Khaled Slougui. Humeur du jour. Le Président et la laicïté

Le discours tant attendu de Mulhouse est un vrai fiasco

Le Président a un problème avec la laicïté



Dès l’élection de Macron, la promesse a été faite d’un grand discours sur la laïcité. Le moins qu’on puisse dire est que ce discours a trop tardé, si bien qu’il a perdu tout intérêt puisque la pratique et les faits ont précédé les intentions. Il semble plutôt être question de valider une politique à postériori.

L’on se serait attendu à un grand discours fondateur d’une nouvelle ère où la laïcité serait souveraine chez elle, et la religion renvoyée à la sphère privée, car il n’est pas dans son dessein originel d’organiser la société dans ses rapports à l’Etat.

L’on aurait voulu de la pédagogie pour expliquer que la laïcité ne peut être réduite à un particularisme non transposable dans certaines cultures. Et que la loi est supérieure à la religion : “la liberté consiste à ne dépendre que des lois“, disait Voltaire.

Tout ça pour ça! Depuis presque 2 ans, Macron nous menace avec son ex-futur discours sur la laïcité. En fin de compte, il s’agit d’un échec cinglant, comme sur tous les autres sujets, pour paraphraser Marcel Gauchet dans un journal belge : ” Macron a échoué sur tout“.

Dans cette HUMEUR, je souhaite analyser les choses de plus près, même si je mobilise à cet effet des positions défendues par le passé. Voici donc : 
1 – Le discours tant attendu de Mulhouse est un vrai fiasco.

Le discours tant attendu de Mulhouse est un vrai fiasco

1 – Ni ramage, ni plumage , avec plein de contradictions en prime. Macron aurait voulu créer de la confusion autour du principe de laïcité, qu’il ne se serait pas pris autrement : concilier la chèvre et le chou, en “même temps”, cela ne nous change pas.En campagne électorale, Macron n’a voulu froisser personne, il est resté égal à lui-même : plaire à tout le monde. L’on est en présence d’incantations, là où il eût fallu un discours ferme incarnant un Etat fort qui ne badine pas avec la laïcité. On l’a vu plus autoritaire sur d’autres domaines, il n’est que de se rappeler les Gilets Jaunes

Le problème n’est pas celui de la laïcité, dit Macron

2 – Le problème n’est pas celui de la laïcité, dit Macron; il pousse même l’inconscience au point d’enfourcher la rhétorique islamiste qui transforme la laïcité en instrument de bataille contre l’islam, et c’est là une position de toujours des islamistes et des tristes bigots qui leur servent la soupe. Alors qu’en vérité ce sont les islamistes qui se servent de l’islam pour combattre la laïcité. Donc oui! Le président a un problème avec la laïcité.Les tenants de l’islam politique ont toujours affirmé que la société n’est pas laïque, et que seul l’Etat l’était; Macron leur répond, comme en écho : la laïcité c’est la neutralité des services publics, pas de la société. Ajouter de la confusion à la confusion pour éviter d’aborder les vrais problèmes ne trompe plus personne.En affirmant cela, il escamote le vrai sens de la neutralité, car il n’en a jamais été question pour la société, et les problèmes et les difficultés ont toujours concerné peu ou prou, les services publics, qu’il s’agisse du voile, des soins à l’hôpital, des cantines scolaires…

Les quatre lignes de force


3 – Les quatre lignes de force dont parle Macron sont en vérité des lignes de faiblesses. Pour au moins l’une d’elles, favoriser l’organisation du culte musulman en France, c’est une remise en cause intolérable du principe de séparation : l’Etat n’a pas à se mêler des affaires des religions. Il ne l’a d’ailleurs jamais fait pour les autres religions.Depuis toujours, je me suis opposé à une représentation des musulmans. La communauté musulmane n’existe pas en réalité : c’est une mythologie, un fantasme et une chimère à la fois, l’islam étant pluriel. La seule représentation en république, c’est la démocratique. Le reste relève du privé, il y a des milliers d’associations animées par des musulmans.Le séparatisme est d’abord l’oeuvre de l’Etat, si on y souscrit. En réalité, c’est une interprétation fantasmée et forcée des choses qui a pour seul objectif de faire peur, de galvaniser le RN, et ce faisant, créer les conditions pour rejouer le match de 2017 en 2022.Récapitulons, Macron est en campagne, il n’en a rien à foutre des problèmes des français. Ce n’est pas la laïcité qui l’intéresse, son double discours ne peut duper personne : d’un côté, il traite avec l’islam politique, de l’autre côté, il fait dans l’excès en parlant de séparatisme.Il y a des limites à la Baraka. Pour moi, ce sera TSM : Tout Sauf Macron.

