Elles dureront une semaine.
Contrairement à une idée répandue, elles ne constituent pas une simple formalité après l’échec de Camp David.
Au contraire.
Les discussions reprennent sur la base des paramètres Clinton et permettent de rapprocher encore davantage les positions des deux délégations.
Fait peu connu, le communiqué commun publié à leur issue affirme que les négociateurs « n’avaient jamais été aussi proches d’un accord ».
Pourquoi, alors, ce processus s’interrompt-il ?
Parce que les événements dépassent désormais les diplomates.
Depuis septembre 2000, la seconde Intifada a éclaté. Les attentats se succèdent. Les autobus explosent. Les cafés deviennent des cibles. Les restaurants aussi.
Entre la signature des accords d’Oslo, en septembre 1993, et la fin des négociations de Taba, en janvier 2001, plus de 350 Israéliens, en immense majorité des civils, sont tués dans des attentats revendiqués principalement par le Hamas et le Jihad islamique.
Pour une grande partie de l’opinion israélienne, cette violence détruit progressivement la confiance dans le processus de paix.
Dans le même temps, Ehud Barak est politiquement très affaibli.
Des élections anticipées sont convoquées. Les négociateurs savent que le temps leur est compté. Les discussions sont interrompues sans qu’aucun accord définitif ne soit signé.
Le 6 février 2001, Ariel Sharon est élu Premier ministre.
Considérant qu’aucun accord n’avait été conclu, il décide de ne pas reprendre les négociations au point où elles s’étaient arrêtées. Le processus engagé à Oslo prend ainsi fin.
Depuis plus de vingt ans, certains diplomates, journalistes et responsables politiques ont soutenu que Dominique de Villepin aurait conseillé à Yasser Arafat de ne pas signer l’accord qui lui était proposé. Cette thèse a été avancée par plusieurs acteurs de l’époque.
À ce jour, aucun document ne permet toutefois de l’établir avec certitude. Elle ne peut donc être présentée que comme une hypothèse historique.
Plus de vingt ans plus tard, Bill Clinton est revenu avec une rare franchise sur ces négociations. Il a rappelé que les Palestiniens étaient sur le point d’obtenir un État sur Gaza et la quasi-totalité de la Cisjordanie, avec Jérusalem-Est pour capitale. Il a exprimé son profond regret que cette occasion historique n’ait pas été saisie. Quelques mois après l’échec de Camp David et de Taba, il résumera son amertume dans une phrase devenue célèbre, adressée à Yasser Arafat : « I am not a great man. I am a failure, and you have made me one ». « Je ne suis pas un grand homme. Je suis un homme qui a échoué, et c’est vous qui m’avez fait échouer ».
Cette phrase résume peut-être mieux que toute autre le sentiment d’une occasion historique perdue.
Avec Taba s’achève le cycle ouvert par Oslo. Depuis lors, malgré de nombreuses initiatives, aucun gouvernement israélien, aucune direction palestinienne et aucun médiateur international ne sont parvenus à retrouver un niveau de négociation aussi avancé.
© Paul Germon

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