France : de l’aveuglement suicidaire à la trahison d’Israël, la décadence politique au prix de la civilisation. Par Nicolas Carras

Il y a quelque chose de profondément décadent, incohérent et suicidaire dans le positionnement français vis-à-vis d’Israël depuis le 7 octobre 2023, quelque chose qui relève presque de la pathologie politique : un pays comme la France, membre du bloc occidental, frappé depuis vingt ans par l’islamisme, cible du terrorisme djihadiste, menacé culturellement, sécuritairement, démographiquement, se permet de donner des leçons, de sermonner, de moraliser, de diaboliser un État comme Israël qui est objectivement en première ligne contre les mêmes ennemis que nous, qui combat des organisations islamistes armées, totalitaires, génocidaires, qui rêvent explicitement de la destruction de l’Occident, de l’Europe, de la France, et qui n’ont jamais caché leur projet civilisationnel.

Israël n’a jamais attaqué la France, jamais organisé d’attentats sur le sol français, jamais menacé l’Europe occidentale, n’a jamais financé de réseaux terroristes en France, n’a jamais appelé à la mort des Français, et pourtant c’est Israël qui devient, dans le discours politique, médiatique et intellectuel français, le coupable, le suspect, le barbare, le problème, pendant que ses ennemis idéologiques sont relativisés, excusés, contextualisés, psychologisés, humanisés à l’extrême.

On en arrive à une situation proprement absurde où, en pleine guerre, alors qu’Israël affronte simultanément le Hamas, le Hezbollah, l’Iran, les milices islamistes régionales – c’est-à-dire les mêmes forces anti-occidentales qui financent, inspirent ou justifient le terrorisme en Europe – des responsables français parlent tranquillement de reconnaissance d’un État palestinien comme si, côté palestinien, il existait aujourd’hui autre chose qu’un champ de ruines idéologique dominé par des organisations fanatiques, autoritaires, corrompues, islamisées, où les voix modérées ont été marginalisées, exilées, emprisonnées, parfois assassinées, y compris des Arabes pro-occidentaux, pro-normalisation, considérés comme des traîtres à la cause palestinienne.

On voit en France des jeunes nés français, éduqués par l’école française, vivant sous la protection de l’État français, reprendre sans distance la propagande d’organisations qui haïssent fondamentalement tout ce que représente la France – la laïcité, la liberté d’expression, l’égalité hommes-femmes, les droits individuels – et soutenir des mouvements qui rêvent explicitement de détruire l’Occident de l’intérieur.

Il y a là quelque chose de complètement aberrant, presque obscène : une société qui tolère, finance, héberge idéologiquement des discours qui appellent à sa propre disparition.

Et ce qui rend tout cela encore plus grave, c’est que cette logique ne vient pas seulement de la rue, mais de segments entiers de l’élite politique, médiatique et intellectuelle, qui parlent d’« Israël barbare », de « génocide », de « régime colonial», qui votent des résolutions hostiles à l’ONU, qui exigent des cessez-le-feu unilatéraux, qui mettent sur le même plan une démocratie occidentale et des organisations islamistes, et qui finissent objectivement par produire une forme de collaboration idéologique avec les ennemis de la France, au nom d’une morale abstraite complètement déconnectée du réel.

L’islamisme a déjà causé des millions de morts dans le monde, de l’Algérie à la Syrie, de l’Irak à l’Afghanistan, du Nigeria à l’Iran, et il a frappé directement la France : attentats de 1995 à Paris, Charlie Hebdo, Hyper Cacher, Bataclan, Nice, Samuel Paty, Dominique Bernard, et bien d’autres.

Des groupes palestiniens eux-mêmes ont commis des attentats en Europe et en France : l’attentat de la rue des Rosiers en 1982 à Paris (6 morts, plus de 20 blessés), des détournements d’avions dans les années 70, des attaques contre des intérêts occidentaux, des réseaux liés au FPLP, à Abou Nidal, au Hamas, au Hezbollah, qui ont frappé en France, en Italie, en Allemagne, en Autriche, en Espagne, sans parler de Munich 1972, Entebbe, Rome, Vienne, Paris, Bruxelles, Londres.

Et malgré cela, malgré cette histoire, malgré cette réalité, une partie de la France continue à se comporter comme si le problème central était Israël, comme si l’ennemi stratégique était l’État hébreu, comme si la priorité géopolitique était de faire la morale à une démocratie assiégée plutôt que de soutenir un allié objectif contre des forces qui veulent littéralement la disparition de notre propre civilisation.

À ce stade, ce n’est plus seulement de la naïveté, c’est une forme de décadence intellectuelle, de désarmement moral, et, pour certains responsables, quelque chose qui ressemble à une trahison des intérêts fondamentaux de la France.

Depuis le déclenchement du conflit israélo-palestinien après le 7 octobre 2023, la France a vu une multiplicité de prises de position publiques, critiques, accusations et diabolisation d’Israël émanant de responsables politiques, médias, intellectuels, syndicats, ONG et juristes, principalement centrées sur la politique israélienne à Gaza et en Cisjordanie.

