« Aujourdâhui, on vit cĂŽte Ă cĂŽte. Je crains que demain, on ne vive face Ă face. » â GĂ©rard Collomb, 2018.

Huit ans plus tard, le drame de Trappes donne à cet avertissement une résonance tragique : un mort, cinq blessés, dont une fillette de 12 ans griÚvement touchée.
AprĂšs les pillages, la vengeance ?
Quand la violence rĂ©pond Ă la violence, câest la RĂ©publique qui vacille.
La haine de la police, de lâĂ©tranger, des jeunes, des diffĂ©rences : chaque camp nourrit les peurs de lâautre, jusquâĂ transformer nos fractures en affrontements.
à six mois de la présidentielle, les candidats devraient prendre au moins ces trois engagements :
âĄïž Condamner toutes les violences, sans excuse ni complaisance.
âĄïž Refuser de dĂ©signer des ennemis intĂ©rieurs pour gagner des voix.
âĄïž Restaurer lâautoritĂ© de lâĂtat, lâefficacitĂ© de la justice et le respect des personnes.
Jâai Ă©crit « devraient » car je sais bien quâun des candidats, crĂ©ditĂ© dâun score consĂ©quent, fait du chaos un objectif pour prendre le pouvoir et une menace sâil ne gagne pas lâĂ©lection. Câest le contraire de la dĂ©mocratie, que de ne pas respecter lâexpression populaire, par les urnes. Essayer dâinstrumentaliser les lycĂ©ens, les syndicats pour y parvenir ne lâhonore pas. Les idiots utiles qui dĂ©filent avec un keffieh et le drapeau palestinien se trompent de pays et de combat.
Nous sommes en France et notre sujet est la France ; elle mĂ©rite toute notre implication, car il y a beaucoup Ă reconstruire. Soutenir les extrĂȘmes violents, de droite ou de gauche, avoir des haines plutĂŽt que des projets rassembleurs oĂč lâhumain est au centre. Opposer les Français les uns aux autres est une honte pour un candidat dâun pays comme la France, riche dâune Histoire, de valeurs et dâune laĂŻcitĂ© que beaucoup nâont pas compris.
Il faut parier sur lâintelligence des Français, sur leur maturitĂ© pour comprendre les enjeux, pour peu que lâon soit honnĂȘte et clair dans leur expression pour bĂątir un plan de reconstruction notre sociĂ©tĂ©, plus juste, plus libre, plus fraternelle et plus humaine. Rendre les dirigeants coupables de tout ne fait pas de vous une compĂ©tence. Les Français sont capables de distinguer les marchands de rĂȘves des personnes sĂ©rieuses et responsables, mues par lâintĂ©rĂȘt suprĂȘme de la nation, lâĂ©coute des uns et des autres et la capacitĂ© de lâarbitrage juste et Ă©quilibrĂ©.
Au-delĂ des Ă©gos, câest le projet de rassemblement des Français qui peut faire gagner, Ă partir dâun constat objectif de nos points forts et de nos faiblesses, du chemin Ă parcourir pour parvenir Ă notre rĂ©elle souverainetĂ©, dans lâintĂ©rĂȘt des Français. Cela inclut une plus grande justice, plus rapide, plus ferme avec des dĂ©cisions exĂ©cutĂ©es, mais en rĂ©habilitant la valeur travail, la fonction dâenseignant, le respect entre les Ă©lĂšves et leurs professeurs, des enfants vis-Ă -vis de leurs parents qui doivent assumer leurs responsabilitĂ©s, des citoyens face aux forces de lâordre.
Par ailleurs, lâEtat doit absolument et urgemment dĂ©centraliser dâune part, et rĂ©duire le mille-feuilles territorial (Etat, 18 RĂ©gions, 101 DĂ©partements, 35.000 Communes, Cantons et Arrondissements), allĂ©ger en consĂ©quence le nombre dâĂ©lus dans les deux AssemblĂ©es, les circuits administratifs, le nombre de normes en tous sens, le nombre de lois dans un souci de fonctionnement allĂ©gĂ©, fluide et responsable.
Ces allĂšgements pour un meilleur fonctionnement â en nous inspirant des modĂšles plus efficaces ailleurs et en intĂ©grant lâIA dans les services oĂč il peut rĂ©duire lâadministration et les coĂ»ts â devrait gĂ©nĂ©rer une rĂ©duction des dĂ©penses de lâEtat, dont cette panoplie dâaides diverses et variĂ©es, dont la justification nâest pas vĂ©rifiĂ©e, notamment celles Ă des pays Ă©trangers alors quâil y a tant de misĂšre en France.
Dâenvisager un parlement sans majoritĂ© conduirait Ă un blocage des dĂ©cisions ; câest pourquoi des alliances de candidats, sur la base de projets concrets et capables dâapporter des solutions aux plus dĂ©favorisĂ©s â par opposition aux rentiers de la rente sans contribution au pays.
Lâargent de lâEtat, câest lâargent des Français. Ceux qui souhaitent plus dâimpĂŽt sont souvent ceux qui nâen paient pas. Lâargent nâest pas malsain quand il provient du fruit de son travail, incluant les investissements de ceux qui le peuvent et le font, dans lâintĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral, pas quand il nâest quâune rente pour absence de travail. Que ceux qui sont en difficultĂ© rĂ©elle soient aidĂ©s, mais pas ceux qui trichent pour obtenir un logement social ou des allocations diverses sans apport Ă la sociĂ©té ; encore moins ces voleurs pilleurs du samedi.
La sĂ©curitĂ© et le vivre-ensemble ne sâopposent pas : ils se renforcent mutuellement.
Nous nâavons pas besoin dâĂȘtre dâaccord sur tout pour faire nation, mais nous devons refuser que la haine devienne notre langage commun.
CĂŽte Ă cĂŽte ou face Ă face ?
Il est encore temps de choisir. Et dâagir !
Jean-Luc Scemama

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