
Je ne sais pas si vous me lirez ou pas. Je ne sais même pas si ces quelques lignes parviendront jusqu’à vous. Mais je tiens, depuis Jérusalem, à vous dire simplement : merci.
Je vis en Israël depuis plus de 35 ans. J’y suis arrivée toute petite, quelques semaines avant la guerre du Golfe. Parmi mes premiers souvenirs d’ici, il y a les sirènes, les masques à gaz qu’il fallait garder à portée de main, les fenêtres que l’on scotchait et les serviettes mouillées que l’on plaçait sous les portes par crainte d’une attaque chimique.
Depuis, j’ai grandi avec l’histoire de ce pays.
J’ai vécu les Intifadas et les attentats. J’ai connu ces périodes où prendre un autobus, s’asseoir à la terrasse d’un café ou simplement sortir de chez soi pouvait devenir une source d’angoisse.
J’ai vécu aussi le désengagement de Gaza. J’ai de la famille dans cette région. J’ai vu des familles israéliennes arrachées à leurs maisons, contraintes parfois de vivre dans des caravanes, parce qu’une partie du pays voulait encore croire qu’en quittant Gaza, en faisant ce sacrifice immense, nous nous rapprocherions enfin de la paix.
Je pourrais raconter pendant des heures ce que signifie grandir ici. Les guerres, les sirènes, les enterrements, les attentats, mais aussi cette incroyable volonté de continuer à vivre, à construire, à aimer et à espérer malgré tout.
Mais là n’est pas l’objet de cette lettre.
Aujourd’hui, je veux parler de vous.
Je veux remercier du fond du cœur celles et ceux de votre rédaction qui continuent à parler d’Israël, de l’antisémitisme et de l’islamisme sans céder aux intimidations, malgré les critiques, les campagnes de boycott et les pressions que peuvent provoquer certaines prises de position.
Je suis de très près ce qui se passe en France. Je vois les attaques, les insultes, les tentatives de discréditer ou de faire taire ceux qui refusent de se conformer à une seule lecture des événements.
Et depuis Israël, croyez-moi : nous le voyons aussi.
Vous ne mesurez peut-être pas toujours jusqu’où vos paroles arrivent.
Des Israéliens qui ne parlent même pas français voient circuler certains de vos extraits traduits. On m’envoie vos séquences, vos prises de parole, certains de vos articles. Et dans une période où tant d’Israéliens ont le sentiment que leur douleur est minimisée, relativisée ou parfois simplement oubliée, voir des journalistes français continuer à raconter ce que nous vivons peut réellement réchauffer le cœur.
Depuis le 7 octobre, quelque chose s’est profondément brisé ici.
Nous avons découvert l’horreur du massacre. Nous avons enterré nos morts. Nous avons attendu nos otages. Nous avons vu des familles détruites. Mais nous avons également découvert avec sidération la manière dont, quelques heures à peine après le massacre, une partie du monde avait déjà commencé à oublier ce qui venait de nous arriver.
C’est précisément dans ces moments-là que l’on mesure la valeur de ceux qui refusent de détourner les yeux.
Alors oui, permettez-moi cette expression chargée d’histoire : je veux remercier ces Justes parmi les nations d’aujourd’hui, non pas pour penser exactement comme nous, mais pour continuer à regarder les faits, à poser les questions qui dérangent et à refuser que la haine des Juifs devienne une opinion comme une autre.
Je ne vous écris pas au nom d’un gouvernement. Je ne vous écris pas au nom d’un parti politique.
Je vous écris comme Israélienne.
Comme une femme qui a grandi ici.
Comme quelqu’un qui aime profondément ce pays et qui a vu plusieurs générations d’Israéliens espérer, encore et encore, qu’un jour leurs enfants n’auraient plus à connaître les sirènes que leurs parents avaient connues avant eux.
Et je sais que je suis loin d’être la seule à vouloir vous dire merci.
Dans les périodes les plus sombres, on se souvient de ceux qui ont détourné le regard.