L’islam politique, c’est Lasfar, Iquioussen, Nghazou…


4 – ll ne faut pas oublier que l’islam politique, c’est Lasfar, Iquioussen, Nghazou… Qui ont appelé à voter pour Macron. Cherchez l’erreur. La couleuvre est trop grosse pour être avalée. Il marche sur la loi de 1905 (pas une seule fois elle n’a été citée dans le discours), en voulant financer la construction des mosquées. Un scandale ! D’expérience, l’on sait qu’il n’y aura jamais assez de mosquées, même si la prière à la mosquée n’est pas une obligation canoniqueLa dernière perle a trait à une école nationale des imams. C’est aux musulmans de former leurs imams; la république a une autre priorité, celle de redresser l’école publique abîmée par l’intrusion du Religieux.


5 – En Réponse à un ami qui voulait savoir ce que je pensais de l’article paru sur Parismatch.comla marche tranquille de l’islamisme“, j’ai répondu : Pour moi, il n’y a que des redites. La situation actuelle, je l’avais prévue il y a 25 ans, je n’ai pas attendu que des professeurs de la Sorbonne et de sc.po. s’en rendent compte sur le tard. A part qu’eux restent dans l’évènementiel, sans pointer la responsabilté de l’Etat et des élus qui ont laissé faire. La pire des illusions, c’est de croire à un possible dialogue avec les islamistes. La seule réponse à apporter c’est l’utilisation de la puissance publique, et il n’est pas trop tard comme on l’entend ici et là. L’Etat doit rétablir l’ordre républicain d’une main de fer. Le problème n’est pas religieux, il est politique. A chaque fois que l’Etat a été ferme, personne n’a bronché. L’exemple de Marseille est édifiant : la mosquée salafiste la plus importante a été fermée et transformée en un centre du 3e âge, l’imam a été renvoyé en Algérie, et aucun musulman n’a bougé. La laïcité n’a pas besoin de toilettage, on peut fonctionner avec la loi 1905 telle qu’elle est. Par ailleurs s’échiner à organiser le culte musulman coûte que coûte, est une erreur, que dis-je, une faute grave, c’est un déni de citoyenneté pour les musulmans. Il faut laisser les musulmans s’organiser sans intervention de l’Etat et ne pas financer les éventuelles associations qui se créeraient dans ce sens. L’Etat n’a pas à se soucier de la paix des âmes (H.P. RUIZ), il a à régler les problèmes des dits quartiers qui n’ont rien de spécifique. Macron prend le chemin inverse pour des raisons électoralistes, faut-il le rappeler. Tel le docteur Faust, Macron vend son âme au diable, pour quelques voix.

Conclusion


Conclusion : Plus que jamais, les conditions sont réunies pour l’éradication de l’islamisme, et il n’y a pas d’alternative à ça. Il faut se dessiller les yeux. Sinon, on pourrait assister à un remake de ce qui s’est passé dans certains pays musulmans. L’islam existe en France depuis l’ancien régime, il n’a jamais posé de problèmes particuliers, les difficultés sont apparues avec la révolution iranienne qui a donné des ailes à l’islam politique. Il faut revenir au statut quo ante, en faisant reculer le communautarisme et en neutralisant les acteurs. L’Etat doit retrouver le réflexe laïque : vivre l’autonomie du politique par rapport à la religion.

Et comme souvent, Voltaire , pour digérer le tout : “Avouez qu’il est plus doux d’être né dans un pays libre. Pour moi, si je reviens jamais au monde, je veux renaître républicain“.
Une bonne journée.

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