
Nostalgie Marah Maror. Il est des souvenirs qui ne reviennent pas seuls : ils arrivent avec leur goût, leur odeur, leur brûlure. Une cuisine, un père, un geste répété jusqu’à devenir langage — et soudain, l’enfance tient tout entière dans un pain trop plein, dans une huile qui déborde, dans une première bouchée qu’on n’ose pas trahir. Entre l’amertume du manque et la douceur de ce qui se transmet encore, la mémoire ne choisit pas : elle noue. Merci, Emmanuelle Adda
Que cette nouvelle année soit bonne pour Israël mon amour…
Nostalgie : Marah Maror…
L’huile d’olive qui coule sur tes doigts… quand tu croquais dans le pain italien tout frais tu te mettais en mode degustation multi- saveurs: du piquant ( harissa) du doux ( les pommes de terre ) du moelleux ( l’œuf ) du salé ( le thon et les câpres au sel) le frais ( la méchouia) …
Un festival en couleurs… On préparait nos sandwichs à la maison avec mon père, lui et moi en cuisine, un laboratoire tunisien, tout était calculé dosé avec dextérité et générosité.
On arrivait à peine à tenir le sandwich dans la main, on se demandait de quelle côté il fallait croquer pour la première bouchée… puis silence: on dégustait.
La nostalgie et le manque de mes parents me prend dans la poitrine… et j’ai les yeux qui piquent…
Pourtant c’est le bonheur ce soir: je mange des moufletas au miel avec mes petits enfants.
Que cette nouvelle année soit bonne pour Israël mon amour…
© Emmanuelle Adda
Emmanuelle Adda est journaliste sur Isra J et correspondante à Radio J

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