Du 6 au 8 mars 2026, dans un grand hôtel international situé à proximité de Aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle, s’est tenu le rendez-vous désormais bien installé de Limoud Paris.
Trois jours durant lesquels des centaines de participants se retrouvent pour ce qui est devenu un phénomène assez rare dans notre pays : des gens qui viennent écouter des conférences par plaisir.
Oui, cela existe encore.
Dans un pays où l’on parle beaucoup et où on lit parfois moins, Limoud réussit cette prouesse presque anachronique : faire salle pleine pour des débats intellectuels.
Les couloirs bruissent de discussions, les salles se remplissent, les programmes se consultent comme une carte de restaurant trop riche pour être parcourue raisonnablement.
Car Limoud fonctionne ainsi : plusieurs conférences en parallèle, des choix permanents, et ce petit regret délicieux de manquer quelque chose d’intéressant dans la salle voisine.
Le dimanche 8 mars, où je me trouvais sur place, l’ambiance était particulièrement animée. Les conversations s’enchaînaient à un rythme presque aussi soutenu que les conférences.
Parmi les intervenants que j’ai pu entendre figuraient Céline Pina, toujours incisive lorsqu’il s’agit de défendre les libertés publiques, en compagnie de Samuel Madar et Michel Zerbib.
Le dessinateur et écrivain Joann Sfar apportait quant à lui ce mélange de profondeur et d’ironie qui fait le charme de ses interventions.
Le metteur en scène Steve Suissa proposait une réflexion sensible sur la mémoire et la transmission.
Et puis il y eut l’intervention époustouflante d’Ilan Scialom, normalien, conseil en stratégie, brillante, structurée, éblouissante même — l’une de ces conférences qui vous donnent le sentiment très rare d’avoir réellement appris quelque chose.
Ariel Goldman (Fsju)/ Elie Korchia (consistoire central) / Jonathan Arfi (Crif), notre establishment bien connu hors du feu des caméras apparut moins conforme et un peu plus vrai, Rivon Krygier (rabbin massorti), Laurent Trêves (normalien, prof d’anglais en fac), Claude Obadia (prof agrege de philo, enseignant à SciencesPo St Germain), Michel d’Anastasio (prof de calligraphie), Caroline Dahan Ohanna (œnologue), Catherine Werber (nez, créatrice de parfums)… Josiane Sberro toujours admirable , Faraj Alexandre Rifai, le courage fait homme, Yves Azeroual, une réflexion sensible sur la culture.
Le BNVCA et Tribune Juive étaient également présents… Sarah étant empêchée, j’eus le privilège d’essayer de la remplacer – tâche insurmontable- (!)
Mais Limoud ne se résume pas aux conférences.
Il y a aussi cette atmosphère particulière, faite de curiosité intellectuelle et de convivialité très simple. On croise des étudiants, des rabbins, des universitaires, des artistes, des gens venus simplement écouter et comprendre.
Bref : une société civile qui pense.
Et puis il faut dire un mot du buffet.
Un buffet kasher redoutable — non par la menace qu’il ferait peser sur la santé publique, mais par la difficulté presque insurmontable qu’il impose à ceux qui prétendent, comme moi, commencer un régime.
Devant une telle profusion, j’ai donc été contraint — la mort dans l’âme — de repousser à lundi le début de ce régime.
Quant à sa fin, elle est également prévue lundi… vers 17 heures.
Limoud est ainsi : on y nourrit l’esprit avec sérieux, et l’on y met parfois la volonté au régime.
Mais au moment de quitter les lieux, une pensée s’impose assez simplement.
Si vous n’êtes jamais allés au Limoud, je vous plains.
Et je vous conseille vivement de ne pas rater l’édition de l’an prochain.
On peut n’assister qu’à un jour.
En sortant de là on a l’impression d’être plus intelligent qu’à l’arrivée, en effet on y a appris, mais dans une ambiance intello ( ou pas ) moins compassée sans aucune démonstration d’égo .
© Paul Germon

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