Liliane Messika. USA : la menace en toute liberté à l’université Hemline

Si un salarié français a encore des économies, on lui conseille d’investir dans l’islamophobie. C’est un marché en croissance constante depuis son lancement par la société mono-produit Ayatollah Khomeiny en 1979. 

Aux États-Unis, ledit produit, “islamophobie™”, fait fureur. Un énorme consortium, constitué d’importantes organisations, se consacre exclusivement à la recherche du matériau brut qui permettra d’ouvrir une nouvelle succursale.

De notre côté de l’Atlantique aussi, mais la récolte est plutôt maigre : les musulmans, au nombre de 4 millions (selon la police), 6 millions (selon les organisateurs) ou 12 millions (selon les pessimistes), doivent se répartir les 213 actes antimusulmans qui ont été comptabilisés en 2022. 

Comme d’habitude, les Juifs sont privilégiés : non seulement ils possèdent les banques et les médias, mais ils crèvent aussi le plafond des actes antireligieux, avec 589 actes pour, ou plutôt contre, une population qui n’atteint pas le demi-million[1].

Aux Amériques, le consortium, Council on American-Islamic Relations (CAIR pour les intimidés), a découvert à Saint Paul, Minnesota, une pépite microscopique, qui laisse espérer des développements fructueux.

Les meurtres au nom d’Allah commencent souvent par une image. Malgré cela, lors d’un cours sur l’art religieux à l’Université Hamline, l’enseignante Erika López Prater a montré à ses étudiants des “images pieuses de Mahomet”, peintes par des musulmans orthodoxes du XIVe siècle (orthodoxe comme dans  “conforme à l’orthodoxie”, pas comme le schisme chrétien).

La respiration des uns s’arrête où commence la susceptibilité des autres

Comme il se doit quand on se meut à proximité de personnes dont la susceptibilité est plus développée que le cortex, la professeure a expliqué en amont à ses étudiants que dans “art”, il y a “peinture”, que dans “religions”, il y a l’islam et que “art religieux” agrège les deux précédents. 

Elle a brossé dans le sens du poil l’ego de ceux dont l’hypersensibilité risquait de leur provoquer un prurit psychosomatique : elle les a exemptés, s’ils le souhaitaient, du cours où elle montrerait une image tamponnée halal en 1500, mais peut-être devenue haram 500 ans plus tard, compte tenu de la tendance obscurantiste du progressisme actuel.

Plainte d’une étudiante pour avoir été harcelée par une démonstration violente d’islamophobie

Une étudianta qui avait assisté au cours interdit aux moins de 3 ans d’âge mental, malgré les avertissements préalables, s’est aussitôt plainte d’avoir été harcelée par une démonstration violente d’islamophobie[2].

Nul n’imagine un seul instant que sa quérulente jubilation à geindre est autre chose que la satisfaction d’avoir trouvé une pépite de victimitude.

L’administration a cependant joué son rôle parental en faisant semblant de la plaindre, de la même façon qu’un parent feint de craindre son bébé, quand il fait rugir son doudou-Tigrou. 

Pourquoi ? Parce que CAIR tient les médias, les élus et les universités par les … boules de gomme : “Entre procès et publicité négatife, nous afons les moyens te fous ruiner, si fous ne fous prosternez pas defant nous !”

L’Université Hamline, un établissement protestant, a donc cédé et tendu la joue droite de la professeure en l’abandonnant aux hyènes : un membre du conseil d’administration a publié une déclaration indiquant que sa présentation des images était “indéniablement islamophobe” et que, par conséquent,  “l’université mettait fin à sa relation avec Mme López Prater”. Ce, malgré les nombreuses appréciations positives de ses étudiants. 

Il serait plus simple d’interdire purement et simplement l’art

Quelle idée, aussi, que d’enseigner l’art ! Imaginez la détresse des étudiants musulmans si au lieu de Mahomet, elle leur avait montré “L’origine du monde” de Gustave Courbet… 

L’art est une discipline aussi dangereuse que les sciences, l’histoire et la philosophie. Hamline semble aspirer à la paix des lâches. Pour l’obtenir, il serait plus sûr de supprimer toutes ces matières explosives et de les remplacer par la récitation du Coran.

Erika López Prater est considérée par ses collègues comme une progressiste propre sur elle, car elle adhère au programme “Diversité-Équité-Inclusion” à laquelle s’obligent toutes les institutions américaines. Elle pensait avoir resserré sa ceinture et ajusté ses bretelles en déminant à l’avance les éventuelles récriminations par ses avertissements.

Comme quoi on peut être diplômé du troisième cycle et croire de bonne foi qu’on peut raisonner avec des islamistes. 

Sauf qu’à Hamine, comme dans de plus en plus de campus américains, la seule bonne foi est l’islam et la loi qui règne est celle du plus fort. Alors la cave s’est rebiffée : elle a intenté un procès à sa hiérarchie aux motifs de discrimination religieuse et de diffamation.

Jaylani Hussein, avec Cair, menace l’université d’une “situation à la Charlie Hebdo”

Cela n’a pas plu à CAIR, dont le directeur de la section du Minnesota, Jaylani Hussein, a menacé l’université d’une “situation à la Charlie Hebdo”.

La Fondation pour les droits et libertés individuels (FIRE), qui soutient Lopez Prater, a publié un communiqué accusant l’université d’avoir “manqué à son obligation de protéger la liberté académique”. 

Si Hamline ne supprime pas la littérature de son cursus, un bon sujet de stylistique pourra faire lister, par les étudiants, les euphémismes dans les déclarations publiées autour de cette affaire…

“Mahomet recevant sa première révélation de l’ange Gabriel”, illustration persane du XIVe siècle extraite de Jami’ al-Tawarikh. Compendium des chroniques.  Photo via Wikimedia Commons

© Liliane Messika


[1] www.vie-publique.fr/en-bref/284419-actes-racistes-et-antireligieux-des-chiffres-en-hausse-en-2021

[2] www.meforum.org/64127/dexter-van-zile-a-muhammed-picture-and-hamline pour toutes les citations en italiques.


Écrivain, Essayiste, conférencière, traductrice, Liliane Messika est auteur de plus de 30 ouvrages, dont plusieurs sur les conflits du Moyen-Orient. Liliane Messika est membre du comité de rédaction de Menora.info.

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3 Comments

  1. Les USSA sont devenus le nec plus ultra de l’obscurantisme et nous entraînent avec eux dans leur chute. En terme d’obscurantisme et de barbarie ils n’ont plus rien à envier aux Talibans ou Mein Kampf.C’est bien le prétendu “monde libre” défendu par les Nidra Poller, Fourest et BHL qui reprensente le monde de l’aliénation suprême : le prétendu camp du bien est le véritable camp du mal. Voilà pourquoi sur le plan géopolitique, une victoire des USA et de l’OTAN représenterait une catastrophe pour le genre humain. En ce qui concerne la France et une partie de l’Europe de l’ouest, j’ai bien peur qu’il ne soit déjà trop tard.

  2. Jamais un mot n’a été aussi absurde et dangereux que celui d'”islamophobie” . L’utilisation publique de ce terme devrait être considérée comme une incitation à la haine et au crime. Et donc entraîner des poursuites judiciaires. Les accusations d'”islamophobie ” lancées par les islamistes, decoloniaux et intersectionnalistes contre la France (accusations ayant entraîné les attentats de 2015 et d’autres crimes) ont été principalement relayées par les universités et médias américains et anglo-saxons.
    Mais cela n’empêchera pas certains de continuer à planer…

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