Mais on se souvient aussi, parfois toute une vie, de ceux qui ont simplement eu le courage de rester debout.
Merci à toute votre équipe.
Merci à ceux qui continuent à parler.
Merci à ceux qui refusent de détourner les yeux.
Et depuis Jérusalem, merci de nous rappeler que nous ne sommes pas seuls.
Avec toute ma reconnaissance,
Sarah Ben
Fondatrice de La Matinale d’Israël

Cnews est la seule chaine infos où l’on entend des musulmanes et des musulmans qui défendent les Juifs et Israël.
Sarah Ben est merveilleuse et c’est vrai que c.news nous a tenu informé dés l’attaque du 7 octobre, notre coeur a battu, s’est affolé, vite il fallait téléphoner, prendre des nouvelles de nos proches, heure par heure c.news était là pour nous pour les Juifs du monde et nous lui sommes reconnaissants.cette chaîne d’infos se fait menacer, insulter, nous la regarderons d’autant plus.
Evénement réel avec un changement de noms :
Excédé je m’emporte : « mais ils sont chez eux! ». Et je réalise que nous ne sommes pas seuls au restaurant. Aux autres tables on semble sourds a mes propos.
Fin avril 2017, mon amis Denis et sa femme Christelle nous ont invité pour nous présenter leur maison de vacances acquise récemment en Normandie. Ils nous ont promis le restaurant. Peut-être pas sans intérêt, Denis et Christelle connaîssent ma réputation de bricoleur d’ailleurs nous évaluons les travaux à faire et partageons nos avis. Il est pasteur à Bruxelles, Christelle est cadre d’une grande société bancaire.
Accueillis, le matin, nous avons parcouru le marché, du village les femmes visitent les étales. Denis et moi discutons du Tractatus, l’ouvrage philosophique concerne l’étendue du savoir. « Que peut-on exprimer du savoir et l’actualiser? » Avons-nous partagés. Le septième point en particulier, Wittgenstein propose: « Ce qui peut être dit peut être dit clairement ; et ce dont on ne peut parler, il faut le taire ».
Au restaurant, je reviens sur l’affirmation qu’Israël appartient à la communauté juive, car les propos de Denis me sont insupportables : « Ils sont chez eux dis-je ; tu est choqué par les démolitions de maison en Cisjordanie dans la zone « C » ? Mais sache que la Cisjordanie est une terre occupée… par la Jordanie à la guerre d’indépendance d’Israël. C’est en 1967 qu’Israël a été attaqué et contre toutes attente des politiques Occidentale, Israël a gagné la guerre. L’ONU a proposé son aide mais la Ligue arabe a émis ses trois « non » : non à la paix avec Israël, non à la reconnaissance d’Israël, non à toutes négociation avec Israël. Les Palestiniens n’habitaient pas cette région ; il n’y avait que des Jordaniens, des arabes et des juifs et aujourd’hui ce territoire est contesté. Donc parler de « colonies » pour des terres n’appartenant à personne au regard des résolutions de l’ONU c’est fort de café. Mais conformément aux accords d’Oslo cette zone est attribuée à Israël et Israël doit l’administrer ».
– « Mais détruire une école… » « Et bien voilà, par idéologie et intérêts commerciaux, l’Union Européenne soutient, à raison de millions d’euros, les Palestiniens et finance hypocritement des constructions illégales dans ce territoire puis se plaint auprès des médias de la réaction de l’Autorité juive. L’UE plaide que le soutien qu’elle apporte à la construction palestinienne relève de « l’aide humanitaire » mais, en réalité, veut empêcher Israël de réaliser ses intérêts nationaux. Ce faisant ils prolongent et aggravent le conflit. Alors, je le répète, ils sont chez eux et ils agissent, comme n’importe quel autre pays le ferait ! Le respect de ce territoire est essentiel pour leur sécurité car depuis la naissance d’Israël les Palestiniens ont constamment refusé le droit à l’existence du peuple hébreux et ont eu pour projet de « jeter les juifs à la mer ».
Sans succès, ma femme me donne des coups pour m’arrêter.
