Emmanuel Macron espérait une visite d’État. Le Vatican a organisé une visite apostolique, formule qui signifie que le pape vient d’abord voir des fidèles et que les chefs d’État patientent.

Léon XIV a parcouru la France du 25 au 28 septembre, de Paris à Metz en passant par Lourdes. Le président a passé ces quatre jours à réécrire son programme.
La première demande de l’Élysée portait sur Notre-Dame. Macron aurait voulu y accompagner le Saint-Père, dans cette cathédrale dont il suit la reconstruction depuis l’incendie d’avril 2019. Le Saint-Siège aurait refusé. La Croix a avancé une explication : la loi sur la fin de vie, adoptée récemment contre l’avis de l’Église, aurait pesé dans ce choix. L’Élysée conteste, en rappelant que le souverain pontife a confirmé son voyage en connaissant parfaitement l’agenda législatif français.
Le 22 septembre, la présidence annonce que le chef de l’État n’assistera à aucune messe. Samedi, sur la place de la Concorde, où 600 000 personnes étaient attendues, la République se fait représenter par Brigitte Macron et Sébastien Lecornu. L’argument avancé est la séparation du religieux et du politique. Trois ans plus tôt, cette séparation ne l’avait pas empêché de prendre place au Vélodrome de Marseille pour la messe de François.
Metz devait rattraper la séquence. Macron y a convié les chefs d’État et de gouvernement des vingt-six autres pays de l’Union, pour un discours sur l’Europe qu’il se réservait d’introduire. Quelques-uns seulement auraient répondu. Léon XIV avait choisi la Moselle plutôt que Strasbourg ou Bruxelles, sur cette terre de frontières où repose Robert Schuman.
Lundi matin, l’Élysée a fait savoir que le président avait « réorganisé son agenda » pour assister à la messe de 16 heures à la cathédrale Saint-Étienne. Six jours plus tôt, aucune messe n’était prévue. Il doit ensuite participer à la cérémonie de départ.´

Léon XIV doit quitter la France ce soir par la Lorraine, après quatre jours durant lesquels les demandes de l’Élysée auraient été écartées une à une. Le Vatican lui aurait refusé la nef de Notre-Dame. Il aura eu les adieux de Metz.
Paul Germon

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