Je m’appelle Yogev. J’ai parlé hébreu dans le métro parisien. Sarah Cattan

D’abord… Est-ce que c’est vrai tout ça. Ça s’rait pas un coup monté, encore, ça ? C’est quoi cette histoire encore. Yogev. A-t-on idée de se prénommer Yogev. Et pourquoi pas Israël hein. L’insolent. Un jour de grève de surcroît. Monsieur se mêlait de répondre à un message vocal sur Whatsapp. Et il le fit … en hébreu !

En hébreu ? Et vous auriez voulu peut-être que ça passât crème ?

Quoi il était étudiant? Quoi à HEC? Quoi la rame de métro était bondée dès 6h 55 ce matin?

Et puis Quoi, Toi, Yogev, qui te mêles de parler hébreu. A Château d’eau. A Paris. Dans le métro ! Et tu t’étonnes de t’être fait tabasser

Ben oui mon trésor. La France désormais c’est ça: La France n’est pas antisémite MAIS:

Israël, Certains n’aiment pas

Israël, certains détestent

Israël certains haïssent

Et ceux-là, ils te l’ont fait savoir. Car dis-moi un peu, dis-moi voir : Et pourquoi se gêneraient-ils dis-moi. Vu le prix que ça coûte. Rapport risques-bénéfices, ils n’ont pas grand-chose à y perdre. Assouvir sa haine, comme ça, de bon matin, ça s’pourrait ça ressemble un peu à l’orgasme. L’orgasme du peine à jouïr.

C’est dégueulasse

Quelqu’un s’en est-il mêlé. Quelqu’un a-t-il saisi le lascar par le cou. Quelqu’un a-t-il tenté. Quelqu’un s’est-il interposé. Une rame de métro, enfin ! Un mec qui parle au téléphone. Et qui se fait tabasser. Juif qu’il était. Israélien de surcroît. Facho forcément. Tueur d’enfant palestinien à tous les coups. Du sang sur les mains assurément.

Avouez que c’est ballot

Avouez que c’est ballot. Ce truc encore qui va clore le bec à tous ceux-là : Les désormais célèbres 127. Mais encore tous les autres. Ceux qui prenaient des mines délicates. A vous découper tout ça en 4. A se livrer à leur masturbation favorite. Toute intellectuelle qu’elle était. Qui se perdaient en vaines spéculations : Et que si.. Et que ça… Que la résolution c’était pas trop une idée qu’elle était bonne. Que même peut-être, outre de désormais clore le bec à toute critique de l’Etat hébreu, ça raviverait l’antisémitisme. La judéophobie tu sais. Le truc que certains aiment à nier. Que d’autres, Juifs honteux, se plaisent à penser que nous le fantasmons. Que nous l’inventerions, bientôt.

Ô les pincettes que d’aucuns prirent. Il fallait faire attention à ce que l’on voulait condamner, avait péroré Nicole Belloubet. On doit pouvoir critiquer la politique de M. Netanyahu, s’était écrié celui-là, pendant que cet autre en avait fait un bouquin : Antisémite. Après s’être fendu d’un premier opus : A-t-on le droit de critiquer Israël ?

Ne votez pas la résolution de Sylvain Maillard, s’était enflammé celui-là, abrité chez Mediapart et associé à France Palestine Solidarité. Lançant sa pétition. Contre l’ami des colons de Cisjordanie. Qui tentait de faire de la définition de l’International Holocaust Remembrance Alliance (IHRA) une résolution de l’Assemblée nationale. Pétition qui rassembla de pauvres voix : Pascal Boniface. Ce cher Rony Brauman. Ce très cher François Burgat. Alain Gresh. Shlomo Sand. Michel Tubiana. Ils étaient tous là. Là où nous les attendions.

La résolution fut votée. Ne voilà-t-il pas qu’elle citait, entre autres exemples répréhensibles, les attaques à l’encontre de l’État d’Israël lorsqu’il est perçu comme une collectivité juive.

Et ajoutait que Cependant, critiquer Israël comme on critiquerait tout autre État ne pouvait être considéré comme de l’antisémitisme.

Il fut dit que ladite résolution allait permettre de distinguer ce qui était antisémite de ce qui ne l’était point. Que cette définition allait ensuite être diffusée auprès de nos institutions policières, juridiques et éducatives pour que chacun pût faire le distinguo entre ce qui relevait de l’antisémitisme et ce qui n’en relevait pas.

