Guerre d’Iran: qui est vainqueur ? vaincu ? Par Sydney Touati

L’ouverture de négociations avec l’Iran a laissé un goût amer chez de nombreux commentateurs. On s’interroge sur le résultat de cette guerre. D’aucuns estiment que l’Iran l’a emporté; que le régime des mollahs triomphe.

On aurait certes aimé que ce régime affreux s’effondre et qu’une démocratie lui succède. Mais l’histoire ne semble pas aimer les situations nettes et se moque de nos rêves naïfs. Les politiques évoluent toujours, hélas, en eau trouble, et sont à l’aise dans le marigot où tous les coups sont permis au nom de l’intérêt de chacun.

L’Iran, en raison de son pétrole et de sa position géo-stratégique, est depuis 1940 un enjeu majeur,  passant alternativement sous la coupe de l’Angleterre puis des USA à la suite d’une succession de coups d’État. 

L’Angleterre a traditionnellement fondé sa politique sur la division de ses adversaires-concurrents, opposant les puissances européennes les unes aux autres, soutenant la Sublime Porte pour affaiblir la Russie ou l’Allemagne pour dominer la France et inversement.

La France de son côté, avec de Gaulle, s’est rapprochée de la Russie soviétique et du monde arabe (idem pour Chirac avec la Chine et les Arabes) pour équilibrer les rapports Nord-Sud et jouer un rôle actif dans la Guerre froide qui oppose les super-puissances.

En réalité, les pays de l’U.E. ont gardé un souvenir humiliant du triomphe des États-Unis en 1945. Les peuples (tout comme les Iraniens aujourd’hui) ont certes applaudi l’arrivée des Alliés, non les classes dirigeantes.  Il ne faut jamais perdre de vue que le bloc dirigeant actuel des pays européens est composé à 80% par le personnel issu des administrations et des corps intermédiaires qui ont collaboré activement avec l’Allemagne nazie.

Passé le choc produit par la découverte de la Shoah, chacun d’entre eux est de nouveau soumis à la grande loi de l’histoire: « le mort saisit le vif ». En atteste la politique violemment anti-israélienne et anti-américaine de l’U.E. qui sent bon les nostalgiques revanchards du IIIème Reich. Jean-Claude Milner a étudié ce phénomène dans son livre « Les penchants criminels de l’Europe démocratique. »

1979: l’œuvre de Giscard et de Carter

 En 1979, l’Amérique de Jimmy Carter et l’Europe de Giscard d’Estaing favorisent la prise du pouvoir de l’Ayatollah Khomeini sous les applaudissements de la gauche et des démocrates. Depuis cette date, le régime des Mollahs a ouvert un nouveau front, celui de la bataille pour la domination du monde musulman, par l’usage systématique de l’arme du terrorisme de masse ou ciblé, qui passe par l’élimination pure et simple de l’Etat d’Israël.
Vu le nombre de condamnations écopées par l’État hébreu, on constate que l’ONU a parfaitement intégré la volonté des mollahs.

L’anti-américanisme primaire de l’U.E.

L’U.E. ne semble pas s’émouvoir outre mesure de la menace que fait planer sur l’existence d’Israël le régime des Mollahs, ni des crimes de masse que ces derniers ont commis et commettent sur leur peuple. By By les droits de l’homme… L’U.E. veut un monde multipolaire dans lequel elle espère avoir un rôle à jouer. Elle refuse le leadership américain revendiqué par Trump. Pour ce faire, elle travaille à sauver le régime des mollahs et ses satellites du Hamas et du Hezbola. Un Iran sous dictature, affaibli, lui conviendrait parfaitement. Comment se passer d’un tel « allié » qui est, de surcroit, un formidable facteur de division du monde musulman, poussant les monarchies du Golfe à se jeter dans les bras de l’Occident.  

Mais la vision cynique du régime technocratique qu’est l’U.E, qui ne croit plus en la « démocratie », mais uniquement aux « affaires », « aux contrats juteux », se heurte à une réalité, celle-là même qui l’avait conduit à se soumettre jadis à Hitler en contribuant à la « Solution finale ». Pour les dirigeants européens, le vrai problème n’est pas le totalitarisme iranien, mais la démocratie israélienne, et par extension, les Juifs.

Que faire des Juifs ?

Aujourd’hui comme hier, la survie de la civilisation occidentale se résume à un paramètre fondamental que l’U.E. ne veut plus prendre en compte,  la question des questions, celle de l’existence des Juifs. Elle a au demeurant tranché et laisse l’islam politique les chasser de son propre sol.

Trump, qui s’est saisi du flambeau de la Liberté que ses prédécesseurs démocrates avaient laissé choir, refuse de les sacrifier sur l’autel de la « réal-politique. »  Il est, face au totalitarisme islamiste, dans une situation semblable à celle de Churchill face à l’hitlérisme. Comme l’Angleterre des années 40, les USA sont seuls, l’OTAN s’étant mise aux abonnés absents. 

Là où les « autres » démocraties ont abandonné toute morale, Trump s’obstine à défendre les « valeurs » judéo-chrétiennes.

L’antisémitisme créé du lien

Le masque tombe: au plan international, Macron et Mélenchon ne marchent-ils pas main dans la main. Comment? On ne leur a donc pas dit que les Juifs ont un état et qu’ils ne sont plus disposés à être sacrifiés ? Qu’ils ont un allié puissant ? Que c’est l’Union européenne qui est isolée, sur le point de décliner encore davantage ?

Qui est le vainqueur de la guerre d’Iran ?

