Gérard Boyadjian: Droit de réponse. TRIBUNE JUIVE

Le Mardi 15 décembre 2020, dans «Tribune Juive», je découvre, estomaqué, ce titre tonitruant : “Lorsque Gérard Boyadjian “se mêle” sur le net au Festival d’antisémitisme»

D’abord, je ne savais même pas qu’il existait un «festival d’antisémites », ensuite j’apprends sidéré que je fais partie de la sélection officielle. Bref, ouverture de la cérémonie avec la raffinée «Marlène Schiappa», puis ça monte crescendo avec «cette pauvre» Isabelle Kersimon… Pour finir en apothéose avec «l’abject» Boyadjian.Au début, naïvement, j’me dis, normalement si tu clôtures un festival, c’est plutôt bon signe. On garde toujours le meilleur pour la fin. Sauf que tout dépend du festival, des Juges, des coulisses…Et surtout, de «La liste de Sarah Cattan»
Abasourdi, je lis cet article posément et laisse soigneusement passer quelques jours afin d’absorber et digérer pleinement la substance toxique de ce procès d’intention manifeste en antisémitisme qui vient de s’abattre sur ma personne. De manière assumée, décomplexée et surtout publique.(Avec tout ce que cela implique dans l’incitation à la vindicte
En fonction du climat, surtout du vent, il m’était pourtant arrivé maintes fois d’être charitablement affublé «d’islamophobe, parfois de fasciste, tantôt de nazi, sporadiquement d’homophobe, occasionnellement de complotiste, lundi de LGBTXYZphobie, mardi de Grossophobie, etc… Bref le « lot » bien connu d’anathèmes disqualifiants, panoplie contemporaine de la victimisation institutionnelle, qui a pour finalité de discréditer, salir pour mieux délégitimer, sans avoir à développer son argumentaire. Méthodes qui infailliblement nous rappelle « les heures les plus sombres de notre Histoire »
Mais là, pour le coup, j’ai eu l’immense « honneur et privilège » de décrocher «la Palme d’Or» du «festival d’antisémitisme » attribuée par « The Tribune Juive », alors qu’à priori, mon film était «hors concours» et ma prestation actoral «hors compétition».Sauf que le précieux jury composé d’éminents spécialistes (Sarah Cattan) en a décidé autrement :«Boyadjian, auquel j’eus jadis le plaisir fort naïf d’offrir Tribune ici-même » ( 2 ou 3 fois en 2020 et le faisant… avec le coeur. Notre artiste me paraissait donc un “Homme de bien ».
Manifestement, quand je prends position et défends corps et âme l’oeuvre cinématographique de POLANSKI (que j’admire), que je défends envers et contre tout la Liberté d’Expression de BENSOUSSAN (que je partage)… Je suis «un homme de bien».

