Michèle Chabelski. Ces amis-là

Bon

 Mercredi

    Il y a des gens construits avec un coeur.

    Et puis il y en a d’autres à géométrie variable.

  Non qu’ils n’aient pas de coeur… oh non! 

   Ils vous tendent la main  si vous êtes dans la panade, dans le besoin ou la souffrance, mais leur attelage perso, constitué d’un ego gros comme ça qui tire à lui tout seul une psyché dépendante, se nourrit du bien qu’ils vous font et le croque à petites bouchées …

 Leur aide grandit leur image, enfle leur estime de soi, les gonfle d’une autosatisfaction qui les grise jusqu’au vertige…

Alors bien sûr je n’entends pas cracher dans le velouté de l’empathie, mais juste mettre en relief la générosité qui fait autant de bien au receveur qu’au donneur.

  Peu importe, pensez-vous ?

   Oui et non. 

    Car si on se plaint souvent de l’égoïsme et de l’indifférence de certaines personnes de son entourage, on ne peut légitimement désavouer l’assistance d’un aidant qui tend la main.

  Certes.

   Mais mon propos est juste de mettre en avant l’incapacité de certains amis à se réjouir d’une joie, d’un plaisir, d’une bonne nouvelle  qui vous échoient et n’apportent aucune satisfaction à leur ego vitrifié de déception.

   N’ayez  donc pas la mauvaise idée d’aller bien…

 Ou d’avoir vécu un épisode gai, heureux…

   On vous fera vite comprendre que votre félicité ne vaut pas tripette sur l’échelle des  petits bonheurs, qu’elle n’est qu’un éclat de verre comparée au  lustre de l’existence de votre interlocuteur qui vit plus grand, plus beau, plus prestigieux que n’importe qui. Et si ce n’est lui, c’est donc son frère…   L’essentiel se trouvant dans le gourdin verbal avec lequel il -ou souvent elle- matraque votre  innocent babillage …

    Petit exemple :

   Vous racontez, joyeuse:

     “J’ai rencontré une fille adorable … superbe, généreuse, drôle, elle a vécu des expériences incroyables et…”

  Ah!!

Petite voix  de citron pas  très mûr…

   “Ben moi j’ai dîné hier soir avec un couple .. Tu ne peux pas savoir…”

    Ben, non, je sais pas..

    “C’est un homme d’affaires richissime, sa femme est chercheuse ( ah! Et elle a trouvé ce qu’elle cherchait?), son fils est conseiller de Machin Truc et sa  fille a trouvé des documents en swahili du 18e… 

   Mais attention, hein: le swahili des poètes , pas celui des sorciers…”

 “Ah oui! Quand même…”

  Toi, ta copine est juste  styliste, elle bosse 12 heures par jour, pleure son bonheur emporté dans la déflagration d’un infarctus conjugal, et réussit à trouver des ressources d’humour qui te mettent le rire aux lèvres et les larmes aux paupières…

   Petit ajout:

  “Et en plus, il est drôle, ce mec…

Mais drôle…”

  Ben il doit en avoir besoin de son humour, avec sa femme qui cherche  et sa fille qui trouve…

   “Et en plus il vit dans un truc…

Géant, d’un luxe inouï, entouré d’oeuvres d’art…”

    Et là, bim.

Elle t’a asséné l’estocade, t’es sonnée, toi les oeuvres d’art, tu paies pour aller les regarder  derrière un mur de doudounes figées, lui il regarde ses murs gratos…

 Enfin… gratos…

C’est une figure de rhétorique…

   Bon, ton interlocutrice a nourri son ego affamé, elle est soulagée, t’a rendue  à ton état de serpillière parlante, elle peut aller chercher d’autres spectateurs de son insolent bonheur ou de celui qu’elle côtoie…

Peu importe de vivre par procuration, dis-moi qui tu fréquentes je te dirai qui tu es, ses amis sont de merveilleuses personnes et un peu de leur aura déteint sur elle…

   Évidemment, toi , tu n’appartiens pas au cénacle prestigieux, tu es l’intruse qui dénature son cercle, et vient un peu gratter son snobisme social…

Tout peut être une arme de destruction massive, quand on espère s’enfler l’ego à coup de petites perfidies qui te trépanent l’enthousiasme…

La conclusion étant que l’amour et l’amitié ne trient pas les informations à la recherche d’un succès personnel, mais qu’ils font triompher le vrai partage qui en est le socle.

Que cette journée vous offre un espace de plaisir, de félicité, d’excitation, de bonheur, partagés avec ceux qui vous aiment et que vous aimez…

  Je vous embrasse

© Michèle Chabelski

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1 Comment

  1. Bel article,un peu triste.Madame

    J’ai eu une “amie” dans ce gout.
    J’ai eu.Pcq, bete et simple comme je le suis, je tiens a mes joies.

    La vie est trop courte

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