Alors.

Avoir tabassé Yogev, l’avoir laissé pour mort parce qu’il parla hébreu, revient-il à lui dire qu’il était malvenu ici. Qu’il devait, lui aussi, rentrer chez lui. A Tel Aviv.

Anti sionisme. Anti sémitisme

Sans valeur contraignante certes, ladite résolution, lorsqu’on aura rattrapé les deux lâches qui ne supportèrent pas qu’un homme parlât hébreu pourra-t-elle être, à tout le moins, une référence. Une raison d’envoyer nos guignols au Tribunal. Pour antisémitisme.

Lorsque les media ne tairont plus les faits. Lorsque nous les apprendrons aussitôt! Et non 48 heures après! Via Israël! Lorsque la France ne craindra plus de nommer aussi les agressions antisémites venues “d’ailleurs”…

De l’encre et du temps parlementaire dépensés pour rien, avait écrit Barbara Lefebvre, perplexe. Et pour cause. Dès l’instant où nommer cet antisémitisme venu se surajouter à celui de l’extrême droite, coloré de fondamentalisme islamique, protégé par toute une clique de nouveaux humanistes, faisait de vous un facho ou un islamophobe ou les 2. Dès l’instant où si vous refusiez d’assimiler Gaza à Auschwitz, vous étiez un salaud…

Non, Elisabeth Lévy, cette résolution n’était pas dangereuse en cela qu’elle allait nourrir la compétition victimaire et le parallèle délétère entre juifs d’hier et musulmans d’aujourd’hui – ainsi que le sentiment qu’il « n’y en a que pour les juifs[1] .

Mais oui, Elisabeth Lévy : Il devrait être possible, encore plus modestement, de faire appliquer les textes qui répriment les agressions.

Sauf qu’il s’agit là d’un vœu pieux. On glose encore sur l’antisémitisme des assassins de Sarah Halimi ou Mireille Knoll. Faire appliquer les textes qui répriment les agressions, certes. Enoncer la nature antisémite des dites  agressions. Par souci de clarté.  Pour que Yogev parle et chante si le cœur lui en dit demain. A Paris. En hébreu. Juste Comme si Israël était un Etat. Comme un autre. Ni plus.  


[1] Elisabeth Lévy. Causeur.

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7 Comments

  1. A quand la Loi du Talion ?
    N est ce pas la seule réponse courageuse que nous devons avoir enfin le Courage d appliquer à ceux qui nous haïssent et nous persécutent depuis plus de 2000 ans dans ce continent maudit.

    • La Loi du Talion ne ferait que desservir Yogev et innocenter ces criminels et tous les antisémites…
      Pour l’instant, en France, il est encore possible de traduire en justice ces criminels, et même pour “non-assistance à personne en danger” tous ceux qui, présents et témoins de la scène, ne sont cependant pas intervenus. Ce sont des procédures longues et difficiles mais qu’il est possible de mener jusqu’au bout. Et là, le Mossad, si efficace à déjouer les projets d’attentats dans le monde, et notamment en France, peut intervenir dans cette chasse aux criminels puisqu’il existe des caméras dans les rames de métro…
      En tout cas, il ne faut pas laisser passer cela, c’était carrément un lynchage en public, ça donne la chair de poule…

  2. France dangereuse aux Juifs visibles et audibles

    Le 9 décembre 2019, à 6H55, à Paris, à la station de métro Château d’Eau, un jeune israélien d’une trentaine d’année, étudiant à HEC, qui s’exprimait en hébreu au téléphone a été agressé par deux individus qui hurlaient des insanités contre lui sous les encouragements de passagers qui désignaient la victime aux coups des agresseurs. Transportée à l’hôpital Lariboisière par les secours, la victime souffre de fracture, & de plaie. L’agresseur s’est enfui.

    Agression physique, ambiance de lynchage de la part de voyageurs assistant au délit, haine à l’égard d’une personne s’exprimant en hébreu, tel est un des tableaux que présente le métro parisien.

    La France, depuis de nombreuses années, est devenue dangereuse aux personnes juives et israéliennes, visibles et audibles.

    Pierre Saba
    11 décembre 2019

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