Julien Brünn et cette manière très française — et très intellectuelle — de s’accorder à soi-même la posture de la hauteur stratégique pendant que « les autres » seraient réputés céder à l’émotion ou au piège médiatique. Par Sarah Cattan

Le désaccord, chers Lecteurs, chers Auteurs, est légitime. Sain. Nécessaire. Ce qui me gêne davantage, c’est cette manière très française — et très intellectuelle — de s’accorder à soi-même la posture de la hauteur stratégique pendant que les autres seraient réputés céder à l’émotion ou au piège médiatique.

Ce qui me heurte, Julien Brünn, n’est pas votre analyse: c’est la position implicite que vous vous octroyez : Vous seriez, vous, du côté de la lucidité froide ; Je serais, moi, du côté de l’émotion ou de l’imprudence morale. Vous instaurez ce disant une hiérarchie implicite entre vous qui « comprendriez » les enjeux stratégiques », Moi qui parlerais sous l’effet de l’indignation.

Comme si le silence était toujours la marque supérieure de l’intelligence.

Je ne crois pas cela. Je crois même que cette posture peut devenir, elle aussi, une facilité.

Oui, la flottille était une opération de communication. Oui, ses organisateurs espéraient produire des images contre Israël. Oui, il fallait éviter le piège.

Mais précisément : pourquoi ajouter au piège une mise en scène humiliante supplémentaire ?

Dire cela ne signifie pas qu’on « tombe » dans la guerre médiatique. Cela signifie qu’on refuse qu’Israël s’y jette lui-même avec enthousiasme.

Je me méfie plus que jamais d’une certaine rhétorique de la surplombante lucidité, qui finit parfois par transformer toute critique interne en faute stratégique.

Comme si aimer Israël imposait désormais de suspendre tout jugement public jusqu’à la fin des guerres, des élections, des crises diplomatiques ou des offensives médiatiques.

Israël n’est pas seulement un pays en guerre. C’est aussi une démocratie vivante. Et les démocraties vivantes supportent la critique — surtout lorsqu’elle vient de ceux qui les chérissent.

© Sarah Cattan

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1 Comment

  1. Madame, j’entends tout ce que vous dites, je comprends vos arguments, mais je pense que vous vous trompez.
    Lors de l’arraisonnement de la première flottille il y a qq années, plusieurs soldats israéliens étaient attendus et ont été massacrés à coups de barres de fer. Ils sont aujourd’hui invalides, sur des fauteuils roulants.
    Depuis, il y en a eu d’autres, dont une avec Rima Hassan qui affiche clairement sa sympathie pour le hamas et sa joie des massacres de juifs.
    Tous ces gens des flottilles sont les portes-drapeaux de la liquidation des juifs en Israel et partout dans le monde.
    Ils se revendiquent du Hamas, se réjouissent des victimes israéliennes. Ce sont les héritiers des nazis.
    Croyez-vous vraiment que faire taire Ben Gvir va les radoucir ?? Que les hypocrites de l’ONU et autres chefs d’états vont changer et cesser de condamner Israel pour tout et pour rien ?

    Pour conclure,
    j’écoute de temps en temps un type sur youtube, classé d’extreme droite, mais qui est un ami d’Israël. Il dit les choses avec humour et simplicité. Le sujet ici concerne « les méchants sionistes qui maltraitent les militants pour gaza » vs « les gentils européens humanistes ». Je vous propose de l’écouter.
    https://youtu.be/0htTuNlvBjU?is=tn3M5xK5SMIB66C9

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