Denis s’étonne : « l’opposition Occidentale ? »
– « Oui, pour l’Occident, l’union aux politiques arabes est essentielle.
– « Pour l’Occident chrétien que les juifs reviennent dans leurs terres grince, et pas qu’un peu car l’Eglises affirme depuis des siècles : « nous sommes le nouvel Israël » – « à la suite de l’apôtre Paul » fait remarquer Denis.
– « Voilà, mais au-delà de notre mauvaise foi, le peuple de Dieu est le peuple juif même si les promesses sont étendues gracieusement à d’autres pendant un temps, et le retour du peuple juif dans leur terre d’origine marque la fin de cette période. Dès lors, il s’ensuit l’attitude de rejet des chrétiens envers le peuple juif et aussi le malaise de l’Occident accablé par les horreurs auxquelles nous avons participé aux 19 et 20 ième siècles. »
– « Tu es fou ! » Christelle est hors d’elle . Je poursuis : « Il n’y a pas d’autre explication à cette montée de haine généralisée dans toute l’Europe. Notre attitude de rejet du Juif, devenu notre culture, a longtemps alimenté l’antisémitisme et le racisme. Y a-t-il un pays accusé sans cesse, de façon aussi éhontée, par la communauté internationale, les mensonges incessants des médias internationaux quoi qu’il fasse ou dise. Les juifs ne sont pas considérés selon les mêmes critères que les autres peuples. Et ça c’est de l’antisémitisme. Ce n’est pas seulement ce qu’Israël fait qui dérange mais pour ce qu’il est. Une idéologie qui a pour nom anti-israélisme, antisionisme, antisémitisme, appels aux boycotts, actes de vandalisme contre des institutions juives, manifestations avec appels au meurtre des Juifs, agressions anti-juives… s’exprime maintenant librement dans nos pays. Le peuple d’Israël es devenu la proie de tous les extrêmes.
Pourquoi ce parti-pris? Qu’y a-t-il d’inavouable? Chaque pogrome comme jusque dans la Shoah, il y a eu la volonté de faire taire une fois pour toutes l’idéal que les Juifs ont acceptés avec Dieu au Sinaï ; « Tout ce que dit l’Eternel, nous le ferons ! »
Fâché et fermé, Denis passe à la caisse. Nous rentrons, je dirais, un peu tendus. Nous nous saluons. Il y a déjà 8 ans que cet évènement a eu leu, nous ne nous verrons plus.
Né après la guerre, dans ma famille je n’ai jamais entendu de propos accablant les juifs, même en blague, et ce que je perçois dans ma société, après tout le mal que nous avons fait à votre peuple me fait mal, j’ai honte. Puis, attaché à la philosophie dans ma jeunesse je critiquais allègrement la religion. Conscient d’en savoir peu, ma famille était athée, je me suis mis à la lecture de la Bible et, au niveau du livre de Jérémie, une expérience a décidé de toute ma vie, de toute ma pensée… Je suis devenu croyant, j’ai fais des études théologiques pour mieux comprendre… Croyant, mais étonnamment peu senti religieux et attaché au peuple juif. J’ai évolué dans le milieu protestant (plus attaché à l’Ecriture). Et pour moi, il n’y a pas de frontière entre l’Ancien et le Nouveau Testament ; il y a une seule Alliance. Les chrétiens n’enlèvent rien aux prérogatives du peuple Juif. Je ne souhaite pas faire du prosélytisme, au contraire dans mon milieu je milite en faveur du peuple juif et pour Israël. Je rêve probablement la société israélienne, je n’ai jamais souhaité y faire du tourisme, de crainte d’être déçu probablement.
Aujourd’hui le Juif est un reproche vivant, il est à nouveau l’objet d’un mépris et d’un rejet scandaleux. Je pense que les juifs restent fidèles à leurs fondamentaux, à leur éthique biblique, au risque de disparaître s’ils se comportent comme les autres nations, et qu’ils s’y obstinent depuis des millénaires car ils y trouvent, consciemment ou non, leur légitimité.
