Antisémitisme mondial : ce qui se joue dépasse Israël. Par David Germon

Il faut appeler les choses par leur nom.
Ce qui se déroule aujourd’hui dans le monde n’est pas une vague passagère, ni une réaction émotionnelle à une guerre lointaine. C’est un déchaînement global, structuré, idéologique, qui vise les Juifs en tant que Juifs — partout, tout le temps.

C’est le constat sans détour dressé par Eldad Beck, journaliste israélien spécialiste des affaires internationales, dans un entretien accordé le 21 décembre 2025.

Son diagnostic est clair :

« Ce que nous vivons aujourd’hui est sans précédent depuis la fin de la Shoah. »


Un monde devenu hostile

Synagogues attaquées, institutions juives ciblées, personnes agressées dans la rue.
Australie, Canada, États-Unis, Europe occidentale : aucune zone n’est épargnée.

Il ne s’agit plus d’incidents isolés. Il s’agit d’un processus.

« L’objectif est clair : faire disparaître les Juifs de l’espace public. »

Empêcher d’aller prier.
Empêcher de porter des signes religieux.
Empêcher d’exister normalement.

Ce phénomène s’est intensifié après le 7 octobre, mais Eldad Beck insiste : il n’a pas commencé là.
Depuis le début des années 2020, l’antisémitisme progresse par vagues successives — Covid, Ukraine, Gaza — chaque crise servant de prétexte, jamais de cause réelle.


Même quand la guerre s’arrête, la haine continue

Un fait dérangeant devrait faire réfléchir :
les agressions antisémites continuent même en période de cessez-le-feu à Gaza.

Autrement dit :
ce n’est pas la guerre qui alimente la haine.
C’est la haine qui cherche des justifications.

Nous ne sommes plus dans une logique conjoncturelle. Nous sommes dans une logique structurelle.


Ce n’est pas “seulement” les Juifs

L’analyse va plus loin.
Ce qui vise les Juifs vise aussi les fondements culturels de l’Occident.

Églises fermées ou vendues.
Symboles chrétiens effacés.
Marchés de Noël annulés.

« Il s’agit d’une offensive islamiste contre l’Occident, facilitée par la faiblesse politique des gouvernements occidentaux. »

Les concessions permanentes, au nom du “vivre-ensemble”, n’apaisent rien. Elles encouragent.


L’illusion dangereuse de l’exil

Face à cette réalité, certains Israéliens parlent d’émigration.
Berlin. Paris. Londres. Amsterdam. New York.

Selon Eldad Beck, c’est une illusion tragique.

« Personne n’attend les Juifs à l’extérieur. Nulle part. »

Pire encore : une alliance inquiétante se dessine en Occident entre

  • une extrême droite antisémite
  • et un islamisme radical
    unies par un même rejet des Juifs et d’Israël.

Celui qui croit pouvoir disparaître dans la masse, cacher son identité, se trompe. La confrontation arrive toujours.


Un aveuglement israélien

Pourquoi tant d’Israéliens ne voient-ils pas cela venir ?
Parce que, selon Beck, l’antisémitisme est mal compris en Israël.

  • Les religieux et les orthodoxes le subissent directement.
  • Le public laïc, lui, le perçoit comme un vestige du passé, lié à la Shoah.

Cette incompréhension empêche de saisir une vérité centrale :
le conflit n’est pas uniquement territorial ou politique.
Il est fondamentalement antisémite.

La reconnaissance d’un État palestinien n’a jamais protégé les Juifs.
Elle ne l’a fait nulle part.


Israël n’est pas le problème. Israël est la réponse

La conclusion est brutale, mais cohérente :

« Le problème n’a jamais été Israël. Le problème est l’existence même des Juifs. »

Israël est aujourd’hui :

  • la seule garantie militaire,
  • la seule garantie politique,
  • la seule garantie historique
    contre les fantasmes d’anéantissement.

La réponse n’est ni la fuite, ni le déni.
Elle passe par le renforcement d’Israël, sur tous les plans : sécurité, économie, diplomatie, cohésion interne.

Dans un monde qui se durcit, la lucidité n’est pas du pessimisme.
C’est une condition de survie.

© David Germon


Source

Entretien avec Eldad Beck, journaliste spécialisé dans les affaires internationales, diffusé le 21 décembre 2025 (transcription TurboScribe, propos reproduits et réorganisés sans modification de fond).

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4 Comments

  1. Il est dit dans l’article de Mr Germon, que la haine à commencé vers 2020. Non dès 2017 après le 2eme tour des présidentielles, j’ai ressenti FORTEMENT un antisémitisme qui pointait. Il y a bien sûr les députés LFI en première ligne. Mais pas seulement. Quand je vois Francesca Albanese rapporteure à l’ONU de la question palestinienne , avec des arguments d’une parfaite mauvaise foi à l’encontre d’Israël ; alors je me dis que les juifs seront toujours pestiférés. Je ne suis pas surpris que son mari soit conseiller financier pour… l’autorité palestinienne…

  2. Il ne faudrait pas oublier la connivence – pour ne pas dire plus – entre l’extrême gauche et l’islamisme, peut-être encore plus dangereuse aujourd’hui qu’une toute petite frange d’extrême droite.

  3. Je ne vois pas d’alliance entre extrême droite et Islamisme, c’est le fantasme du gauchiste de base. A moins que vous considériez que LFI et les écolos soient cette extrême droite.

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