Trump à Pékin : Israël face au marchandage des puissances. Par René Seror


Il fut un temps où le Moyen-Orient occupait le centre du monde stratégique américain. Ce temps s’éloigne.

Le voyage de Donald Trump en Chine auprès de Xi Jinping confirme une réalité que Jérusalem observe avec inquiétude :
l’avenir de la région se joue désormais autant à Pékin et à Washington qu’à Gaza, Beyrouth ou Téhéran!

Depuis plusieurs mois, Israël vit au rythme d’une guerre existentielle contre l’axe iranien.
Pourtant, pour l’Amérique trumpienne, l’urgence stratégique n’est plus seulement le Moyen-Orient. Elle est aussi, et peut-être surtout, asiatique, commerciale, énergétique et monétaire!

Dans cette nouvelle hiérarchie des priorités, Israël demeure un allié essentiel, mais n’est plus nécessairement le centre de gravité absolu de la politique américaine!

Le déplacement de Donald Trump en Chine illustre ce basculement. Derrière les sourires diplomatiques et les déclarations sur la stabilité mondiale se dessine un marchandage classique entre grandes puissances : Pékin peut contribuer à contenir l’Iran ! Washington peut éviter certaines escalades régionales ! Chacun protège ses intérêts économiques !

Car la Chine possède aujourd’hui un levier majeur : elle est le principal débouché du pétrole iranien.

Sans Pékin, l’économie de Téhéran suffoquerait davantage sous les sanctions.

Avec Pékin, le régime iranien conserve une respiration stratégique.

Les dirigeants israéliens savent donc qu’une partie de la pression exercée sur la république islamique dépend désormais des arbitrages chinois! Pour Israël, le danger n’est pas une rupture avec les États-Unis. Donald Trump reste, de loin, l’un des présidents américains les plus favorables à l’état hébreu : transfert de l’ambassade à Jérusalem, Accords d’Abraham, soutien militaire massif. Cette réalité ne disparaît pas.

Mais l’époque change. Le soutien américain devient plus transactionnel, plus conditionné à des intérêts globaux. Washington veut éviter une conflagration régionale qui provoquerait une explosion des prix de l’énergie, fragiliserait les marchés et détournerait les États-Unis de leur rivalité avec la Chine.

Dès lors, Israël pourrait entendre plus souvent un mot qu’il déteste : retenue! Retenue face au hezbola. Retenue face à l’Iran. Retenue face aux opérations susceptibles d’embraser toute la région.

Le paradoxe est cruel : au moment même où Israël estime lutter pour sa survie stratégique,
son principal allié regarde de plus en plus vers le Pacifique.

C’est peut-être cela, la véritable leçon du voyage de Trump en Chine : le Moyen-Orient n’est plus le théâtre unique de l’histoire. Il devient l’un des chapitres d’une confrontation mondiale beaucoup plus vaste entre Washington et Pékin.

Et Israël devra apprendre à naviguer dans ce nouvel ordre, où même les alliances les plus solides ne sont jamais totalement à l’abri des intérêts supérieurs des empires.

À l’approche des élections en Israël, ne nous trompons pas au moment de voter! Aussi longtemps que nous n’aurons pas trouvé un  remplaçant à Bibi, avec une telle envergure, une telle connaissance du monde, il nous faut, impérativement, ménager notre champion!
René Seror

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