Parmi les figures politiques françaises, Emmanuel Macron a qualifié en mai 2025 la politique de Netanyahu de « honteuse » et « inacceptable », dénonçant la crise humanitaire à Gaza, engendré par le Hamas je le rappelle, seul responsable de la situation des civils à Gaza, et appelant à une réévaluation des relations entre l’Union européenne et Israël, ce qui lui a valu d’être accusé par le ministère israélien d’une « croisade contre l’État juif ».

Jean-Luc Mélenchon (LFI) a refusé de qualifier le Hamas de terroriste, relativisé la violence en déclarant que « toute violence ne produit que la violence », et accusé des figures politiques pro-israéliennes comme Yaël Braun-Pivet d’« encourager le massacre » en se rendant à Tel-Aviv.

Danièle Obono (LFI) a qualifié le Hamas de « mouvement de résistance », évitant le terme terroriste.

Mathilde Panot a été entendue par la police pour des propos jugés justificatifs de la violence, tandis qu’Olivier Faure (PS) a dénoncé que le 7 octobre soit devenu un prétexte pour « rendre Gaza invivable » et « coloniser la Cisjordanie », accusant l’extrême droite israélienne de responsabilité majeure.

David Guiraud (LFI) a tenu en Tunisie des propos minimisant ou recontextualisant les responsabilités historiques, attribuées principalement aux Occidentaux.

Dans le domaine des médias et syndicats, le Syndicat national des journalistes (SNJ) et la Fédération internationale des journalistes (IFJ) ont déposé plainte auprès du procureur antiterroriste contre Israël, accusant l’État israélien d’« obstruction systématique à la liberté de la presse » et de répression qualifiée de « crimes de guerre ».

Des intellectuels et anciens diplomates, dont Dominique de Villepin, ont publié des tribunes qualifiant la situation à Gaza de « génocide » et la politique israélienne de « folie meurtrière », appelant à une opposition morale ferme. D’autres tribunes ont assimilé les politiques israéliennes à des crimes d’apartheid.

Au niveau judiciaire, des magistrats français ont enquêté sur des activistes pro- israéliens pour « complicité et incitation au génocide » en lien avec le blocage d’aide humanitaire à Gaza, tandis que l’association Juristes pour le respect du droit international a déposé un recours contre l’État français, accusé de ne pas prévenir un « risque plausible de génocide » à Gaza.

Dans la chronologie, on relève le 15 octobre 2023 une déclaration de Mélenchon parlant de « crimes de guerre » imputés à Israël, suivie le 17 octobre par Obono qualifiant le Hamas de résistance, puis une montée progressive des débats et fractures dans les médias dénonçant une instrumentalisation pro-palestinienne.

En 2024, des tribunes associant scientifiques et juristes assimilent la politique israélienne à Gaza à des crimes contre l’humanité et apartheid, tandis que des ONG comme Amnesty International ou Human Rights Watch affirment que les opérations israéliennes relèvent de génocide ou crimes de guerre.

En mai 2025, Macron appelle à durcir la position européenne, envisageant sanctions si l’aide humanitaire ne s’améliore pas, provoquant un rejet israélien virulent.

En juin 2025, la gestion israélienne de l’interception de la « Flottille de la liberté pour Gaza » provoque des condamnations en France, notamment de Mélenchon.

En septembre 2025, un recours administratif accuse la France de manquement à ses obligations face au risque de génocide, tandis que le débat juridique s’intensifie autour des termes « génocide », « crimes de guerre » et « urbicide ».

En novembre 2025, des universitaires dénoncent Israël comme un régime d’apartheid, impliquant certaines institutions universitaires dans des complicités.

En 2026, un manuel scolaire français est critiqué pour « falsification des faits » sur le conflit, et une enquête judiciaire vise des activistes franco-israéliens pour complicité de génocide.

Par ailleurs, Meyer Habib, député franco-israélien, critique violemment la politique française et Macron, qualifiant ce dernier de « président le plus anti-israélien depuis la Ve République », ce qui déclenche une altercation virulente en mai 2024 avec David Guiraud, député LFI, qui le traite de « porc » et « honte à la France » pour son soutien à Israël ; Habib porte plainte, mais Guiraud est relaxé en 2026.

