
Lorsque l’on parle d’islamistes ayant décapité un professeur, certains bas du front, racistes, xénophobes ou idiots utiles feront effectivement l’amalgame. C’est un risque réel. Mais ce risque doit-il pour autant nous condamner au silence ?
Faut-il renoncer à dénoncer une idéologie meurtrière sous prétexte que quelques-uns l’utiliseront pour salir des innocents ?
Faut-il ne plus nommer les courants religieux radicaux, ne plus alerter sur les dérives communautaristes, ne plus faire de films, ne plus écrire, ne plus penser, parce que d’autres penseront mal ?
Non.
La réponse à l’amalgame n’est pas le silence. C’est la précision. C’est la rigueur. C’est le courage de distinguer les musulmans des islamistes, les croyants des fanatiques, la foi intime de l’idéologie totalitaire.
Et j’observe, au passage, que ceux qui hurlent — souvent à juste titre — au danger de l’amalgame lorsqu’il nourrit l’islamophobie sont parfois les mêmes qui, dans le même souffle, se permettent de cracher sur tous les Israéliens et sur les Juifs de diaspora au nom d’un gouvernement.
Autrement dit : ils savent parfaitement ce qu’est un amalgame quand il les arrange.
Ils savent le nommer, le dénoncer, en mesurer la violence. Mais dès qu’il s’agit des Juifs, cette prudence morale disparaît comme par enchantement.
Se taire, ce serait donc laisser les fanatiques parler seuls. Et laisser les racistes confisquer le sujet.
©️ Nataneli
Nataneli Lizee est journaliste et Correspondante de Presse
