L’acteur et réalisateur Francis Renaud reçoit en Inde le Prix du meilleur réalisateur pour son court-métrage sur les enfants juifs martyrs de Bullenhuser Damm 

Par Frédéric Sroussi

Tribune Juive avait interviewé l’acteur et réalisateur Francis Renaud au sujet de son bouleversant court-métrage intitulé le Croquemidor. Ce film relate – sous la forme d’un conte moderne –  la tragique histoire des vingt enfants juifs – âgés de 5 à 12 ans –  de Bullenhuser Damm qui furent tous pendus le 20 avril 1945 dans l’ancienne école de Bullenhuser Damm à Hambourg après avoir subi les atroces expériences pseudo-médicales du médecin SS Kurt Heißmeyer.

Le médecin-bourreau nazi avait inoculé le bacille de Kock vivant à ces malheureux enfants qui subirent ensuite des prélèvements de leurs nœuds lymphatiques axillaires lors d’une chirurgie abominablement douloureuse avant d’être pendus tous les vingt à des crochets fixés à un mur. 

Francis Renaud, qui tourna avec les grands noms du cinéma français tels qu’Alain Corneau, Olivier Marchal ou encore Catherine Breillat, avait témoigné dans nos colonnes de son désarroi face à la vague inédite de refus de la part des chaînes françaises et des festivals de diffuser son film concernant cet épisode très peu connu de la Shoah. 

Et, c’est à plus de 7000 kilomètres de la France, dans le plus grand pays du monde (démographiquement parlant), en Inde donc, que le court-métrage de Francis Renaud – produit par M. Keven Hamon – fut sélectionné par leChildren’s, Science, Nature & Wildlife Film Festival 2026. Ce dernier décerna même le « Prix du Meilleur réalisateur » à Francis Renaud. 

Il est notable que la France dont la responsabilité fut pleine et entière dans la traque des Juifs, dans leurs arrestations, leurs déportations et leurs assassinats (que ce soit sur le sol français ou lorsqu’ils furent envoyés à Auschwitz), n’ait pas daigné diffuser (que ce soit France Télévisions, Arte ou encore le groupe Canal +) ce film alors même que deux des enfants de  Bullenhuser Damm étaient pourtant français (Georges-André Kohn, 12 ans, et Jacqueline Morgenstern, 12 ans). 

La France et l’Occident en général ne veulent plus entendre parler de la Shoah : une nouvelle génération d’antisémites est née, un parti les représente même à l’Assemblée nationale tout comme ce fut le cas lorsque Drumont dirigeait le « groupe antisémite » à la Chambre des députés de 1898 à 1902.

Alors, il est important que la mémoire de la Shoah, paradigme de l’horreur et pire crime de masse de tous les temps, puisse être connue dans des pays d’avenir comme l’Inde. 

« Le Croquemidor » de Francis Renaud aura participé à cet enseignement qui devra se perpétuer, mais il n’est pas trop tard, alors qu’on réhabilite les collabos dans le cinéma français, pour qu’un sursaut survienne et que « Le Croquemidor » puisse être ne serait-ce que diffusé sur une chaîne de télévision française…

© Frédéric Sroussi  


À ré-écouter sur radioprotestante.com :

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