Néanmoins quand j’ai l’insolence, l’impudence, d’évoquer la non reconnaissance du Génocide Arménien par Israël (alors que L’Arménie a évidemment reconnu le Génocide Juif), de mentionner la vente d’Armes pour 1 milliard d’Euro à l’Azerbaïdjan (qui fait aujourd’hui couler le sang au Haut Karabagh) ou que simplement je relaye « l’instrumentalisation de la SHOAH », si justement dénoncé par Michel Onfray…Là subitement, je deviens « Celui qui a perdu son âme »Là, en une fraction seconde, je suis devenu « ANTISEMITE »
Bizarrement, quand j’incrimine le rôle de la Russie qui fournit également ses armes aux Azéris, qu’elle « joue sur les deux tableaux », aucun Russe ne m’a considéré « Russophobe ».Etrangement, quand je reproche publiquement la neutralité HONTEUSE et SCANDEULEUSE du Ministère des affaires étrangères Français, aucun Français ne m’a estimé « Anti-Français ».Inexplicablement, quand je dénonce la responsabilité première de l’Allemagne de Merkel dans les alliances troubles (et l’OTAN) avec la Turquie d’Erdogan, aucun n’Allemand (ni même Turque) ne m’a accusé d’être « Anti-Germanique ».
« Cerise avariée sur la purée » d’une structure de pensée pernicieuse, elle osera rajouter : « Lorsque la malhonnêteté intellectuelle se fait insigne”. Dotée d’une suffisance inouïe, elle ira même jusqu’à citer Prévert.
Comme s’il suffisait habilement de fanfaronner, non plus de sa «Tribune», mais bien de son «TRIBUNAL», et de se référer au regretté CLAUDE LANZMAN pour pouvoir prétendre devenir sa respectable héritière. Tant de choses qu’elle appelle astucieusement «la chose».
Sarah Cattan, c’est tout d’abord une femme très douce et qui avec une voix sensuelle, enjouée et délicieuse, vous laisse des messages qui déstabilisent :« Vous êtes un grand cinéaste », «Vous êtes formidable, je vous aime », «Je vous adooore » et rajoute systématiquement ce : « Je vous embrasse ». Et j’avoue gêné que ça m’intimide encore, malgré mon âge. Et quand bien même je fais parfois des films osés, j’ai beaucoup de mal avec ces femmes aussi malignes que rusées, qui “sans me connaitre” m’accablent de “baisées”. Au-delà de nos conversations privées où elle n’a eu cesse de me flatter stratégiquement, de me caresser diplomatiquement, « la professeure de littérature à l’Université Paris 13 » jubile quand « ma verve, mes films et mes saillies assassines » s’attaquent et ridiculisent ses détracteurs : «Belattar, Ramadan, Marwan Muhamad, les ProPalo & co (qui cela dit au passage, s’avèrent être aussi les miens).« La prolifique contributrice régulière » exalte sans retenue, surtout quand mon positionnement, s’aligne sur le sien, pour venir démolir « l’imposture » d’adversaires politiques et d’ennemis idéologiques communs.Elle en demande et redemande. C’est de tout évidence, une gourmande. Et comme j’ai beaucoup d’appétit.
Nonobstant comme toutes « les prédatrices intellectuelles », elles exigent qu’on se montre fidèle, jusqu’à instaurer/obliger cette loyauté de façade pour mieux plonger dans l’allégeance des « dissimulateurs confortables ».Celle qui conditionne toute la bienséance sous laquelle on camoufle piteusement son « Appartenance communautaire ».Celle qui d’ailleurs est le principal obstacle à toute résurgence, toute renaissance, toute résistance.-
Brusquement ça me revient ! Lorsque Madame Cattan avait besoin du contact de personnes « infréquentables », discrètement, elle m’appelait afin d’obtenir quelques informations. Jusqu’au Mexique.Réciproquement, à mon tour, quand j’avais besoin « d’éléments » pour le “Djihad Judiciaire”, Madame s’empressait d’échanger avec l’abject, l’infâme, l’immonde Boyadjian.C’est drôle cette soudaine répulsion «à mon égard » qu’elle juxtapose impeccablement dans ce sentiment de trahison « à son égard », toujours avec cet inavouable mais favorable « retard ».
Alors vu qu’elle a eu la délicatesse, la bonté, de me remettre publiquement « son prix d’infréquentabilité », sans avoir eu l’élégance de me convier, je me propose modestement, ici et avec ces quelques lignes, de généreusement la remercier. Sans jamais « hiérarchiser » les trophées et autres hostilités.Car, ce qu’il y a de profondément désolant, c’est bien que nous partageons des combats indéniablement essentiels. Mais c’est bien tristement, sur les désaccords et surtout la méthode, que se scellera notre fracture.

Néanmoins, si la vie enseigne qu’il n’y a aucun trésor dans les procès d’intention, il y a des richesses inestimables qui m’amènent à comprendre « l’accusation formelle » de Sarah Cattan et son « positionnement officielle » dans cet article.
En préambule, l’échafaudage le plus fourbe consistait à réaliser la prouesse sémantique de faire d’un propos, qu’elle même qualifie ouvertement de “Juste”, « une infamie absolue » lorsque c’est Gérard Boyadjian qui le relaie.J’en ai pourtant vu des subterfuges fielleux, des procédés consternants, toujours en vue d’imposer un réquisitoire frauduleux, vérolé. Mais si SARAH CATTAN prétend décemment que je peux « domestiquer » le propos d’un autre, alors elle concède explicitement qu’elle s’avère incapable « d’apprivoiser » sa propre arrière-pensée.
La professeure, tout récemment promue « Procureure », ne peut s’offrir « Onfray », elle n’en a ni la puissance, ni les épaules. Alors elle a désiré se payer « Boyadjian », et à bon frais.On peut tout à fait être «présomptueuse», sans devenir pour autant «suicidaire».
Personne ici n’a “perdu son âme”, c’est juste que «Boyadjian» a contrarié une logique à géométrie variable, chahuté un établissement communautaire et dénudé la médiocrité d’un article délétère édifié sur sa propre « décomposition prosaïque avancée »Par la même occasion, cela a eu le mérite d’éclabousser toute cette « Tribune », en ruines.
Chère Sarah Cattan,
La différence fondamentale entre «vous et moi», c’est paradoxalement l’histoire commune qui nous rassemble et convoque : « Les génocides, persécutions, malédiction…»

