— — Le DSM (Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders), publié par l’American Psychiatric Association. Depuis sa première édition, ce manuel n’a cessé de s’allonger, intégrant chaque année de plus en plus de troubles et de diagnostics. Cette inflation diagnostique traduit une médicalisation croissante de comportements et d’états humains divers, souvent banals ou relevant de variations normales, qui sont désormais catégorisés comme des maladies mentales. Chaque nouvelle « pathologie » s’accompagne généralement de recommandations pour des traitements médicamenteux spécifiques, ce qui alimente un recours massif à la pharmacologie. Cette tendance pose question : elle encourage une approche biomédicale omniprésente, parfois au détriment d’une compréhension plus globale et nuancée de la souffrance psychique, et contribue à renforcer l’idée que toute différence ou difficulté est avant tout un trouble à soigner par des médicaments.
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La psychiatrisation généralisée, qui s’est progressivement imposée au cours des dernières décennies, soulève un profond problème quant au regard porté sur l’humain.
Cette dérive consiste à étiqueter presque systématiquement comme pathologique tout comportement jugé un peu déviant, singulier, ou simplement différent.
Rapidement, ces comportements sont interprétés comme des symptômes d’un mal intérieur, comme si la normalité psychique devait désormais être strictement codifiée, laissant peu de place à la diversité des expériences et des modes d’existence.
Cette tendance repose souvent sur une forme de pensée magique, ou pire, de pseudo-science anthropologique, largement déconnectée des réalités humaines concrètes et complexes.
Au lieu d’interroger véritablement la singularité de chaque individu, de considérer le contexte, ou même d’écouter la personne dans sa profondeur, on projette sur elle des schémas psychiatriques simplistes.
On oublie que la psychologie humaine est infiniment subtile et nuancée : même dans un groupe diagnostiqué avec un même trouble, les vécus et les manifestations peuvent être radicalement différents.
L’aspect le plus inquiétant de cette psychiatrisation massive réside dans l’implication implicite qu’elle fait de l’homme un malade, ou à tout le moins un malade latent.
Cette vision justifie alors, sous couvert de soin, un contrôle social accru, une surveillance renforcée, voire une « normalisation » forcée.
Ce glissement participe à une logique totalitaire, puisque qualifier quelqu’un de « malade mental » devient une porte ouverte à l’exclusion, à l’enfermement et à la stigmatisation sociale.
La psychiatrisation n’est plus un acte clinique, mais un outil de pouvoir qui définit qui est « acceptable » et qui ne l’est pas.
Cette radicalisation du regard conduit à suspecter l’humanité tout entière, à la réduire à une série de troubles internes, de dysfonctionnements psychiques.
La richesse des différences humaines se trouve alors inversée : ce qui fait la complexité, la profondeur et la pluralité des expériences devient un catalogue d’anomalies à corriger ou à éliminer.
Ce retournement s’accompagne d’une aliénation collective, où la diversité psychique n’est plus comprise ni respectée.
Moralement, cette dérive est aussi préoccupante.
Ceux qui distribuent ces diagnostics à grande échelle ne sont souvent ni psychiatres ni psychologues dûment formés.
Ce sont des acteurs variés — médias, réseaux sociaux, pseudo-experts, idéologues — qui imposent leur vision réductrice sans aucune responsabilité, sans rigueur ni discernement.
Ils s’érigent en juges de la norme psychique et imposent leur lecture partielle et biaisée de la condition humaine.
Les expressions souvent utilisées pour décrire la société contemporaine — comme l’obsession de l’image de soi, la répétition mécanique des comportements ou la solitude déguisée en singularité — peuvent refléter certaines réalités sociales.
Pourtant, dès qu’elles sont étendues à tous sans distinction, elles se transforment en une catégorisation pathologique qui réduit injustement la diversité humaine à un trouble collectif.
Elles enferment l’humain dans un rôle unique, celui d’un grand malade.
Au fond, cette psychiatrisation de masse traduit une peur fondamentale de l’altérité, une incapacité à tolérer le désordre, l’imprévisibilité et la pluralité dans la psyché humaine.
Elle engendre une société obsédée par la normalisation et le contrôle, qui jette dans le même sac du « malade » toute personne qui dévie un tant soit peu d’un conformisme..
Cette psychiatrisation généralisée favorise la formation d’une société profondément préoccupée par la normalisation et le contrôle social.
Elle instaure un climat où la conformité devient la règle absolue, et où toute forme de déviation, même mineure, est rapidement perçue comme une anomalie devant être corrigée ou réprimée.
Dans ce contexte, la diversité des comportements, des modes de pensée, ou des façons d’être est étouffée au profit d’un modèle unique et rigide, censé représenter la « norme » acceptable.
Ce processus conduit à une uniformisation inquiétante des individus, car ceux qui ne s’y conforment pas sont automatiquement rangés dans la catégorie du « malade», du « perturbé » ou du « dysfonctionnel».
La différence cesse alors d’être un simple aspect naturel de la condition humaine et devient une pathologie, une déviation pathologique qui légitime l’exclusion, la marginalisation voire la coercition.
