Jacquot Grunewald. Kippour est un privilège

Pourquoi Kippour?

Pourquoi? Parce que la Tora prescrit (Lév 16, 29 et suiv.): Ce jour-là, vous ferez violence à vous-mêmes … Il vous absoudra, pour vous purifier, de toutes vos fautes. Face à L’Eternel, vous serez purifiés.

Kippour est un privilège

Kippour est un privilège. Alors que chaque homme, chaque femme, a ou devrait avoir la capacité de solliciter le pardon chaque jour et chaque heure, chacun en Israël y est convié dans un cadre et un cérémonial particuliers. Cependant il est deux sortes de pardon. Le pardon proposé à chacun s’il fait repentance, répare son comportement, corrige ses errements.

Le second pardon est d’un ordre différent. Il est expliqué ou illustré par le culte pratiqué à l’époque du Temple, celui du bouc émissaire, emportant au désert, d’où il ne revenait pas, les péchés d’Israël.

Dans une analyse très fine, fondée sur l’étude de Maïmonide et du rituel de Kippour, le célèbre rabbin Dov Soloveitchick[1] montrait que l’animal n’emportait pas les péchés des Israélites, de tous les Israélites, mais ceux… d’ “Israël”, d’une entité nommée Israël – peuple, nation, assemblée.

De cet Israël impérissable, bénéficiaire des promesses prophétiques et qui, chaque année, passant le cap de Kippour, est pardonné.

Cet Israël n’est pas seulement la réunion des Israélites auxquels le pardon ne peut aller que s’ils font repentance, il est d’une autre nature, il est corps et Idée, projet, espérance et promesse.

Si bien que chacun en Israël dispose de deux… canaux pour tenter d’arracher le pardon.

Le premier est pareil à la voie qui peut relier chaque homme, chaque femme sur terre à la source du Pardon. Simplement, le canal est activé en amont au jour de Kippour, alimenté, fortifié au même moment par la foule des repentants. Le pardon de Kippour, dans cette perspective, sollicite leur prière et ne peut se concevoir sans l’effort de la repentance.

Le deuxième canal ne dépend pas vraiment du repentir. Grâce à lui on communique avec la source par le simple fait d’adhérer à l’entité qui a nom Israël. Certes,il n’y a plus de bouc émissaire, mais la journée de Kippour par elle-même emporte dans le désert les péchés d’Israël.  

Voilà ce qu’en dit la Tora –si l’on veut bien accepter que les rabbins ont l’autorité de l’exposer.

Les “Juifs de Kippour disent leur adhésion à Israël

Ce qui paraît surprenant –et merveilleux– c’est que les “Juifs de Kippour”, ces hommes et ces femmes qui de manière générale ne leur reconnaissent pas cette autorité, apportent à Kippour un appui spontané et massif à cette théorie des deux canaux du Pardon. Peut-on expliquer d’une autre manière, si ce n’est par la volonté d’adhérer à Israël, ce flux ininterrompu des Juifs en direction des synagogues de Kippour? Ces assemblées bruyantes qui se forment spontanément devant les oratoires improvisés et que la logique n’a pas le pouvoir de susciter? Au-delà de l’émotion, des sentiments du cœur et des prières murmurées – ou contenues – qui ne suivent pas les cheminements d’un rituel qui leur est étranger, ces hommes et ces femmes ressentent le besoin de communier avec Israël.

D’où leur vient-il en cette journée de Kippour? D’où leur vient la nécessité de jeûner, de s’astreindre à une abstinence difficile, alors que tout au long de l’année, ils ne connaissent pas de frein, ou peu de freins, à leurs appétits? Avons-nous donc une âme – l’âme d’Israël – qui s’attache à notre âme et la force d’aimer?

Eh bien oui, l’âme d’Israël nous fait aimer Israël, l’aimer si fort que malgré les doutes ou les certitudes, les infidélités et les habitudes, Kippour nous réunit, nous unit et ouvre à chacun la source du pardon.

© Jacquot Grunewald   


[1] “Al Ha-techouva”, selon les notes et les commentaires de Pinhas Hacohen Péli, Edit. de l’Organisation Sioniste Mondiale, Jérusalem 1974.


Rabbin, écrivain, journaliste, Jacquot Grunewald vit en Israël depuis 1985.

Jacquot Grunewald, reprenant en 1965 la direction du Bulletin de nos communautés d’Alsace et de Lorraine, en fit l’hebdomadaire d’informations Tribune juive, qu’il dirigera 25 ans durant, jusqu’en 1992.

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