Cependant, la différence cruciale entre «CATTAN» et «BOYADJIAN», c’est que la première a minutieusement et bassement tenté de salir ce dernier “du sceau de l’ignominie”, tout en arborant son costume de «sainteté», tout en parachevant son maquillage « d’honorabilité», afin de mieux recouvrir une inavouable perfidie.
Le sieur «Boyadjian» n’est pas plus « Antisémite » que vous êtes «Arménophobe». C’est juste qu’il a cette audace qui vous agace…Car il ne s’est pas couché, ne rampe pas, ne s’alignera ni dans votre «camp», ni dans celui d’un autre. Il est à la fois ce Français d’esprit Voltairien, libre, qui questionne sans cesse, confronte en permanence. Mais il est aussi cet arménien pudique qui déshabille l’écumeuse hypocrisie qui vous renvoie à vos sentences miséreuses. Et ça vous décontenance, ça vous désarçonne, ça vous bouscule…Jusqu’à ordonner ma condamnation par “contumace”, depuis le sous-sol de « vos lamentations».
Plus tragique encore, sans même vous en rendre compte, de par votre initiative millimétrée, la bile de cette plume amère, vous avez corroboré foncièrement, MAGISTRALEMENT, le propos de Michel Onfray. Mieux que lui-même. Et j’avoue, sans peine, qu’il y a quelque chose de jubilatoire à contempler « l’acrobate malveillant » se prendre les pieds dans son propre croche patte !
Pour conclure, Michel Onfray, dans son rare et précieux reportage, a soulevé quelque chose qui vous a incontestablement échappé. Cela a dû vous sembler anecdotique, sans réelle importance, et pourtant, c’est bien notre seul et dernier « privilège », l’essence même de ce qui nous distingue et nous sépare, depuis toujours et à jamais :« Ces arméniens costauds rentrent s’incliner pour pleurer dans leurs églises. Et ils en ressortent en marche arrière »Voyez-vous, je me suis reconnu en une fraction de seconde. Non pas parce qu’ils sont «forts et sensibles». Non pas parce qu’ils sont de nouveau «massacrés et abandonnés»
Juste parce que contrairement à vous, eux, ils sont restés dignes jusqu’au bout.
A tous mes amis juifs. Et tout particulièrement à Michel Berdah.

Gérard Boyadjian.

——
Merci de bien vouloir publier ce texte comme droit de réponse.


Pour info, Sarah Cattan se réserve le droit de re-publier, non les conversations privées avec l’intéressé, non l’article intitulé “Israël-Arménie: l’Etat hébreu doit se ressaisir” ( 13 novembre 2020 ), mais “l’objet de sa colère”, soient ces 2 posts :

Pour Rappel, les propos de Michel Onfray sont “sortis” de leur contexte

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4 Comments

  1. Boyadjian dénonce l’instrumentalisation de la Shoah et ici se cache en plus derrière Onfray. Cette thèse ne peut en aucun cas être apurée par ses justes combats précédents car elle est fondamentale pour nous si impactés avec 80% des juifs d’Europe (hors Russie) anéantis
    Toute accusation de monnayage donne la nausée et par conséquent MM Boyadjian et Onfray aussi

  2. Boyadjian tente de bâtir son (bien modeste…) fonds de commerce sur deux piliers :
    – Une « relativisation » de la Shoah en la rapprochant des « intérêts » israéliens voire « sionistes » ; manière d’en parler qui ne déplairait pas aux négationnistes. Avec un clin d’œil salace à droite et en instrumentalisant les clins d’œil d’Onfray qui, d’ailleurs, est assez ambigu sur la question pour qu’on y regarde de plus près.
    – Une islamophobie débridée, ordurière et contreproductive faisant écho bien évidemment à son traumatisme arménien.

    D’où l’interrogation : qui est ami et qui ne l’est pas ? L’ennemi de notre (supposé…) ennemi, est-il forcément notre ami ? Quid des mentions favorables passées de TJ à l’égard de Boyadjian ?

    Sans oublier l’hostilité de l’Arménie, curieusement (eh oui…on l’ignore souvent) alliée de l’Iran, à l’égard d’Israël, bien avant que ce dernier commença à vendre drones et autres bricoles militaires à l’Azerbaïdjan…
    Enfin… C’est hors sujet….ou pas.

    • Bonjour. Bien évidemment que Tribune juive a publié le travail remarquable du réalisateur Boyadjian. Auteur de ces articles portant sur ses films, qu’il s’agît de Djihad judiciaire ou des films sur l’Arménie, j’ai salué et ne le regrette pas ce travail que je continue à trouver remarquable tant sur le plan artistique que sur les sujets traités: Djihad judiciaire dénonce à raison ce à quoi la justice française est allée se soumettre, et bien évidemment que les victimes de cet acharnement n’ont pas à me plaire. Parler de ses films sur l’Arménie s’imposait au vu du silence scandaleux observé alentour. Par ailleurs, j’ai considéré l’homme comme un ami.
      Pour autant, je me suis fait un devoir de parler du détournement par le même des propos de Onfray ( duquel je ne sais la position mais dont lesdits propos, chacun pourra le vérifier, ont été détournés ).
      Outre que le procédé est d’une malhonnêteté confondante, les “amis” de G Boyadjian s’en donnèrent à coeur joie pour parler de “Ces gens-là”, et de leur instrumentalisation de la shoah. Tous en choeur: le “chef” avait donné le La.
      En conclusion, ce fut une fort désagréable découverte, une déception. Quand tombent les masques… Sarah Cattan pour Tribune juive

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