En pleine guerre contre l’Iran : la Cour suprême sème l’anarchie à travers tout le pays. Mati Tuchfeld relayé par David Germon pour Tribune juive

CHRONIQUE • SYSTÈME JUDICIAIRE

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La décision du tribunal d’autoriser une manifestation en violation des directives du Commandement du Front intérieur, conjuguée au fait que cette décision a été rendue en plein jour de Shabbat — bien que ces deux éléments soient distincts — procède d’une même racine. Un mépris profond et patent de tout ordre institutionnel, de toute tradition, de toute loi et de tout ce qui possède une valeur contraire à la vision du monde des juges israéliens — mépris qui est devenu non seulement l’élément central, mais l’unique fondement de leurs décisions ces dernières années.
Tout autre considération — la position du Commandement du Front intérieur, seule autorité à avoir, jusqu’ici, compétence reconnue pour effectuer des évaluations sécuritaires de ce type, ou encore la loi sur les heures de travail et de repos — s’impose à toute entité du pays, publique ou privée. Mais elle ne dérange nullement la Haute Cour. Si les juges veulent des manifestations, elles auront lieu. Un point, c’est tout. Et personne ne peut leur dicter le contraire.
La décision du tribunal rendue hier constitue une pierre supplémentaire dans la transformation d’Israël en anarchie, sous le patronage des juges de la Cour suprême. Le Commandement du Front intérieur déploie des efforts considérables — moins sur le plan juridique que pédagogique — pour amener les civils à respecter les directives. Quel message la Haute Cour envoie-t-elle désormais en se plaçant au-dessus de cette autorité, en décrétant que certains rassemblements sont sacrés et supérieurs aux autres — comme les manifestations contre le gouvernement ou contre la guerre ?
« Qu’en est-il des personnes qui souhaitent se rendre au Mur des Lamentations fermé ? Ou assister à des célébrations familiales, à des matchs de football ? Parce que ces activités intéressent moins les juges de la Haute Cour, elles demeurent interdites ? »
Apparemment oui. Et non pas parce que ces manifestations sont moins dangereuses. Pas du tout.

Un communiqué risible et une décision rendue un Shabbat
Dans leur communiqué — censé justifier le fait de rendre une décision judiciaire un jour de Shabbat — les juges ont affirmé que, malgré leur demande, le Commandement du Front intérieur et la police avaient indiqué ne pouvoir remettre leurs avis qu’après une inspection des sites de manifestation et uniquement peu avant le début de l’événement, et non plus tôt.
Ce communiqué révèle plusieurs choses sur les juges qui y ont participé. Premièrement, il est permis de jeter n’importe quelle boue sur n’importe quelle autorité de l’État pour s’en sortir proprement sur le plan médiatique — y compris si cela est faux, comme l’a démontré la déclaration de la police, qui affirme avoir bel et bien fourni un avis professionnel avant le Shabbat.
Deuxièmement, les juges de la Cour suprême souffrent soit d’une ignorance stupéfiante, soit d’un décrochage de la réalité impressionnant. Dans une situation où des évaluations de la situation sont conduites chaque jour, quoi de plus logique que de prendre une décision au plus près du temps réel, plutôt que deux jours à l’avance ? Les juges n’ont-ils pas entendu parler des protocoles scolaires, décidés puis reportés, puis à nouveau reportés, finalement adoptés partiellement, avant d’être annulés de nouveau ? Ou des horaires de vols modifiés plusieurs fois dans la même journée ? C’est précisément là l’essence même d’une évaluation de situation.

Des experts compétents dépouillés de leur autorité
C’est précisément pour cela qu’il existe des autorités compétentes dont le rôle est d’arbitrer entre l’impératif de sécurité et le maintien d’une vie normale maximale. Le communiqué des juges ne fait que confirmer ce qui est déjà connu : ils n’ont la moindre idée ni de l’un ni de l’autre. Mais, bien entendu, ils s’arrogent le pouvoir de décision. Avec zéro responsabilité et zéro risque de leur côté.

La faiblesse du politique : complice passif de l’anarchie
Il faut également dire un mot de la faiblesse des politiques. Le ministre Kish s’est plaint hier que les manifestants qui ont tenté de forcer l’entrée de son domicile l’avaient fait avec la couverture du parquet. Et il a raison. Le système judiciaire et le parquet ont conduit les rues à une anarchie sans précédent.
Mais où sont Kish et ses collègues ministres, ainsi que les membres de la Knesset, pour remettre de l’ordre dans cette affaire ? En matière d’encadrement du parquet et de la Haute Cour, après trois ans et demi au pouvoir, avec des promesses tonitruantes mais peu de résultats concrets. Une fois le budget adopté et les élections tenues à leur terme probable, il reste encore quelques mois pour opérer un changement qui mette fin au laisser-aller de ceux qui ont délibérément décidé d’abandonner les citoyens d’Israël.

L’AUTEUR : Mati Tuchfeld

Chef du desk politique de Channel 14 (C14). Commentateur pour Maariv, présentateur du Journal de Midi sur Galei Israël. Pendant 18 ans, correspondant et analyste politique pour Israel Hayom. Conférencier, auteur et officiant de cérémonies de mariage.

Note de traduction — Cet article est traduit de l’hébreu depuis Channel 14 / C14 (14 ערוץ). Il s’agit d’une chronique d’opinion et ne reflète pas la position rédactionnelle du traducteur. Source originale : c14.co.il, article 1516527.

Merci à David Germon

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