Le 7 octobre 2023, objet d’un lent travail d’effacement
Pendant des décennies, nous pensions savoir reconnaître le révisionnisme. Nous imaginions qu’il consistait à nier les faits, à effacer les preuves, à prétendre que les crimes n’avaient jamais existé.
Le XXIᵉ siècle est en train d’en inventer une autre forme. Plus subtile, plus respectable en apparence, plus redoutable.
Cette fois, il ne s’agit plus de nier un massacre: il s’agit de le dissoudre. Le 7 octobre 2023 est aujourd’hui l’objet de ce lent travail d’effacement: personne, ou presque, ne prétend plus que les massacres n’ont pas eu lieu. Les images existent. Les témoignages aussi. Les corps, les familles, les survivants, les otages sont là.
Alors on procède autrement. On contextualise, on explique, on relativise, on déplace le regard, le crime cesse d’être un absolu moral : le voilà devenu la conséquence presque logique d’une histoire plus vaste. Les assassins retrouvent une biographie, les victimes perdent leur visage, au fil des mois, les viols documentés deviennent des polémiques, les enfants assassinés disparaissent du récit, les otages cessent d’habiter les consciences, et ceux qui rappellent inlassablement les faits sont accusés d’instrumentaliser la souffrance.
C’est dans ce climat que plus de deux cents personnalités ont choisi de signer une tribune de soutien à Rima Hassan.
Chacun est naturellement libre de soutenir une élue poursuivie devant la justice: dans un État de droit, chacun est présumé innocent jusqu’à ce que les juges se prononcent.
Une signature n’est jamais neutre: elle dit aussi ce que l’on choisit de ne pas voir
Mais une signature n’est jamais neutre: elle dit aussi ce que l’on choisit de ne pas voir.
Dans cette tribune, la polémique autour de la citation de Kozo Okamoto, auteur de l’attentat de l’aéroport de Lod en 1972, est ramenée à une simple référence au droit des peuples à résister à l’occupation. Comme si la personnalité de celui qui est cité, comme si les vingt-six civils assassinés à Lod, comme si la portée symbolique d’un tel hommage pouvaient être relégués à l’arrière-plan.
C’est précisément ainsi que fonctionne le nouveau révisionnisme: il ne nie pas, il reformule. Il remplace les victimes par le contexte, il transforme les terroristes en acteurs d’une histoire.
Et peu à peu, voilà l’indignation qui change de camp: ceux qui rappellent le massacre deviennent les fauteurs de division, ceux qui refusent toute ambiguïté sont accusés de vouloir faire taire le débat.
Pendant ce temps, le 7 octobre s’éloigne. Non parce que les faits seraient contestés, mais parce que leur gravité est progressivement absorbée par un récit qui finit par tout expliquer.
Or un crime que l’on explique sans cesse finit par ne plus scandaliser.
Ainsi, alors que l’Histoire nous avait appris que le mensonge pouvait prendre la forme de la négation, notre époque nous enseigne qu’il peut emprunter un chemin plus sophistiqué : celui de la relativisation permanente.
On ne dit plus : « Cela n’a pas eu lieu. » On dit : « Oui, mais… » Et ce « oui, mais » est le premier pas vers l’effacement.
Le 7 octobre n’est pas un argument dans un débat politique. Il n’est pas un épisode parmi d’autres du conflit israélo-palestinien. Il est le plus grand massacre de Juifs depuis la Shoah.
Cette vérité ne dispense personne de réfléchir à la guerre, à ses conséquences ni aux souffrances des civils palestiniens, mais elle interdit que le massacre fondateur du 7 octobre soit dilué jusqu’à perdre sa singularité morale.
La mémoire ne meurt pas seulement lorsqu’on la nie: elle meurt aussi lorsqu’on cesse de lui reconnaître son caractère irréductible.
© Sarah Cattan

Le 7/10 est un pogrome nazi et il concerne les victimes juives et non les complices des nazis islamistes .
Un deuil se vit en famille .
Beaucoup d occidentaux ont tentė de minimiser la Shoah ou les crimes nazis en general et la memoire incombe avant tout aux descendants des victimes , donc au peuple juif avant tout .
Je ne souhaite pas evoquer mon deuil accompagné des complices du hamas qui pullulent en France et en occident chretien , mon deuil se fait au milieu des miens exclusivement , et les jeremiades de macron et autres discours creux de ceux qui couchent avec le qatar ne devraient pas avoir leur place parmi nous .
Quand a la » republique française » que les instances juives adorent evoquer a tout bout de champ , je la crois au mieux evanesçente , au pire morte et enterrée .
On entend souvent que le monde aime les Juifs morts, leur rend hommage. Mais même cela n’est plus vrai, comme vous analysez à juste titre. Les morts du 7 octobre sont « contextualisés », c’est à dire effacés. On feint ne pas croire au massacre, aux viols aux atrocités pourtant filmées en direct par les terroristes. Lors d’une audition aux Nations-Unies, une ancienne otage a interpellé la « rapporteuse spéciale » assise en face, mais occupée avec son ordinateur, « regardez-moi dans les yeux ». En vain, bien sûr.