Cette stigmatisation systématique nourrit une logique d’exclusion sociale, où la peur de l’autre, de l’inconnu ou du non-conforme alimente des mécanismes de rejet.
Par ailleurs, cette obsession du contrôle s’accompagne souvent d’une surveillance accrue des comportements, renforcée par des institutions, des médias et des technologies qui scrutent, évaluent et jugent en permanence les individus.
Ce dispositif crée une pression sociale constante, un climat d’insécurité psychique où chacun se sent contraint d’adopter des postures conformes pour éviter le regard critique et la désignation de « malade».
En définitive, cette dynamique fragilise la liberté individuelle et la richesse des expériences humaines, car elle impose un cadre étroit dans lequel il devient dangereux de sortir des sentiers battus.
La société, en voulant maîtriser et contrôler la « santé mentale » collective, finit par broyer la complexité et l’originalité des individus, au prix d’un appauvrissement culturel et d’une réduction alarmante de la pluralité humaine.
Face à cette menace, la vigilance s’impose. Il est impératif de préserver la dignité humaine, de respecter la diversité des vécus et de reconnaître l’irréductible complexité de nos âmes, sous peine de perdre ce qui fait la richesse même de notre humanité.
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Un point essentiel est souvent totalement oublié dans cette frénésie diagnostique : poser un diagnostic psychiatrique sérieux suppose nécessairement de rencontrer
l’individu, de l’écouter longuement, d’évaluer son histoire personnelle, son contexte de vie, ses relations, ses affects, et cela sur la durée. La psychopathologie n’est pas une étiquette que l’on colle à distance, encore moins à partir de quelques phrases, de comportements observés de l’extérieur ou de projections idéologiques. Or, ce que l’on observe aujourd’hui, ce sont des personnes sans aucune compétence clinique, sans formation, et surtout sans la moindre consultation, qui distribuent des diagnostics à la chaîne. Cette dérive transforme la psychiatrie en un langage de disqualification morale, où le « trouble » remplace l’argument, et où l’on pathologise des individus réels sans jamais les avoir rencontrés, ni compris.
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Cette psychiatrisation à grande échelle s’illustre parfaitement dans le traitement réservé à Donald Trump, que beaucoup ont rapidement catalogué comme porteur d’un trouble de la personnalité narcissique — un diagnostic lourd de conséquences, souvent associé à des dysfonctionnements majeurs et un vrai handicap psychique.
Pourtant, Trump, malgré ses défauts réels ou perçus, s’est entouré de collaborateurs très compétents, parfois plus brillants que lui, et a constamment affiché une posture tournée vers ce qu’il considère comme l’intérêt du peuple américain.
Ce décalage entre le diagnostic psychiatrique posé par certains et la réalité de ses actes et choix politiques révèle l’absurdité de cette psychiatrisation massive.
On réduit ainsi un homme politique complexe à une caricature pathologique, niant toute la richesse de ses motivations et de ses stratégies.
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Plus inquiétant encore, cette tendance se généralise à l’ensemble de la société : on balance à tout-va l’accusation de « pervers narcissique » sur des comportements variés, alors que les véritables pervers narcissiques ne représentent qu’une toute petite minorité dans la population.
Ce procédé fonctionne comme une forme d’exclusion sociale et morale, une façon commode de disqualifier ou neutraliser ceux qui dévient un peu de la norme imposée, en les enfermant dans un stigmate psychologique.
Cela participe à un climat de suspicion et de rejet où la diversité psychique est transformée en pathologie à éradiquer, renforçant ainsi le contrôle social et la stigmatisation sous couvert de science et de soin.
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Cette tendance à psychiatriser et stigmatiser toute forme de différence ou de pensée divergente rappelle inévitablement des heures sombres de l’histoire, où les régimes totalitaires – communistes, fascistes, nazis – utilisaient la psychiatrie comme un outil de répression politique.
Sous Staline, des milliers de dissidents furent enfermés dans des hôpitaux psychiatriques sur la base de diagnostics arbitraires, prétextes à une internement à vie pour éliminer toute opposition.
De même, dans l’Allemagne nazie, la psychiatrie fut détournée pour justifier l’exclusion, la stérilisation forcée, voire l’extermination des personnes jugées « anormales » ou « déviantes ».
Ces régimes imposaient une uniformité idéologique et sociale absolue, où la divergence d’opinion, la marginalité ou simplement la différence mentale devenaient des crimes, punis par l’enfermement psychiatrique.
Cette instrumentalisation de la psychiatrie à des fins politiques a laissé des cicatrices profondes et rappelle combien la confusion entre soin et contrôle peut mener à des violations graves des droits humains et à la destruction de la dignité individuelle.

Remarque : sur tous ces articles signés N.Carras que j’ai fait publier, je précise un élément important.
Sur la casquette de cet énergumène, un nom manque. Il faut lire TRUMP-EPSTEIN.
Autrement dit, l’auteur de l’article est CARRAS-TRUMP-EPSTEIN.
Remarque signée MAMOU-TRUMP-EPSTEIN le juif Fasciste.