Il est difficile de répondre simplement à cette question, car nous sommes à un carrefour de l’Histoire, par définition surdéterminé.

Quelle victoire a-t-on fêtée en 1945 ? Celle des Résistants ? des Américains ? des Soviétiques ? des nazis qui ont poursuivi leurs œuvres en Amérique latine et dans le monde arabo-musulman ?

Qui est victorieux en 2026 ? L’Iran des mollahs et ses alliés antisémites et anti-américains du monde entier ou l’Amérique et Israël ?

Il faudrait être aveugle pour ne pas voir que le régime iranien n’est plus que l’ombre de ce qu’il fut avant cette guerre. Il est écrasé au plan militaire, et discrédité aux yeux de sa population dont il a montré son impuissance à garantir sa sécurité. L’Iran est en ruines. Quoi qu’il arrive, les jeux sont faits. Le pouvoir des mollahs vit ses derniers jours.  Le Hezbola et le Hamas sont terrés, s’accrochant aux misérables parcelles qu’ils dominent, mais sur lesquelles ils ne règnent plus.

Quant à la position d’Israël, elle sort considérablement renforcée de l’épreuve. C’est maintenant incontestablement la grande puissance du Moyen-Orient. L’Égypte, la Syrie, l’Irak… tous les pays qui avaient pour ambition de le détruire sont menacés de sombrer dans le chaos.  Le Hamas, le Hezbola et l’Iran qui ont montré leur vrai visage en attaquant leurs voisins musulmans  ne représentent plus une menace sérieuse pour l’ existence de l’État hébreu, même s’ils possèdent toujours un certain pouvoir de nuisance, pouvoir qu’Israël finira par détruire totalement. 

Quant à l’Amérique, cette guerre met fin à l’hégémonique mépris de soi que les Européens lui avaient transmis. Elle a démontré au monde entier qu’elle est incontestablement la grande puissance du XXIème siècle. On peut dire que Trump a rendu sa fierté aux Américains.

L’U.E. nouveau sanctuaire et défenseur de l’Islam politique ?  

Au plan civilisationnel et sociétal, la réponse est plus nuancée. L’U.E, engluée dans l’affairisme le plus trivial, l’U.E. dont les élites sont coupées de leurs peuples respectifs, est déboussolée. Elle ne croit plus en ses propres valeurs. Le désarroi des élites en fait une proie facile, dévorée de l’intérieur par le chancre de l’islamisme radical qui s’affiche sans retenue dans les territoires où il étend chaque jour davantage son emprise mortifère sur des populations captives. Les Frères musulmans sont sur le point de remporter leur première bataille: finir l’œuvre des nazis et chasser les Juifs d’Europe. Il en reste si peu. Les Chrétiens et autres impies qui leur ont servi de marchepied suivront. 

L’Iran vaincue, écrasée, est exsangue. L’U.E., l’Espagne, la Belgique, l’Angleterre et surtout la France,  prennent le relais, devenant autant de centres d’où les terroristes islamistes pourront frapper leurs ennemis de l’heure.   

La bataille qui commença il y a quelques milliers d’années,  avec la « Sortie d’Égypte »,  se poursuivra encore longtemps… Païens et idolâtres ont de beaux jours devant eux.

Mais la démocratie finira par triompher.

© Sydney Touati

Avocat, essayiste, Sydney Touati s’intéresse aux transformations contemporaines du droit public, du droit international et à leurs effets sur les États démocratiques. Dernière publication: « De Voltaire à Badinter. Un essai sur la transformation du droit en France »


Venez écouter Sydney Touati au Colloque du BNVCA: « Peut-on encore penser l’Europe sans penser la place des Juifs? » – Avec Jean-Claude Milner, Bat Ye’Or, Marie-Laure Brossier. Un Colloque modéré par Yana Grinshpun

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3 Comments

  1. c est un goût bizarre que laisse cet
    accord
    qui peut s en satisfaire
    bâclé pour faire plaisir aux électeurs de trump
    rien n est réglé ni le détroit d ormuz
    ni le liban
    et israël doit faire semblant

  2. Pas mal, comme analyse. Mais plusieurs points à préciser. La Libération de l’Europe est principalement due à l’action de l’URSS et le bloc européen «  »,composé à 80% par le personnel issu de l’administration et des corps intermédiaires qui ont collaboré activement avec l’Allemagne nazie » » (je cite) a été bâtie en opposition à la Russie avant et après la chute de l’URSS. L’UE et le Royaume-Uni sont contre l’Amérique de Trump, mais lorsque les USA sont gouvernés par les Islamo-nazis et wokistes du parti démocrate, ils sont 100% pro-américains ! Personne n’a jamais été autant aux bottes de l’Amérique que l’UE, la France et le Royaume-Uni sous l’ere Obama et Biden. Si Mamdani est élu président des États-Unis, les chefs d’Etat d’Europe de l’ouest et l’UE seront 100% pro-américains et obéiront à Washington au doigt et à l’oeil.

    Lire les analyses de la grande Bat Yeor permet de comprendre la vraie nature de l’UE, laquelle poursuit l’oeuvre du 3ème Reich en collaborant activement avec les nouveaux nazis, islamistes et racisés. C’est pour cela qu’elle est intervenue militairement au Kosovo dans les années 90 et qu’elle prône une politique immigrationniste destinée uniquement à faire entrer les populations Islamistes les plus haineuses et radicalisées. La Grande-Bretagne appartient au même bloc que l’UE, mais en pire. Même si le sort de l’Europe de l’Ouest est probablement déjà scellé, la destruction de l’union Européenne est une condition sine qua non pour freiner la progression du djihad islamiste.

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