, Lancôme, Vichy, La Roche-Posay, Garnier, Héléna Rubinstein, Jean-Louis David Shampooings, Le Club des créateurs de beauté (vente de produits cosmétiques par correspondance), Ralph Lauren parfums, Ushuaïa…

L’Oréal a investi des millions de dollars en créant une unité de production à Migdal Haemeck, à tel point que le Congrès juif américain a exprimé sa satisfaction de voir l’Oréal «devenir un ami chaleureux de l’État d’Israël».

Estée Lauder : Marques du groupe : Clinique, la Mer, DKNY, Tommy Hilfiger.

Outre ses investissements, le directeur est le président d’une puissante organisation US, le Fonds National juif.

Nokia: Le géant finlandais de la téléphonie commerce activement avec l’État d’Israël. Dans une interview au ‘‘Jérusalem Post’’, le manager du groupe déclarait qu’Israël faisait partie des priorités de l’entreprise. Un centre de recherche Nokia a ainsi vu le jour en dans ce pays.

Mc Donald’s : La célèbre chaîne de restaurants fast-food figure parmi les partenaires de l’organisation Jewish Community basée à Chicago. Cette organisation travaille pour le maintien de l’aide militaire, économique et diplomatique à Israël.

On n’a cité ici que quelques grands groupes, à titre indicatif, mais les entreprises, qui ont pignon sur rue en Israël ou qui soutiennent cet Etat, et dont les produits sont en vente dans nos supermarchés et largement consommés par les Tunisiens, se comptent par centaines.

On ne le rappellera jamais assez, ne pas être d’accord avec la politique de l’État israélien, avec cette guerre quasiment à sens unique qui a fait près des dizaines de milliers de morts côté palestinien et arabe (en espérant qu’elle soit un jour terminée avec la reconnaissance des droits des Palestiniens) est tout à fait compréhensible. Mais relayer les messages de haine – comme soutenir la politique du Hamas – ce n’est pas non plus une vision constructive du problème. Pas plus que l’appel au boycottage d’un artiste parce qu’un jour il a eu affaire avec Israël ou qu’il a exprimé son soutien à ce pays.

Source kapitalis

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