
Lorsque l’on parle d’islamistes ayant décapité un professeur, certains bas du front, racistes, xénophobes ou idiots utiles feront effectivement l’amalgame. C’est un risque réel. Mais ce risque doit-il pour autant nous condamner au silence ?
Faut-il renoncer à dénoncer une idéologie meurtrière sous prétexte que quelques-uns l’utiliseront pour salir des innocents ?
Faut-il ne plus nommer les courants religieux radicaux, ne plus alerter sur les dérives communautaristes, ne plus faire de films, ne plus écrire, ne plus penser, parce que d’autres penseront mal ?
Non.
La réponse à l’amalgame n’est pas le silence. C’est la précision. C’est la rigueur. C’est le courage de distinguer les musulmans des islamistes, les croyants des fanatiques, la foi intime de l’idéologie totalitaire.
Et j’observe, au passage, que ceux qui hurlent — souvent à juste titre — au danger de l’amalgame lorsqu’il nourrit l’islamophobie sont parfois les mêmes qui, dans le même souffle, se permettent de cracher sur tous les Israéliens et sur les Juifs de diaspora au nom d’un gouvernement.
Autrement dit : ils savent parfaitement ce qu’est un amalgame quand il les arrange.
Ils savent le nommer, le dénoncer, en mesurer la violence. Mais dès qu’il s’agit des Juifs, cette prudence morale disparaît comme par enchantement.
Se taire, ce serait donc laisser les fanatiques parler seuls. Et laisser les racistes confisquer le sujet.
©️ Nataneli
Nataneli Lizee est journaliste et Correspondante de Presse

« C’est le courage de distinguer les musulmans des islamistes »
Un islamiste est un musulman.
Un bon musulman, normalement, se doit de ramener l’humanité dans la maison de l’Islam.
Il y a aussi ce que l’on appelle les cercles du djihad.
Premier cercle : Il y a ceux qui commettent les actes de terrorisme et qui font de l’idéologie médiatiquement, publiquement, et ceux qui financent directement.
Deuxième cercle : Il y a ceux qui ne commettent pas les actes et qui ne font pas médiatiquement de l’idéologie, mais qui soutiennent le premier cercle.
Troisième cercle : Il y a ceux qui ne sont pas pour la violence, pas totalement pour l’idéologie, mais qui estiment que parfois, l’acte de violence peut être parfois, dans certain cas accepté. Par exemple des musulmans ont dit que ça n’était pas bien de caricaturer le prophète, et que donc, « on » pouvait comprendre, quelque part, l’acte de violence contre les caricaturistes, qu’il serait quelque par légitime.
Il y a ceux qui sont contre le terrorisme, la violence, mais qui sont pour l’imposition de la charia. Avec des musulmans qui en Occident, préfèrent la loi islamique aux lois des pays occidentaux.
Tout cela ça représente, plus de la moitié des musulmans dans le monde. Soit plus de 800 millions de personnes.
On peut reconnaître qu’il existe des continuités idéologiques possibles entre certaines interprétations rigoristes de l’islam et l’islamisme politique, sans pour autant considérer que tous les musulmans seraient islamistes.
Certaines doctrines religieuses peuvent contenir des éléments favorisant une vision séparatiste, théocratique ou expansionniste du monde : primauté de la loi religieuse sur la loi civile, division entre croyants et non-croyants, rejet du blasphème, volonté d’encadrer l’ensemble de la société par la religion.
Ces éléments peuvent servir de base intellectuelle ou morale à des mouvements islamistes.
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Aussi :
Les courants libéraux, modernistes ou réformistes de l’islam ont largement perdu en influence dans une grande partie du monde musulman depuis plusieurs décennies, au profit de courants plus conservateurs, littéralistes ou identitaires. Au XXe siècle, certains intellectuels et dirigeants musulmans défendaient pourtant des formes de sécularisation, de réforme religieuse ou de compatibilité forte avec les institutions libérales occidentales. Mais les échecs du nationalisme arabe, la montée du salafisme financé par les pétromonarchies, la révolution iranienne de 1979, les conflits géopolitiques, les crises économiques et identitaires ou encore le ressentiment postcolonial ont contribué à marginaliser ces tendances. Sans avoir totalement disparu, elles apparaissent aujourd’hui souvent plus faibles socialement, moins structurées institutionnellement et parfois rejetées dans de nombreux pays musulmans. On observe également qu’en Occident, certains musulmans réformistes, laïques, ex-musulmans ou critiques de l’islam subissent des menaces, des intimidations ou des pressions venant d’autres musulmans vivant dans les mêmes sociétés. Des écrivains, intellectuels, enseignants, caricaturistes ou militants ayant critiqué certains aspects de l’islam, du salafisme ou de l’islamisme ont été menacés de mort ou placés sous protection policière, ce qui alimente l’idée que les courants libéraux ou réformistes de l’islam peuvent se retrouver fragilisés non seulement dans certains pays musulmans, mais aussi au sein des diasporas occidentales.
Les courants libéraux ou réformistes de l’islam restent aujourd’hui minoritaires dans de nombreuses sociétés musulmanes et ils rencontrent une forte résistance sociale, religieuse ou politique, même en Occident.
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