Yom Haatsmaout 2026
Joyeux anniversaire, mon Israël.
Les mots manquent, car rien, dans ce lien à ton endroit, n’est simple, léger, convenu.
Je ne sais jamais comment te parler ce jour-là. Comme on parle à un pays ? À une histoire ? À une part de soi ?
Je voudrais te dire la douceur. Mais comment dire la douceur à un État qui vis dans la rudesse. Comment lui! dire le calme, alors qu’il avance dans le bruit des menaces.
Je voudrais dire l’amour, Mais comment le dire sans dire aussi le reste: la fatigue des guerres, l’évidence de la solitude, la répétition presque mécanique de la haine.
T’aimer, c’est tenir ensemble la fierté et l’inquiétude, la lumière et la guerre.
Tu es né, Israël, dans le tumulte, et tu continues d’y vivre. À chaque anniversaire, le monde te demande des comptes que nul autre ne doit rendre. Ton anniversaire est une date qui revient chaque année rappeler au monde une chose insupportable pour lui : Tu es toujours là. Toujours là malgré la haine. Toujours là malgré les procès permanents. Toujours là malgré cette solitude organisée, presque méthodique.
On t’exige l’irréprochable dans un monde qui s’autorise tout. On te somme d’être moral quand on t’attaque physiquement. On t’isole, puis on t’accuse de ta solitude. Chacun de tes gestes est scruté, disséqué, jugé. Tu portes, enfin, le poids d’une mémoire que le monde instrumentalise autant qu’il l’oublie.
Et pourtant.
Et pourtant, tu tiens. Pas comme un symbole abstrait, mais comme une réalité charnelle, fragile et indestructible à la fois.
Joyeux anniversaire, Israël. Ce que je célèbre, ce n’est pas seulement ta naissance, C’est ta persistance : Tu es vivant. Debout. Je te souhaite la force de rester ce que tu es : un miracle lucide, une obstination, une vérité que rien ne parvient à dissoudre.
T’aimer, aujourd’hui, c’est accepter de regarder en face ce que cet amour engage : une vigilance constante, une inquiétude familière, une lucidité sans répit , parce que ton existence, loin d’être un fait acquis, est un combat renouvelé: n’es-tu pas le seul pays au monde dont la naissance est encore contestée comme une anomalie, et dont la survie est examinée comme un problème. Le seul dont chaque geste est disséqué, chaque faute amplifiée, chaque riposte suspectée. Le seul à qui l’on demande, non pas d’être juste, mais d’être irréprochable dans un monde qui ne l’est jamais. Et dans ce théâtre moral inversé, tu es sommé d’expliquer ta propre légitimité, encore et encore, comme si exister relevait déjà d’un excès.
Joyeux anniversaire, Israël. Tu n’es pas seulement un miracle. Tu es une persistance. Je t’aime sans détour. Dans la lumière, et dans ce face-à-face sans fin avec l’ombre.
Je te souhaite de continuer. De Continuer à vivre, à débattre, à douter, à créer. De Continuer à être ce pays réel, imparfait, vibrant, indocile aux assignations.
© Sarah Cattan
Merci à David Germon pour l’illustration et à Dina Kaplan pour la video

Permettez-moi de me joindre à cette sublime déclaration d’amour à Israël. Oui, ce pays est un miracle et une lumière pour le monde. Je n’ai pas votre maîtrise de l’expression, mais je partage cet amour.