Durant des millénaires le peuple juif a survécu en affrontant les plus effroyables persécutions. A notre époque, encore, les Juifs survivent à la pire barbarie qui soit et affronter encore le même masque de haine ils restent eux-même car leur texte leur dit notamment d’aimer leurs ennemis.
La pensée juive poussent à la citoyenneté et à la construction de l’humanité. C’est remarquable, mais on se refuse de voir ce caractère. Il en est, en Occident, qui n’ont d’autre intérêt que de condamner l’Etat juif, et y voient même une vertu !
Il veulent cacher l’horreur sans nom des camps et des exécutions de masse systématiques où le mal est indépassable. C’est une vision d’horreur avilissante, avec la violence extrême que nos cultures ont laissé commettre avec complaisance. Là, nous avons perdu notre humanité, la figure humaine y a été néantisée. On est bien face au mal absolu. Nous n’arrivons pas à sortir de cette époque ignoble, sinon en tentant de la minimiser pour cacher notre nudité, c’est vrai, nous ne cessons, en Europe, de proclamer, et mettre en évidence, nos « valeurs humanistes » .
Selon le Psaume 36: « car ils se voient d’un œil trop flatteur pour reconnaître leur crime et le détester. Les paroles de leur bouche sont fausses et trompeuses; ils renoncent à être sage, à faire le bien. »
Personnellement, j’aime et je bénis le peuple de Dieu que sont les Juifs et Israël. Que Dieu soit avec vous et vous bénisse.
Je soutiens vos propos à 100% ! Merci
Oui Sarah. Vous avez entièrement raison. CNews est la seule chaîne qui dénonce systématiquement l’antisémitisme.
Ici le commentaire de Mme Joëlle Serre démontre avec preuves à l’appui que CNews est la chaîne qui propage aussi parfois l’antisémitisme.
en défendant les Juifs en général et Israël en particulier lors de diverses discussions, je ne pense pas être un Juste, mais je suis sûr d’être simplement juste.
Parfois en France il faudrait avoir honte de dire qu’on regarde cnews. Et c’est effectivement la chaîne qui défend Israël.. et qui ne fait jamais d’allusions douteuses.. sur les juifs. Merci aux Johan Usai, Laurence Ferrari, Pascal Praud, G.W Goldnadel , Maces Scarron, Eliot Deval Amine El khatmi et une chroniqueuse très brillante dont j’oublie le nom . Merci 100 fois.
Rien à dire, c.news est bien aujourd’hui la seule chaîne d’information, qui laisse parler droite et gauche et non un canal de propagande comme les autres.
Contrairement à ce que certains prétendent ici, voici la preuve que l’antisémitisme a bien ses droits d’entrée sur CNews, la chaîne de Bolloré. En 2025, à peine condamné pour « injures publiques à caractère racial », Erik Tegnér, fondateur du média d’extrême droite Frontières, fut l’objet d’un signalement à l’Arcom par SOS racisme. En cause, le 16 octobre 2025, une sortie antisémite sur CNews : Le plateau animé par Gauthier Le Bret débattait d’une proposition de la présidente de l’Assemblée Nationale Yaël Braun Pivet à propos d’une imposition sur l’héritage. « Cette dame-là [Yaël Braun-Pivet], c’est la finition du macronisme. Macron c’est quoi ? C’est le mariage d’Alain Minc, l’argent roi, et de Jacques Attali, l’homme nomade », déclara Erik Tegnér. « C’est [Alain Minc] qui a en partie créé [Macron] », continua le militant d’extrême droite. Alors, tout ce discours nauséabond, n’était-il pas de l’antisémitisme ? En clair « des préjugés antisémites extrêmement classiques, énoncés sans fard »
Merci à toi État d’Israël d’exister ! Merci à toi Sara !
La haine des juifs n’est pas une opinion comme une autre, ce n’est pas une opinion, c’est une pathologie incurable greffée dans l’ADN, qui se transmet de génération en génération et qui devrait être reprise dans le DSM-5®.