Un documentaire contesté, une réclamation balayée d’un revers de main. Derrière l’affaire juridique, une question de fond : France Télévisions applique-t-elle à Israël les mêmes standards qu’aux autres sujets sensibles ?
Le 19 avril dernier, France 5 diffusait en prime time « Palestine, une histoire ». Dès le lendemain, l’association « Actions Avocats » adressait au groupe public une réclamation en bonne et due forme : manque de pluralisme, omissions factuelles, absence de neutralité. La réponse de France Télévisions ? Un courrier a été envoyé au producteur, avec pour message implicite à l’attention de « Actions Avocats » : ce n’est pas notre problème.
Pour les spécialistes du droit des médias, l’esquive est juridiquement intenable — le diffuseur reste responsable quoi qu’il arrive — et révèle plus largement le traitement réservé par le service public aux sujets touchant Israël.
Un biais documenté, une complaisance installée
Depuis le 7 octobre 2023, plusieurs associations, chercheurs et professionnels des médias relèvent des constantes dans les programmes du groupe public : surreprésentation des témoignages palestiniens, absence de contextualisation des attaques du Hamas, recours à des « experts » systématiquement critiques envers Israël, formulations asymétriques.
Réalisé par Alain Lewkowicz et adossé à un conseil scientifique réunissant Vincent Lemire et Henry Laurens, le documentaire en trois épisodes adopte un point de vue centré exclusivement sur le « peuple palestinien », au détriment de toute voix israélienne significative — quand les documents israéliens ne sont pas eux-mêmes qualifiés de « propagande ». S’y ajoutent l’usage systématique de « Palestine historique », terme géographique transformé en entité politique, et un lexique chargé (« colonisation », « anéantissement de Gaza ») qui focalise unilatéralement le récit.
Arafat héroïsé, Hamas édulcoré
Les épisodes 2 et 3 présentent Yasser Arafat comme l’incarnation héroïque de la résistance palestinienne. Sont passés sous silence : le terrorisme systématique, la corruption massive, le détournement d’aides internationales, le double discours — paix en anglais, incitation à la violence en arabe — et le rôle d’Arafat dans le sabotage des accords d’Oslo, du rejet de Camp David en 2000 au déclenchement de la seconde Intifada.
Le Hamas, lui, est décrit dans l’épisode 3 comme une « force politique montante un peu radicale ». La formulation gomme l’essentiel : charte appelant à la destruction d’Israël, antisémitisme constitutif, terrorisme érigé en stratégie, alliance avec l’Iran, militarisation de Gaza. Le 7 octobre 2023 — pogrom massif et délibéré — y apparaît comme « un épisode violent de plus », sans contrepartie sur la responsabilité du Hamas dans le rejet des compromis et l’instrumentalisation militaire de la population civile.
C’est très exactement le type de récit que les obligations d’« honnêteté de l’information » imposées au service public sont censées prévenir.
Le pluralisme, ce n’est pas une option
France Télévisions n’est pas une chaîne privée. Elle est financée par l’argent public du contribuable français. La loi du 30 septembre 1986 lui impose explicitement le pluralisme, l’honnêteté de l’information et la rigueur dans le traitement des faits ; son cahier des charges, fixé par décret, décline ces principes en détail.
La question est simple : France Télévisions applique-t-elle ces standards avec la même rigueur qu’elle le ferait pour d’autres sujets inflammables — racisme, islamophobie, antisémitisme sous d’autres formes ? Beaucoup en doutent.
« Ce n’est pas nous » : un aveu qui se retourne contre la chaîne
En renvoyant la réclamation vers le producteur, France Télévisions a cru esquiver le débat. C’est juridiquement inopérant : le diffuseur reste le seul interlocuteur légal face au public et au régulateur, quelle que soit la clause contractuelle. Surtout, cette posture révèle une chaîne de service public qui refuse d’assumer ses choix éditoriaux. C’est bien France Télévisions qui a commandé ce documentaire, qui l’a validé, qui l’a placé en prime time. Se défausser sur le producteur, c’est prétendre n’avoir exercé aucun contrôle éditorial — ce qui contredit à la fois la réalité des pratiques et la définition légale de son rôle.
Ce que demande « Actions Avocats«
L’association ne réclame ni interdiction ni silence sur la question palestinienne. Elle demande ce que tout citoyen est en droit d’attendre du service public : un traitement équilibré, sourcé, à la hauteur d’un conflit aussi sensible.
La question qui reste sans réponse
Quand France Télévisions produit ou diffuse des contenus sur le conflit israélo-palestinien, à qui parle-t-elle ? Quel récit choisit-elle de porter ? Et surtout : qui vérifie que ce récit respecte les obligations légales du service public ?
L’ARCOM a été saisie. « Actions Avocats » envisage une action judiciaire. Pour un service public financé par tous les Français, se taire sur le fond — ou pire, botter en touche — n’est tout simplement pas une option. Ce type de comportement doit cesser.
© Maîtres Annie Cohen et Déborah Journo (Actions Avocats)

Excusez moi d etre epatė par ce texte !
Vous etes en France ! Le pays de l AFP , seule agence occidentale qui fonctionne comme en coree du nord ou en russie .
La presse est aux ordres , les ecole de journalisme sous controle etroit , la TV parle d une seule voix , celle du pouvoir et malheur a ceux qui pretendent diverger !
France TV a produit l affaire Al dura avec la benediction et la protection totale de chirac et du pouvoir .
Ou avez vous aperçu l ombre d un media public libre en France ? Et quand ?