A voir d’urgence!
Quel film ! Espoustouflant ! A commencer par la durée : 3 heures 15 ! On ne les voit pas passer ! Un film dense et bouleversant qui s’attaque à un sujet terrible : la collaboration en France pendant la Seconde Guerre mondiale, à travers le destin de Jean Luchaire (Jean Dujardin) et sa fille Corinne (Nastia Gulubeva), tous les deux exceptionnels.
Dès les premières minutes, le film impressionne par son ambition narrative et visuelle. Il montre comment des idéaux pacifiques peuvent glisser vers la compromission.
D’emblée, ce film de Xavier Giannoli interroge une question importante : où s’arrête l’aveuglement, où commence la culpabilité ! Il parvient avec ce film à faire comprendre au spectateur ce que c’est de sombrer dans l’abjection.
Armés d’un solide bagage – la biographie très érudite Jean Luchaire : l’enfant perdu des années sombres par Cédric Meletta), les scénaristes tricotent une histoire de spirale et d’engrenage, dont les raisons sont limpides, mais pas honorables pour autant.
Petit à petit, on glisse vers l’horreur, sans jamais tomber dans le manichéisme. On assiste à une mise en scène incroyable : des scènes fastueuses dans des salons époustouflants, Jean Dujardin joue le rôle d’un journaliste tout-puissant, et sa fille d’une starlette innocente.
« C’est là le talent de Xavier Giannoli d’avoir su éclairer les nuances de la saloperie humaine sans pour autant l’excuser » , lit-on dans la critique de « Paris-Match ».
Bref, par sa mise en scène, ce film est un petit chef-d’œuvre. Tout y est : le sens du récit, le choix du point de vue (en l’occurrence , celui de Corinne, une victime collatérale), la lumière, les acteurs, l’écriture, l’interprétation. Jean Dujardin est exceptionnel. Il s’est bien glissé dans la peau de Luchaire.
Il n’y a rien à jeter dans ce film intense. « LES RAYONS ET LES OMBRES » est le titre d’un poème de Victor Hugo : « Tout homme sur la terre a deux faces. Le Bien et le Mal. Blâmer tout, c’est ne rien comprendre. Les âmes des humains, d’or et de plomb sont faites ».
© Alain Chouffan

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