Sur le terrain des mobilisations populaires, la France a connu dès octobre 2023 des manifestations pro-palestiniennes massives, souvent interdites mais tenues à Paris, Lyon, Marseille et ailleurs, avec des rassemblements marquants les 19, 22 et 28 octobre, ainsi que des marches le 18 novembre, puis des occupations étudiantes en 2024 à Sciences Po et des manifestations syndicales nationales en 2025, notamment le 8 juillet et le 14 juin, appelant à un cessez-le-feu, un embargo militaire et dénonçant la politique israélienne. Ces manifestations ont clairement repris la propagande des fanatiques palestinistes, où des slogans tels que « libérer la Palestine » signifient sans ambiguïté la volonté de reconquérir un territoire allant du Jourdain jusqu’à la mer Méditerranée, ce qui revient à réclamer la disparition de l’État juif, seule vraie démocratie de la région, où les Arabes jouissent de plus de libertés que dans la plupart des pays arabes. En reprenant ainsi la propagande d’organisations terroristes fanatiques, ces rassemblements auraient dû être interdits, car ce terrorisme palestiniste a déjà fait des victimes en Europe par le biais d’attentats meurtriers. Il est d’une schizophrénie abyssale de voir des citoyens vivant dans une démocratie appeler ouvertement à la destruction d’une autre démocratie, au nom d’une idéologie qui nie les droits fondamentaux et la légitimité de l’État d’Israël.

Concernant la soi-disant occupation israélienne de la Cisjordanie (qui n’existe plus depuis 1988, lire mon article Concernant un article d’une antisioniste, Alexandra Da Rocha, dans Le Monde des Ados : « La Cisjordanie, un territoire occupé »), plusieurs rapports et enquêtes françaises et internationales dénoncent la violence des colons, les expulsions forcées, la confiscation des terres, la répression des journalistes, la fermeture de bureaux médiatiques (ex. Al Jazeera à Ramallah), et la militarisation de colons agissant en milices, ainsi que des politiques israéliennes visant à fragmenter et consolider la soi-disant occupation, mais sans jamais mettre en avant la violence palestiniste contre les Juifs bien pire en Judée et Samarie (lire mon article Violence antijuive en Judée et Samarie).

La France, au lieu de soutenir inconditionnellement Israël face à la barbarie fanatique qui menace sa sécurité et celle de ses citoyens, s’est embourbée dans une posture molle et indécise à l’ONU, trahissant une lâcheté politique inadmissible.

Voter des résolutions en faveur d’une trêve humanitaire ou d’une solution à deux États, certes en apparence raisonnables, revient à diluer la gravité des attaques terroristes lancées par le Hamas et ses alliés, en mettant Israël et ses assaillants sur un pied d’égalité moral absurde.

Exiger la fin de la soi-disant occupation, et le démantèlement des soi-disant colonies sans reconnaître le droit fondamental d’Israël à défendre ses frontières et sa population face à une agression sauvage, c’est nourrir un discours délétère qui sert de levier aux ennemis d’Israël, au lieu de les condamner sans ambiguïté.

La France, en refusant d’user pleinement de son poids diplomatique pour soutenir des mesures concrètes au Conseil de sécurité démontre un opportunisme hypocrite et un aveuglement dangereux face à la réalité géopolitique.

Ces positions symboliques et timorées à l’Assemblée générale ne font qu’encourager les fauteurs de troubles, donnant l’impression que la communauté internationale accorde plus d’importance à la posture politique qu’à la lutte contre le terrorisme et la défense d’un État démocratique menacé.

La France devrait cesser cette comédie de « neutralité » affichée et prendre enfin parti avec force et clarté aux côtés d’Israël, seule véritable barrière contre l’obscurantisme et la barbarie qui ravagent la région.

Toute autre attitude n’est qu’une trahison des valeurs de liberté, de justice, et de civilisation que la France prétend défendre.

La monstruosité de cette dérive ne peut être sous-estimée. Depuis 2023, la France a été le théâtre d’une recrudescence effrayante des actes antisémites : agressions physiques, profanations de lieux de culte, tags haineux, menaces et insultes se multiplient à un rythme alarmant. Les chiffres sont clairs : en 2025, les actes antijuifs ont augmenté de plus de 30 % par rapport à l’année précédente, alors même que les Juifs ne représentent qu’environ 0,7 % de la population française.

Ce déséquilibre criant montre à quel point une haine ciblée et décomplexée gangrène le pays.

Ce n’est pas un hasard si de nombreux Juifs, mais aussi bien d’autres Français non-juifs, ressentent le besoin urgent de partir, fuyant un climat devenu toxique, insécurisant, et intolérable.

Tout cela est le symptôme d’une décadence profonde, d’un effondrement moral et politique déjà en cours, dont la France porte les stigmates visibles.

Nous ne sommes pas simplement en train de foncer dans le mur : nous y sommes déjà, enfermés, emmurés dans l’absurdité, la bêtise et la trahison de nos propres élites, de nos institutions et d’une administration qui renonce à défendre ce qui fait la force et la cohésion du pays.

Cette trahison, cette collaboration idéologique avec ceux qui menacent la République et la civilisation occidentale, aurait, en d’autres temps, conduit à des condamnations sévères, voire à des peines extrêmes.

Que cette dérive persiste est un signe que la France s’engage vers sa propre fin si rien ne vient briser ce cycle délétère.

C’est un appel brutal à la lucidité, à la résistance, et à un sursaut salvateur — car la survie même du pays en dépend.

© Nicolas Carras

Nicolas Carras – Créateur (vidéo – son – photo), artiste, poète
https://nicolascarras.wordpress.com/

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